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LES CHEVAUX M’ONT APPRIS À ÊTRE MAMAN … et poursuivent leur enseignement ! 2ème PARTIE

LA BIENVEILLANCE A SES LIMITES

(commencé le 30 novembre 2019, terminé et corrigé le 29 décembre 2019)

Introduction

Je vous ai expliqué dans mon premier texte (même titre, 1ère partie), et dans bien d’autres encore, à quel point mon expérience des chevaux m’a permis de savoir d’instinct que faire avec mon fils. Et surtout à avoir l’attitude juste pour son bien, son développement et bien-être optimal.

Ce mois-ci, en novembre 2019, j’ai franchi une nouvelle étape dans ma façon d’envisager ma relation avec lui et son éducation.

1. Chute avec Duende, le 7 novembre 2019

a. Les faits

C’était le jour de l’opération de Laëticia (la nounou d’Angelo). Je n’étais pas montée depuis longtemps, étant donné qu’on gardait Angelo nous-mêmes, avec Jean-luc. Soit on bossait, soit on le gardait, à tour de rôle. Trois semaines plus tôt, Nanou avait fait son malaise… Depuis, comme je gardais Angelo, sauf pour aller travailler, on allait voir les chevaux tous les deux. C’était light, autant pour eux que pour moi…

La semaine du 4 novembre, Maman fut là quelques jours. C’était pour moi enfin l’occasion de monter, d’aller aux chevaux sans Angelo.

Je comptais, dans mon planning équin, faire une séance tapis-cordelette avec chacun. Dudu d’abord, puis Koko. J’ai commencé par Duende, car la dernière fois que j’en avais sorti un du paddock, c’était Kolina.

Je voulais le monter en tapis et cordelette pour une meilleure relation. Relation authentique et complicité me manquaient beaucoup. Mais comme cela faisait longtemps, j’ai commencé en hackamore. J’ai bien fait, il était chaud le type !, mais aux ordres. Du coup, après une belle séance en hackamore avec du trot et du galop, je n’ai gardé que la cordelette. Il a super bien bossé aussi en cordelette, un amour. Je voulais arrêter à 11h car après c’était au tour de Kolina. 

Vers 10h50, on a arrêté. Duende est allé vers la porte. J’ai compris qu’il en avait marre et voulait qu’on finisse la séance, comme je l’envisageais. Mais parallèlement, je pensais à Laëticia qui devait se faire opérer vers 13h. Et qui attendait son heure, si l’on peut dire… Avec un stress que j’imaginais si facilement qu’il me contaminait partiellement. Un des inconvénient quand on est empathe… En fait, j’étais en partie avec Duende, en partie avec Laëticia. Et cela n’échappa pas à Duende. Autant, j’avais été à peu près concentrée pendant la séance, autant là, la séance finie, je glandais sur son dos. Mon esprit était véritablement ailleurs. Auprès de Laëticia.

Avant que je prenne conscience que Duende était vraiment pressé, il décida de lui-même de faire ce dont il avait le plus envie. Brouter !!! Il profita de ce moment où j’étais un peu dans la lune pour passer la tête sous le fils du bas de la porte d’entrée de la carrière (pas plus haut que 90 cm du sol !). Et il avança… Arriva ce qui devait arriver. Je n’avais pas de quoi l’arrêter dans sa bêtise ! La cordelette, c’était insuffisant, face à sa volonté féroce d’aller brouter !

Les deux fils cassèrent, du moins les isolateurs qui les retenaient. Duende alla brouter pépère, et moi je fis un vol plané ! Désarçonnée par du fil de clôture ! Comme les cowboys dans les westerns qui prennent une branche et y restent accrochés ! Je suis tombée sur le dos, un peu sur le côté, sur l’épaule gauche. En fait, j’avais, par réflexe, essayé d’esquiver le fil en me pendant à gauche, du côté des poignées qui permettent d’ouvrir la porte !

En essayant de me relever, je fus submergée par une envie de vomir. Sans doute le choc à la tête. Heureusement que j’avais la bombe, comme toujours quand je monte seule. Je suis restée allongée un moment. J’ai téléphoné à Magali (qui habite sur place) pour lui demander de venir ramener le polisson dans son paddock. Pas question de lui laisser, en plus, l’occasion de semer la zizanie au milieu des autres chevaux, d’autant que quatre parmi eux sont des entiers qui lui jalousent la compagnie de Kolina, seule jument de l’écurie !

Puis, une fois le vertige dissipé, je pus m’assoir. Mais je fus saisie d’une vive douleur à l’épaule. Oh, non ! Pas une nouvelle fracture ! Encore à cause de mon trop plein de confiance avec Duende !!! (voir fracture de la clavicule le 14 mai 2015 !!!).

J’ai fini aux urgences… Diagnostic : entorse « acromio-claviculaire ». Pas de fracture, ouf ! Juste un sérieux handicap quelques semaines durant. Et une douleur à supporter, pour conduire, travailler, dormir, m’occuper d’Angelo… Bref, une douleur qui allait me pomper le peu d’énergie qui me restait… 🙁

b. Quelle leçon tirer de cet événement concernant Angelo ?

Cet accident m’a fait remettre en question certains de mes principes de bienveillance. 

Cela ne serait pas arrivé avec Kolina. J’aurais été sur mes gardes. Elle aurait su que c’était une bêtise. Elle m’aurait un peu avertie par son attitude, si l’envie lui était venue de faire une chose pareille, interdite. Elle a conscience de ce qui est autorisé et de ce qui ne l’est pas. Quand elle transgresse les règles établies, on le sait à l’avance. Elle prévient : on voit à son « visage », à son expression corporelle, qu’elle a comme mauvaise conscience de ce qu’elle va faire. Elle a un Surmoi, comme on dit en psychanalyse que Duende n’a pas (ou beaucoup moins). Ce Surmoi, c’est la conscience qu’il y a des règles à respecter, même si elle aurait plutôt d’instinct l’envie de les transgresser.

Avec Duende, comme avec Angelo, j’ai jusqu’à présent été plus dans l’écoute absolue, la bienveillance. Je ne voulais pas les forcer, les frustrer. Mais là, je me rends compte que l’éducation 100% positive et bienveillante a ses limites. La liberté des uns s’arrête quand commence celle des autres.

Duende doit apprendre qu’il ne pourra pas, ad vitam aeternam n’en faire qu’à sa tête. Parfois, ce n’est pas à lui de décider.

Pareil pour Angelo. Il doit avoir des règles. Nous devons être ferme afin qu’il les intègre. Et qu’il apprenne la frustration et l’obéissance. Ce n’est pas par pur plaisir de domination, pas du tout. Je ne veux pas dominer mon fils, ce n’est pas mon rôle. Je souhaite le guider. Et lui inculquer des règles fait partie aussi de mon (de notre) travail de guidance en tant que parents.

Cet incident avec Duende me montre en quoi un certain « laxisme », instauré sciemment, par pur bonté, peut avoir des revers de médailles négatifs. Ainsi, Duende m’a enseigné ce que je ne devais pas faire avec Angelo. A l’avenir je serai plus ferme avec mo fiston, afin de lui apprendre la frustration.

« On ne va pas brouter lorsqu’on a décidé que la séance était fini, que Maman est encore sur son dos et que la porte de la carrière est fermée !!! » Non mais dis-donc !

2. Galop sans frein avec Duende, peur de mourir, 

le 29 novembre 2019

a. Les faits

Ce fut un jour sans… Mais où j’eus quand même une chance inouïe. 

J’étais fatiguée (encore…). Plusieurs nuits que je dormais mal, non pas à cause d’Angelo, mais à cause des douleurs dans l’épaule qui m’empêchaient une position dans laquelle je sois bien.

C’était, cependant, de nouveau, la seule occasion d’aller monter de la semaine. Sauf mardi 26 où j’ai fait une balade d’une heure avec Koko, dans un tout petit créneau libre de deux heures !

D’ailleurs, un peut mot au sujet de ce mardi. Ma reprise à cheval après 20 jours d’arrêt total (à cause de l’entorse de à l’épaule). Toujours par esprit d’équité, ma dernière séance à cheval ayant été avec Duende (le jour de l’accident), je remontais Kolina en premier. 

Entre temps, le vendredi 22, j’avais quand même fait du travail en liberté avec les deux, à tour de rôle. J’avais senti Kolina insatisfaite, frustrée. Duende, lui, avait été adorable et s’était régalé. Raison de plus pour monter Koko.

En fait, plus j’avance dans le travail parallèle avec les deux, plus je me rends compte qu’ils se régalent davantage dans l’activité que j’ai la plus pratiquée au début de leurs apprentissages avec moi. Koko préfère être montée. Même si c’est à cru et en cordelette. Dudu, lui, adore les jeux à pied. Mais je me disperse…

Mardi, avec Koko, ça avait été magique. Elle était à l’écoute, toute douce. Pour le montoir, j’avais escaladé un gros tonneau métallique, pour ne pas forcer avec le bras gauche au moment de me hisser sur cette grande perche de plus d’1m70. Elle était restée immobile, comme une statue, le temps que je m’installe en selle tranquillement. Puis, pendant la balade, elle écoutait super bien. Elle ne tirait pas, alors que cela faisait un sacré moment qu’elle n’était pas sortie ! C’était comme si elle me demandait : « Ça va ? Tu es bien ? Ça ne secoue pas trop là haut ? Je suis assez douce pour ne pas te faire souffrir ? » Un amour <3. J’ai trotté avec une jument légère, en place, cadencée. Puis, au galop, pareil. Elle ne tirait pas du tout. Je sentais chez elle un immense respect envers moi. Ma flamme jumelle … ? <3 <3

Revenons-en maintenant au vendredi 29 avec Duende. J’y suis allée avec de l’appréhension, je dois l’avouer… Appréhension due à la fatigue, qui enlève courage et clairvoyance. Appréhension due à la chute et à la douleur toujours présente. Appréhension due au sentiment de faiblesse induit par tout cela… Mais je voulais monter quand même, car je l’avais décidé. Je n’avais pas trop le choix du moment ces temps-ci.

Le sanglage, déjà, fut difficile, tant Duende avait grossi ! Du coup, je dus déjà forcer avec mon bras…

Le montoir fut également compliqué. Il y avait une chaise dans la carrière. Mais Monsieur ne voulait pas venir à côté. Plus j’insistais, plus il reculait. L’opposé de ma chère Kolina mardi. Aucune empathie, aucune soumission non plus envers son leader. Le début de tensions entre nous…

Une fois sur son dos, il était chaud, mais sympa. Il voulait juste trotter un peu. Le début de balade fut cependant déjà conflictuel. Il voulait aller vite. Moi non. Il tirait beaucoup. Au premier trot que je lui proposais pour satisfaire son envie d’avancer, il prit le galop. Je le remis au trot car je sentais qu’il voulait me prendre la main. Or pas question de forcer. Même blessée, c’était moi le leader, c’était moi qui décidait de ce qu’il faisait ou non.

Sur la traverse qui menait à l’agouille, je dus me fâcher. Il voulait galoper comme une brute. Moi non. Je finis par le contraindre à marcher au pas. Il n’avait pas à décider et à n’en faire qu’à sa tête. Il devait me respecter et respecter mon état, d’autant qu’il n’y était pas étranger !

Une fois sur le bord de l’agouille, j’ai accepté et même demandé un petit trot. Question d’aller dans son sens, mais que l’initiative vienne de nouveau de moi. Il était ok.

Mais là, soudain, le patou qui était déjà venu courser Kolina l’autre fois, est revenu à la charge. Mardi, koko avait fait un léger écart. Elle était à mon écoute avant tout. J’ai pu engueuler le chien qui a vite fait demi tour, pour rentrer chez lui. Là, ce ne fut pas la même !

Duende profita de cette « bonne raison d’avoir peur » pour partir au triple galop, le chien à nos trousses. Cela m’a rappelé un galop du même genre que je raconte dans « Aliséa »… la même peur. Une perte complète de contrôle. Je n’ai pas vu ma vie défiler. Mais je me suis dit qu’il fallait que je reste dessus et parvienne à l’arrêter le plus vite possible. Pas question de tomber. Car à la vitesse où il allait, je me ferais très, très mal. D’autant que mon épaule n’étais pas vraiment remise. 

Comme l’agouille était à droite, difficile de l’arrêter en tirant à droite, pourtant mon bras « valide ». Pas envie de faire une cascade et d’atterrir en bas de l’agouille ! J’ai alors pris la rêne gauche très courte et j’ai tiré de toutes mes forces, en hurlant « STOP ! STOP ! STOP ! STOP ! » Mais Duende s’en battait le coquillard ! 

Après de longs efforts, douloureux, la peur vissée aux entrailles, Duende ralentit enfin. Et je finis par l’arrêter.

La colère avait rejoint la peur dans le cortège des émotions. J’étais en rage contre lui, à cause de cette désobéissance. Cela me rappelait certaines balades au début avec Kolina, où je craignais sa peur, sa violence de réaction et que je me cramponnais aux rênes. Je descendais toujours de selle les bras et le dos en compote.

La suite de la balade fut tout sauf source de plaisir et d’énergie. J’étais en colère et j’avais peur de reperdre le contrôle. Du coup, j’étais dure avec Duende, le grondais beaucoup. Et j’étais épuisée physiquement, moralement, énergétiquement.

A la fin de la balade, je pus enfin relâcher un peu. Je lâchais même les rênes, et me détendis. « On fait la paix mon p’tit loulou ? » lui demandais-je, après lui avoir bien expliqué pourquoi j’avais été si en colère contre lui. 

Je savais qu’il avait senti ma peur et ma fatigue, dès mon arrivée. Au lieu d’être en empathie et de faire attention à moi, elles avaient déteint sur lui. Il en avait, en quelque sorte, malgré tout, profité.

Je me rends compte, qu’aujourd’hui encore, ma relation avec lui n’est pas la même qu’avec Kolina. Il est comme mon bébé. Je dois être forte et lui mettre des limites, sinon il cherche la faille quand il ne me sent pas à la hauteur. Ce n’est pas un ami, c’est un enfant qui dépend de moi plus que je ne le pensais. 

Duende est paradoxalement aussi un nounours, une montagne d’amour, qui adore faire des câlins, recevoir des bisous. Il a un infini besoin de tendresse de la part de sa maman, tout en débordant d’une énergie et d’envies très enfantines, impulsives et brutales. Il a besoin à la fois d’un cadre bien carré et d’amour inconditionnel. Exactement comme Angelo ! 

Il faut avouer que depuis l’arrêt de Nanou, le 18 octobre, il a eu peu d’occasion de se défouler le loulou. C’était compréhensible qu’il soit un peu une cocotte-minute !!!

b. Quelle leçon en tirer pour Angelo ?

La même que pour la chute, mais en plus fort encore. J’aurais pu me tuer. J’en ai eu conscience pendant que ça se produisait. Je me disais « Non, pas ici, pas maintenant. Ce n’est pas mon heure. » J’avais surtout peur d’une grosse fracture. D’un handicap, même…à long terme.

Mais mon ange gardien m’a aidé, il est resté à mes côtés. Et moi je suis resté sur le dos de Duende ! L’endroit était sans danger. De l’herbe verte, un terrain plat, un chemin rectiligne, sur plusieurs centaines de mètres.

Je prends vraiment cela pour une leçon. Trop de laxisme amène un potentiel grand danger. Je parle de laxisme mais pas en terme de « je m’en foutisme ». Plutôt en terme d’écoute bienveillante, entraînant un minimum de contrainte pour l’être éduqué.

Là, le fait que Duende n’accepte pas la contrainte de s’arrêter alors que son instinct et son envie le poussaient à galoper, aurait pu me coûter la vie ! Ça va trop loin. La relation devient trop inégale.

C’est comme si, plus tard, Angelo ne respectait pas le code de la route et mettait sa vie et la mienne en danger. Il y a des limites que je ne veux pas franchir car il en va tout simplement de ma survie !!!

Or je suis plus utile aux êtres qui me sont chers, aux âmes dont j’ai la charge, en étant en vie, valide, en bon état, que morte ou gravement handicapée.

Donc STOP la bienveillance à tout va. Je vais être plus rigide à la fois avec Angelo et avec Duende. Même si c’est contraire à mon cœur. C’est indispensable à ma survie. Je compte bien rester en vie encore une certain temps, et en bon état ! Ma mission de vie n’est pas terminée !!!

3. Exemples de rigidité avec Angelo, inspirée des chevaux

a. L’âge des  « crises de rebélion » a commencé !

Entre ses 18 mois et ses deux ans, donc dans la phase dans laquelle se trouve Angelo depuis quelques mois, il fait de plus en plus de « crises » d’affirmation de sa volonté. 

L’apprentissage du langage l’aide certes beaucoup à se faire comprendre. Mais comme nous étions déjà très à son écoute avant, comprenant des gestes et mimiques, cela n’a pas changé foncièrement les choses dans notre communication.

Il a de plus en plus envie d’en faire à sa tête. Quand il a décidé de faire quelque chose et qu’on lui dit « Non !», il tente de le faire encore plus. Quand il est occupé dans une activité et qu’il est temps de passer à autre chose, c’est un drame ! Et depuis peu, il veut systématiquement le contraire de ce qu’on lui propose. Avant ces crises, quand il voulait quelque chose, on lui donnait dans la mesure du possible et il était satisfait. Maintenant, rien à voir. On lui propose « noir » », il veut « blanc ». Mais si du coup on lui propose « blanc », il veut de nouveau « noir ». C’est un cercle sans fin… En fait, tout est prétexte à exercer son autorité et à tester la notre. C’est ce qu’on appelle « chercher les limites ».

J’en ai déjà parlé à maintes reprises dans les textes où je compare l’éducation des chevaux avec celle d’un enfant. Le parent ou le gardien (pour un cheval) doit avoir une autorité sans faille. Non pas par soif du pouvoir, pas du tout. Mais pour sécuriser l’être qui grandit. Ce dernier teste la solidité de son interlocuteur et donc sa capacité qu’il aura lui, être en apprentissage, à pouvoir de lui faire confiance ou pas sur un long terme. 

Si l’éducateur a décidé « blanc » et s’y tient avec fermeté, et même avec beaucoup de douceur (car la violence est une preuve de lâcheté et de manque de self-contrôle), alors même que l’être éduqué fait des pieds et des mains pour faire ou avoir « noir », alors l’éducateur méritera qu’il lui accorde sa confiance, car c’est une personne fiable. Je dirais même un repère rassurant et structurant.

Evidemment l’éducateur doit aussi avoir l’intelligence et la finesse de s’assurer que son choix (« blanc ») est vraiment le plus adapté et le plus judicieux dans ce cas de figure, avec son protégé.

b. Anecdotes qui me sont arrivées, ce samedi 28 décembre, illustrant ce propos.

Ce soir Angelo était fatigué. 

On revenait de chez sa mamie Yvonne. Il y avait beaucoup de monde, ça l’a beaucoup excité nerveusement, sans le détendre et le fatiguer comme lorsqu’on va se défouler au grand air.

Quand je décide de l’amener prendre son bain, il veut continuer à jouer avec sa voiture rouge. Je lui dit qu’il pourra plus tard. Comme il ne vient pas, je vais le chercher et le prend comme un paquet sous le bras. Il se débat et crie « Monter tout seul ». Ok. Je le lâche et il monte effectivement l’escalier tout seul. Le bain se passe bien dans l’ensemble.

Lorsqu’on redescend, je prépare son repas. Il est crevé et infernal. Il veut ouvrir 40 fois la porte derrière laquelle se trouve la poubelle de la cuisine. Lui dire « Non ! » et referme la porte plusieurs fois. Cela n’a bien sûr aucun effet. Je le bouscule un peu, pour me mettre devant la porte, afin de l’empêcher physiquement de l’ouvrir car j’ai les mains prises et dois finir ce que je suis en train de faire.

Là il tombe, je ne sais pas trop comment, mais sans se faire mal. Cependant, comme il est vexé (et épuisé nerveusement), il se met à pleurer à chaude larmes, demandant les bras. J’arrête ce que je fais. Je sens qu’il est exténué et a besoin de recharger ses batteries. Il va finir par se faire mal, comme souvent le soir quand il est crevé. Il est maladroit et tombe facilement. Et le bain ça lui donne un coup de mou à chaque fois, en plus. Je le prend dans les bras et on fait un moment câlin avec la suçu et le doudou. Il ne veut plus me lâcher…

Je ne veux pas de nouveau me fâcher, alors qu’il a besoin de réconfort. Je lui montre un des cadeaux qu’il a reçu chez Mamie et qu’on a pas encore eu le temps d’ouvrir. « Allez, viens, on va ouvrir le cadeau ! Mais pour ça on va dans la chaise pour manger ». Il se précipite sur la chaise et dit « La chaise, la chaise ! ».

Le repas se passe super bien. On joue avec les duplos, il mange tout ce que j’avais préparé sans sourciller. On finit par une compote de pommes.

Comme l’heure tourne et que je dois préparer le bibi avant d’attaquer la lecture, je prends le lait dans le frigo. Et là, il voit une compote à sucer que j’ai mis là car elle est ouverte mais qu’il ne l’a pas mangée chez Mamie. Il me dit « compote ». Je me dis qu’il a peut-être encore un peu faim, vu qu’il n’y a quasiment pas eu de goûter. J’avais tout amené chez Mamie, mais il y avait d’autres occupations et surtout elle lui donne toujours du chocolat et des petits gâteaux… Moi avec mon jus fruit et ma compote, mdr, je peux toujours aller me rhabiller ! !

Je lui tends et lui dis « assis », car il mange et boit en général assis, pour ne pas en mettre partout. Là il me regarde de travers, avec son air de manipulateur ! :-))) Mdr ! « Debout », me lance-t-il, avec provocation. Il peut éventuellement la manger debout cela ne me dérange pas (même si c’est une contradiction de sa part). 

Je la lui tends toujours la compote ! Et là il me regarde, toujours, la tête de travers et me dit « pas compote ». Encore une fois, par pure opposition. Je le regarde bien dans les yeux et lui dis : « Ecoute moi bien, Angelo ! Si tu ne veux pas la compote, je la mets au frigo. Et une fois qu’elle y sera je ne la ressortirai pas. Tu es sûr, pas de compote ? » « pas compote » répond-il.

Je remets la compote au frigo. Et ce à quoi je m’attendais arrive dans la seconde. Il se met à hurler « compote, compote , compote ». Je lui réexplique qu’il n’en a pas voulu et que « non », c’est « non ». Il essaie évidemment d’ouvrir le frigo tout seul. Je me fâche et je l’assois part terre. Il hurle, les larmes lui gicle presque des yeux. Mais je ne suis pas prête à lâcher. 

Je finis par l’attraper et l’amener en haut, question de lui changer les idées, et d’en profiter pour effectuer d’autres tâches utiles. Récupérer certaines affaires que j’ai laissées avant le bain, faire pipi, me mettre en pyjama, vider la baignoire… Je lui donne son doudou et sa suçu et le colle sur le lit de Romane, afin qu’il se calme. Il répète en boucle « veux compote, veux compote, veux compote ». Je fais ce que j’ai à faire sans y prêter attention. 

Ensuite, je lui dis qu’on redescend pour lire. Il part en courant dans la chambre du fond se cacher. J’ai les mains prises. Je descends tout amener en bas, en refermant la barrière de l’escalier derrière moi, évidemment. Au bout de quelques secondes, il sort de la chambre en m’appelant, frustré que je sois descendu sans lui. Je lui demande d’en bas :« Tu veux descendre ? ». « Descendre » me répond–il. Je monte lui ouvrir. Il me fait un peu son cinéma, mais finit par descendre. 

Je le prends et le mets sur le lit où on allait faire la lecture. Au passage je lui demande d’éteindre la lumière, mais il ne le fait pas. Comme il est lourd et que le temps passe, j’éteins moi-même. Il a oublié la compote. Désormais il se met à répéter en boucle « éteindre lumière, éteindre lumière ».

Je lui explique que s’il ne fait pas les choses quand je lui demande, alors c’est moi qui les fais et que c’est trop tard pour lui, il ne peut pas changer d’avis après. 

Le revoilà donc en crise. Je le prends à mes cotés, en ayant récupéré le livre de lecture du soir. Je commence à lire. Il veut « Coussin, coussin ». Il est toujours en pleurs, bien sûr. Je lui montre qu’il a un coussin juste sous la tête. Alors il enlève ses chaussettes. Je sais que dans la première histoire, le petit garçon Noé est pieds-nus et qu’Angelo veut faire pareil que lui. Je le laisse faire. Ensuite je lui demande de mettre les pieds dans la couverture pour ne pas avoir froid. Il s’évertue à les sortir et à les mettre sur le livre « Pieds nus, pieds nus !. » « Oui, je sais que Noé et toi avez les pieds nus, mais maintenant tu les mets au chaud sous la couverture, sinon pas de lecture, tu vas direct au dodo. » 

Il finit par se calmer et je peux lire les différentes histoires du soir qui se succèdent dans le livre. Pour qu’il soit plus intéressé et moins passif, je m’arrête avant la fin de chaque phrase et lui laisse dire le dernier mot ! Il est tout fier ! Il commence à bien les connaître ces histoires. Sa mémoire m’impressionne !

Après ce livre, je lui dis qu’on va faire bibi. Il crise de nouveau, car avec Papa il lit souvent plusieurs livres. Moi, je n’en lis qu’un car après il y a un gros câlin avec Maman. On va dans la chambre. Je dois lui changer la couche, lui mettre un haut de pyjama de plus ainsi que la turbulette. Crise pour le changer, car il sait que ça veut dire dodo, donc plus d’interactions avec Maman…

On finit par être dans le lit de sa chambre tous les deux. Comme souvent, il me demande « Maman, pas fâchée ? ». Je lui explique : « Si Angelo pas gentil, Maman pas gentille, Maman fâchée. Tu comprends ? Mais si Angelo gentil, Maman gentille aussi et pas fâchée. Maintenant je ne suis plus fâchée. Je suis fâchée quand Angelo n’est pas sage et qu’il fait des bêtises. » Je sais très bien qu’il connait tous ces mots car je les emploie souvent dans la journée et il les répète à bon escient.

Il se calme et s’hypnotise avec son doudou pendant que je lui chante un Ave Maria… Je lui demande s’il veut le bibi. Pas de réponse. Alors je luis dit que le bibi va retourner au frigo. Pas de réponse. 

Au bout de 5 minutes, je lui enlève la couverture et me redresse. C’est notre rituel pour finir le câlin et qu’il aille dans son lit. Et là, bien sûr, il me demande « bibi !». Je me remets en place. Lui amène le bouchon du bibi dans lequel il a l’habitude de jeter (cracher) sa suçu. Il fait mine de la jeter pour ensuite vite la récupérer. Je dois de nouveau menacer. « Bon, pas de bibi, alors au dodo. » Je me relève. Il s’énerve, stressé, et me dit « Bibi ! » Cette fois-ci c’est la bonne…

Mais ce n’est pas fini, haha ! Une fois au lit, il me dit « mal au bidou ». Comme il n’a pas fait caca depuis ce matin et que le goûter a manqué de fibres, je me dis que cela peut être vrai. Il n’est pas encore hypochondriaque, lol, bien qu’il dise souvent « bobo » sans qu’on sache trop si c’est pour qu’on le plaigne ou parce qu’il s’ett fait vraiment mal quelque part !

Je lui masse un peu le ventre, à travers la turbulette en lui demandant si ça va mieux. Il ne répond pas, mais à l’air calmé. Je lui dis : « Je vais faire un bisou sur le bidou pour enlever le bobo:-). » Et je m’exécute. Qu’avais-je encore trouvé comme moyen d’esclavage ? Mdr… Au moment de lui mettre la couverture et de le border, il me dit « Encore bisou ! » Je lui en fais un. Et c’est reparti : « Encore bisou ». Pas question d’y passer encore une heure ! Je lui dis « Angelo, je te fais encore UN bisou et ensuite je sors de la chambre, en laissant la porte ouverte comme avec Papa .» 

Jean-luc laisse en général la porte entrouverte quand il le couche, pour qu’il se sente moins « seul ». Moi je ferme la porte car il a de la lumière avec la veilleuse et je crains plutôt que laisser la porte ouverte l’empêche de s’endormir, à cause des bruits. Sa chambre est au rez-de-chaussée, à côté du salon (qui nous sert de chambre depuis mars 2018 !) Mais apparemment ça le rassure que ça soit ouvert, donc depuis que Papa est au ski, je le laisse s’endormir la porte légèrement entrouverte.Il s’endort très bien. Je viens fermer quand il dort à point fermé, afin qu’il ne se réveille pas à cause d’un bruit lorsqu’il passe d’un « wagon » de sommeil à un autre.

C’est donc ce que je fais. Je finis même par un gros bisous sur sa joue toute douce. Et je pars en lui souhaitant une bonne nuit. Il s’endort comme une fleur…

c. Conclusion…

Voilà, c’est fatiguant de devoir lui tenir tête, mais ça paie (voir paragraphe suivant). Et on n’a pas le choix, ni pour lui, ni pour nous. Il ne nous contrarie pas parce qu’il sait mieux que nous ce qu’il veut. Il veut exercer son autorité et mettre à défaut la notre. Mais je sais pertinemment qu’il a besoin d’un cadre et de limites pour grandir correctement, pour continuer à être équilibré psychologiquement et pour devenir un petit garçon qui a expérimenté la frustration et qui, du coup, a confiance dans la parole de son leader…

Je vous assure qu’au début ce fut difficile pour moi de ne pas être dans le positif et la bienveillance purs, que j’avais pourtant appris après un long travail sur moi. 

Kolina n’y est pas étrangère, au contraire… Avec elle j’étais très dure et j’ai dû apprendre à lâcher prise car une éducation à la militaire fut totalement contreproductif avec elle. Elle a été mise sur ma route pour que je remettre en question le modèle de dressage que j’avais appris dans les clubs et que je trouve d’autres solutions qui nous permettent d’être en phase. Ce fut long et douloureux pour toutes les deux, mais grâce à elle je suis devenue une meilleure personne à bien des égards. Et elle est épanouie avec moi, au point de n’accepter personne d’autre que moi pour s’occuper d’elle. Nous sommes comme une même âme dans deux corps et espèces différentes… Mais ça, c’est une autre histoire !

Je sais maintenant que je dois évoluer encore et adapter mon comportement aux nouveaux besoins d’Angelo, mais aussi de Duende, bien sûr. De toute façon, ce sont des frangins, un peu des âmes sœurs, eux aussi. Ils se ressemblent tellement ! Je sais que j’ai eu Duende pour m’entraîner avant Angelo. Papa disait, en se moquant, que Duende remplaçait le bébé que je n’avais pas. C’était bien plus que cela. Duende est le prototype du bébé que j’ai eu ensuite. Or mieux vaut faire des erreurs sur un cheval que sur un être humain, non ? (même si cela peut s’avérer plus dangereux physiquement…)

d. Le lendemain, ce fut un ange…

Dimanche 29 décembre, Angelo fut un amour. Souriant, comme on l’adore, beaucoup moins capricieux que la veille. Mon facteur « rigidité » en fut peut-être une cause, mais pas seulement. 

Il avait vraiment eu mal au ventre la veille, comme en témoignèrent ses cinq (!) énormes cacas dans la journée. Le premier fut au réveil, ce qui l’a même sans doute réveillé plus tôt que prévu et l’a rendu grognon pendant une bonne heure. S’il était si anormalement pénible la veille, c’est qu’il n’était pas bien dans son « bidou ». Or c’est notre deuxième cerveau qui a une influence énorme sur nos émotions et notre humeur. Et encore plus chez un jeune enfant. Etonnement, il avait bien mangé la veille et a continué aujourd’hui…

Ce matin, on a passé une bonne heure au terrain. Il était libre, courait, s’amusait, montait sur les tas de terre et de sable, jouait avec des branches, trouvait des champignons, allait enterrer des chenilles que je déterrais par mégarde lors de mon « jardinage ». Cette liberté, dans la nature, alliée à l’activité physique, il en a un besoin vital. Tout comme Jean-Luc et moi, d’ailleurs ! « Les chiens ne font pas les chats » ! Et après la sieste, je l’ai laissé jouer librement dans la maison et le jardin presque une heure. Il faisait un grand soleil, il a pu profiter de son nouveau quad à moteur (encore un cadeau du Père Noël !). Il a goûté « en liberté », pas assis dans sa chaise haute (qui commence d’ailleurs à être bien petite pour lui!). Ensuite, on a fait quelques courses, la nuit tombée. Il a vu du monde, notamment d’autres enfants dans les chariots. Il était fasciné, je sentis que la compagnie d’autres enfants lui manquait. Demain, il allait revoir sa chérie Maëlys <3. Mais ce fut bref, et cela ne m’a pas énervé comme la veille.

Dans la journée, il fut adorable. Très rarement en contradiction avec ce que je lui proposais ou imposais. Il y a juste eu deux ou trois fois où je lui demandais de faire quelque chose et où il ne le fit pas tout de suite. Mais dès que je menaçais « Angelo, si tu fais pas … tout de suite, Maman va se fâcher », il allait le faire. Je sens vraiment que lorsqu’il est dans son assiette il n’a pas vraiment envie que je le fâche. C’est important pour lui qu’il sente que je l’aime, que je suis en harmonie avec lui, tout le temps. 

A ce niveau là, il me rappelle énormément Kolina. Un cœur énorme, qui veut faire plaisir pour être aimé, mais qui ne comprenait parfois tout simplement pas ce que je lui demandais. Elle se mettait alors dans un stress affolant, que je prenais à tort pour de la colère et de la rébellion de sa part. Cela n’avait rien à voir : elle avait juste besoin d’arriver à comprendre et à être écoutée… 

Le soir, Angelo fut très touchant (c’est la dernière anecdote de ce texte, promis). Bibi nickel, bien qu’il voulut le prendre tout seul, comme il fait avec Papa. Quand c’est moi qui le couche, il veut en général que ce soit moi qui tienne le bibi afin de se relâcher complètement… Il me demanda « encore câlins » plusieurs fois. Au bout de la troisième (avant le quatrième câlin du coup), avant de le reprendre dans le lit, où il commençait à pleurer à chaudes larmes, je lui ai parlé. « Ecoute moi bien, regarde moi. Je te fais encore un câlin de CINQ minutes. Pas plus. Parce que tu as été très gentil aujourd’hui et que tu mérites bien un autre câlin avec Maman. Mais tu en as déjà eu trois (ce qui représente 30 minutes), ça suffit. C’est largement l’heure d’aller au dodo ! (Il était 21h05.) Ensuite, je te couche sur le coussin et te mets ta couverture. Le coussin c’est celui de Papa, tu sais. Tu Je te l’ai mis pour que tu aies son odeur avec toi <3. Ensuite, je sortirai et le laisserai la porte ouverte, tu m’entendras pour t’endormir… C’est bien compris ? Sinon maman va se fâcher. » Il me regardait, profondément, et hocha la tête.

On a refait un câlin. Au bout de 5 minutes, sans que je dise ou fasse quoi que ce soit, il s’et redressé et m’a dit « Dodo ». Je l’ai posé dans son lit. Il m’a dit « coussin de Papa » puis « Maman pas fâchée ? ». J’étais super émue. Je l’ai félicité et lui ai dit qu’il était vraiment un petit garçon adorable, qui comprenait tout, et que je l’aimais très fort. Je l’ai bordé et suis partie de la pièce en laissant la porte entre-ouverte. Il s’est endormi de nouveau comme une fleur. 

Il m’étonne chaque jour un peu plus par sa faculté de compréhension lorsque je lui parle (presque) comme à un grand. Il comprend vraiment tout, c’est impressionnant. Je suis si fière de lui <3.

Je suis heureuse de ne pas avoir eu à me fâcher toute la journée. Je me dis que quand c’est nécessaire, je le ferai. Mais c’est quand même tellement mieux d’arriver à lui parler, lui expliquer les choses quand il est réceptif. Comme dirait le Bouddha : en toute chose, il faut trouver le « juste milieu »:-).

Conclusion finale !

Je conclus sur quelque chose dont j’ai déjà parlé dans d’autres textes, mais qui se vérifie de nouveau de façon si flagrante, si criante même !

Mes chevaux sont les incarnations de mes guides ou, du moins, leurs actes leurs sont insufflés par mes guides, mon ange gardien, et tous les êtres de lumière qui sont là pour me montrer le chemin, pour me permettre d’accomplir ma mission de vie.

Merci Duende pour tes « bêtises » qui me permettent de progresser vers plus de justesse et de sagesse avec Angelo. Il n’y a pas d’erreurs sur cette Terre, il n’y a que des apprentissages…

Compétences

Posté le

1 février 2020

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