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JOURNAL DE BORD D’UN PETIT ANGE tombé sur Terre -7-

EPISODE 7 : MON 7ème MOIS

– je pèse 8,7 kg, je mesure 66 cm et mon tour de tête fait 47 cm – 

Mercredi 11 juillet 2018 au soir, j’ai eu exactement 6 mois.

Semaine du 11 au 15 juillet 2018

Jeudi 12 juillet : la pédiatre pète une durite !

Ce matin, on est passé au terrain de Maman voir Jean-Philippe. C’est lui qui fait la clôture pour que Maman puisse y amener Duende et Kolina. Ils auront un immense espace pour galoper et de l’herbe à déguster ad libitum !

Puis on est allé chez la pédiatre pour mon rendez-vous du sixième mois. On a attendu, comme d’habitude… Heureusement Maman avait pris la poussette, du coup elle ne forçait pas en me prenant dans les bras. Maman a finalement été reçue par un interne. Elle l’a questionné sur les vaccins et sur la diversification. Il n’y connaissait strictement rien, en tout bien moins qu’elle ! Il lui dit que je pouvais manger de la viande blanche déjà maintenant, alors que je venais de commencer à peine la diversification ! N’importe quoi ! Maman demanda une ordonnance pour les vaccins, car il fallait bien les faire un jour… Contre son gré.

Madame la pédiatre en chef finit par arriver. Ce fut la cacophonie ! Elle posait des questions à Maman en même temps que l’interne, du coup Maman ne pouvait suivre aucune des deux conversations. La pédiatre finit par lui donner un papier tout fait, proposant les menus d’un enfant à partir de 6 mois. Maman n’en revint pas du « ramassis de conneries » que c’était. Il parlait de biberons avec des mesures de lait deuxième âge ! De céréales infantiles au gluten. De tous les fruits et légumes, mêmes fruits rouges et fruits à coques !!! De viande et de poisson ! Non mais pour une pédiatre qui savait que je j’étais allaitée, ça rimait à quoi ??? Je sentis Maman bouillir et prête à exploser d’indignation! 

La doctoresse me mesura et me pesa. Mon périmètre crânien ne lui plut pas ! Trop grand ! Elle me prescrivit un examen : une « échographie transfrontanelière » ! On ne savait jamais, il était possible que je sois hydrocéphale ou même que j’aie une tumeur ou un kiste ! Non mais là, on nageait dans du grand n’importe quoi et on allait finir par s’y noyer !!!

Vendredi 13 juillet

Journée cool avec Maman. Je m’éclatais à parler ma langue à moi : « Da-da-da-da », « di-di-di-di ». Des syllabes que j’adorais ! Pouvait-on dire que mon premier mot était « dada » ? Un magnifique cadeau pour ma Maman chérie <3

Le soir, elle partit une moment dans sa maison accueillir une amie, Helga, accompagnée de ses trois filles…

Samedi 14 juillet

Maman s’absenta une grande partie de la journée pour rejoindre Bettina, la fille ainée d’Helga qui adorait les chevaux. Elles sont allées à la plage avec Kolina et Duende.

Moi je n’étais pas trop bien aujourd’hui et ce ne fut pas simple pour Papa de s’occuper de moi. 

Cette nuit, Maman n’alla pas bien à son tour, elle courut plusieurs fois aux toilettes… Je crois qu’elle a eu un début de gastro, Et moi, je n’étais pas encore remis et, du coup, je me réveillais beaucoup. J’ai eu besoin de téter pour essayer de me sentir mieux…

Dimanche 15 juillet

Aujourd’hui, Maman fut malade. Cela ne lui était pas arrivée depuis très longtemps. Elle avait mal partout et dès qu’elle se levait, elle avait tout qui tournait autour d’elle et envie de vomir. Elle ne put que faire dodo toute la journée. Ce fut donc de nouveau Papa qui s’occupa de moi.

Pour ma part, j’allais mieux. J’ai découvert que je pouvais faire des nouveaux bruits. Je roulais les « r » comme mamie Yvonne ! Et je répétais de nouvelles syllabes : « na-na-na-na-na » et « ma-ma-ma-ma-ma ». Ça changeait de « da-da-da-da-da » ! En fait « ma-ma-ma-ma-ma », c’était plutôt quand je me plaignais et que ça n’allait pas ! Ma complainte maternelle ! 

Semaine du 16 au 22 juillet

Lundi 16 Juillet

Noémie est venue à la maison avec Jonathan. Maman et elle ont de nouveau travaillé toutes les deux pour le site internet de Maman. Cette fois-ci le projet fut d’enregistrer des extraits des deux derniers livres de Maman, (« Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ », tomes I et II) afin de mettre ensuite ces vidéos sur le site. Pour ma part, ma mission était d’être sage et, surtout, de ne pas faire de bruit. A chaque fois que j’ouvrais la bouche pendant le tournage, elles étaient obligées de recommencer ! Alors, j’étais prié d’être le plus discret possible !

Cette semaine grande nouveauté pour moi. J’ai découvert une autre position qui me changeait du « sur le dos » (dont je me lassais depuis ma naissance), ainsi que du « sur le ventre » (que je n’aimais pas trop), ou encore du « sur le côté », que j’utilisais de plus en plus souvent, notamment pour dormir.

Maintenant, je voulais être assis de plus en plus souvent ! Maman m’y mettais, mais si elle ne me tenait pas, je tombais lourdement vers l’arrière ou sur les cotés. Ma tête était tellement lourde qu’elle m’entraînait vers l’horizontalité que je fuyais à tout prix. Mes abdominaux centraux et latéraux n’étaient pas encore assez forts pour que je puisse soutenir ce poids lourd ! Alors je faisais de la muscu le plus possible, afin d’y arriver très vite ! 

Mardi 17 juillet

Maman allait mieux que dimanche, mais elle est encore très fatiguée. Elle voulut cependant faire plaisir à Helga et à ses filles. Alors, malgré la chaleur, elles m’amenèrent au cheval, chez Duende. Il faisait vraiment très, très chaud. Entre 35 et 40 degrés à l’ombre, dans ma poussette. Maman me donnait de l’eau à boire toutes les demi-heure. J’étais en couche et portais, pour tout vêtement, une casquette, qui m’empêchait d’être trop ébloui. Non seulement mes yeux étaient tout neufs, mais leur clarté les rendait extrêmement sensibles à la lumière. Avant de partir, pour protéger ma peau, aussi fine que blanche, Maman m’avait badigeonné de crème solaire, j’aimais trop ça ! Elle me malaxait de partout, c’était agréable et ça faisait même un peu la guili-guili ! 

Bettina monta sur Duende. Mais avant, Maman fit monter un peu Ricarda, la plus petite des trois filles d’Helga. Elle avait commencé à faire du poney, il y avait peu de temps, et elle adorait ça ! Bientôt ça serait mon tour de faire mes premiers pas sur Duende ! 

On est allé jusqu’au terrain de Maman. Mais on n’y est pas resté longtemps à cause de la chaleur, vraiment étouffante et brûlante.

Mercredi 18 juillet 

Maman m’a amené dans la clinique, où elle allait régulièrement voir son gynécologue. Mais cette fois-ci, on n’est pas allé le voir lui. On est monté au service maternité, là où les femmes qui accouchent viennent passer quelques jours, les plus importants de leur vie ! C’était ici que j’étais né ! On est venu rendre visite à Séverine, une amie de Maman. Elle attendait un bébé. Il était encore dans son ventre et trop petit pour sortir. Il lui restait, normalement, plus d’un mois et demi avant le grand saut… Mais sa maman avait trop de tension, c’était dangereux pour tous les deux. Alors ils l’ont gardée pour la surveiller de près ! Maman me cala entre ses jambes, assis. Je tenais de mieux en mieux, il me fallait juste un petit garde-fou, comme deux jambes d’adultes à mes cotés :-). Je touchai son ventre, à porté de mes mains. Je sentis qu’il y avait un autre petit humain là-dedans, j’avais très envie de communiquer avec lui !

De retour à la maison, au calme, Maman attaqua un gros boulot en maths, qui allait lui prendre plusieurs jours.

Jeudi 19 juillet

Maman continua son travail à son bureau, tout en me gardant. J’étais sois juste derrière elle, dans le parc, soit à côté, sur mon tapis. D’ailleurs, elle avait mis plein de coussins autour de mon tapis d’éveil, comme ça, quand elle m’y asseyait et que je tombais comme un culbuto (au bout de quelques secondes), je ne risquais pas de me faire mal. L’après-midi, branle-bas de combat à la maison. Nanou arriva avec Maëlys, j’étais super trop content de les voir ! Cela faisais une semaine que j’étais avec Maman tout le temps ! Elles m’avaient manqué et c’était réciproque ! 

Maman avait préparé la grande bassine dehors avec de l’eau. Depuis ce matin, elle a bien chauffé. On a pris un bain tous les deux, avec Maëlys <3 <3.

J’étais un peu fatigué, car je n’avais pas réussi à m’endormir après le repas de midi. Je sentais qu’il allait se passer des trucs excitants cette après-midi, alors j’étais sur le qui-vive… Maman a pris des photos de nous deux, un moment rare et le premier dans une baignoire, et chez Maman en plus ! Mais j’avais un peu ma tête de bulldog, à la Churchill !!!

Ensuite ont débarqué Helga et ses trois filles. Elles m’aimaient bien et moi aussi ! Elles m’ont fait rire dès la première fois que je les ai vues. Il faut dire qu’avec Maëlys et Zoé, je suis habituées à la compagnie de petites filles et j’adore ça ! Je suis leur petit prince, leur chéri, leur poupon ! Elles ont toutes goûté. Même Maëlys, qui avait d’habitude un appétit d’oiseau, réussit à manger un magnum entier, à la grande surprise de sa maman, Nanou. Maëlys était heureuse avec moi et moi aussi. On s’adorait depuis le début, c’était comme ça. Je crois qu’on est des âmes sœurs et que ce n’est pas pour rien que Maman a trouvé Nanou pour me garder…

En fin d’après-midi, j’étais très fatigué et je pleurais beaucoup. Je n’avais pas eu mon quota de sommeil. En plus, tatie Michèle est passée, ça a rajouté un peu d’animation à la foire qu’il y avait déjà à la maison ! 

Vendredi 20 juillet

Aujourd’hui, journée reposante à la maison sans visite ! Ouf !!! Maman travaillait et moi je m’exerçait, inlassablement. Ça y est ! Je tenais assis tout seul beaucoup plus longtemps ! Ça me plaisait énormément !!! Je ne voyais plus du tout les choses sous le même angle. Je voyais comme les grands !

Au retour de Papa, Maman est allé une dernière fois voir les chevaux avec Bettina. Cette fois-ci, ce fut Kolina. Elles ont fait des jeux en liberté. Bettina a adoré ça :-).

Samedi 21 juillet

J’ai découvert de nouveaux bruits trop rigolos que je peux faire avec ma langue ! Des « ff » et des « ss » « Comme un serpent », me dit Maman !

Ce soir là, je n’étais pas très bien dans ma tête, je crois. Je me suis endormi, mais très vite, je me suis réveillé et j’ai crié car j’avais eu très, très peur. Maman et Papa ont accouru. Ils ne savaient pas ce que j’avais. Si j’avais mal au ventre ou aux dents ou ailleurs. Comme je ne pouvais pas parler, impossible de leur expliquer que j’avais fait un rêve horrible… Maman m’a serré fort dans ses bras, m’a chanté des chansons douces en me couvrant de bisous. Et, petit à petit, j’ai oublié ces images et des bruits terrifiants… Je crois que j’ai fait mon premier cauchemar:-(.

Semaine du 23 au 29 juillet

Lundi 23 juillet

A partir de ce matin, Maman a décidé d’arrêter complètement de me donner le sein. C’était devenu trop compliqué pour nous deux. (voir textes : « Mon expérience de l’allaitement », I et II). Certains matins, je tétais, pas longtemps, je m’endormais au sein. Alors, par la suite, Maman allait tirer le lait. Et quand elle avait fini, j’avais de nouveau faim ! Elle devait donc me préparer et donner un biberon. Beaucoup de travail et de temps en plus… Ça l’énervait trop ! Et moi aussi, du coup ! Désormais je n’aurais son lait que dans les bibis !

Et comme, maintenant, je mangeais des fruits aussi le matin, c’était vraiment compliqué de faire la tétée au petit déjeuner ! 

Du coup, on était content tous les deux de changer ces habitudes qui ne nous convenaient plus. Désormais, le matin, dès que je me réveillais, j’étais avec Papa et Maman à la cuisine, comme un grand. Et plus seul dans ma chambre avec Maman, dans le noir. Et je prenais mon petit déjeuner à la cuillère ! Un petit déjeuner de grand ! Fruits écrasés (que Maman me donnait assis sur ses genoux), et puis un bibi de lait de Maman, bien chaud. 

Ce matin on est retourné voir parrain avec Maman, pour qu’il s’occupe de son dos. Il reçut un colis juste pendant notre rendez-vous ! C’était le cadeau pour mon baptême ! Mais il ne nous a pas dit ce que c’était ! Il n’y avait que Papa qui savait de quoi il s’agissait… Suspens ! Ensuite, on est allé acheter des fruits et des légumes pour mon baptême – qui approchait à grands pas -, chez un producteur en agriculture raisonnée de Saint-Nazaire. Puis on a rendu visite à des anciens élèves de Maman, la famille Sarda, producteurs de vin et de jus de raisin bios, à Saint-Nazaire également. Ils étaient trop contents de me connaître. La maman a même voulu me prendre dans ses bras. Ça lui a rappelé quand ses grands étaient bébés… Cela commençait à faire bien longtemps… Sa plus jeune, Valentine, a passé le bac l’an dernier (coachée en maths et en bio par Maman :-)) et son grand, Jean-Adrien, venait de s’installer viticulteur, lui aussi, mais dans une autre propriété que ses parents. 

Le soir Maman ne se sentait de nouveau pas très bien, elle avait envie de vomir et très mal à la tête. Elle ne savait pas exactement pourquoi… Papa a pris le relais pour s’occuper de moi.

Mardi 24 et jeudi 26 juillet 

Je suis allée chez Nanou et j’ai retrouvé ma chérie Maëlys une bonne partie de la journée, pour que Maman puisse aller voir ses deux enfants poilus. C’était toujours chouette chez Nanou, je me sentais très bien et je savais que Maman n’avait pas de stress non plus. Elle avait besoin de prendre son temps aux écuries, du temps juste pour elle et pour eux… La semaine dernière, elle n’était allée voir ses chevaux qu’une fois chacun, toujours accompagnée de Bettina, et pas très longtemps… 

Mardi, elle travailla Duende en carrière, car il fallait bien qu’il aille à l’école encore régulièrement ! Il n’avait que 5 ans, il avait encore beaucoup, beaucoup à apprendre. Maman m’expliqua que maintenant, il savait sans problème partir au galop du pas, rester en volte au galop, ce qui n’était pas le cas avant ma naissance, car il n’avait pas assez d’équilibre, du fait de sa croissance. Il savait aussi désormais changer de pied en X, avec une transition au trot. Il déplaçait aussi très bien ses hanches en ligne droite. Bref, il progressait de nouveau super bien depuis que Maman pouvait le remonter plus « sérieusement ».

Ensuite, elle alla voir Kolina, lui donna simplement une bonne douche, puis la laissa brouter un bon moment dans le pré prévu à cet effet. Elle en profita pour faire un grand nettoyage dans ses affaires, qui prenaient la saleté et la poussière, au fil des mois (ou des années?!).

Jeudi, elle partit en balade à la rivière avec les deux loulous. Céline, une de ses amies, dont le cheval, Duc, actuellement blessé, était dans la même écurie que Kolina, monta Duende et Maman, Kolina. Céline était aussi la maman de Tess à qui Maman donnait des cours de maths ! Céline montra à Maman le chemin à travers champ pour aller à la rivière et rafraichir les chevaux. Elles se régalèrent. Bientôt ce serait moi qui partirait avec Maman sur Duende :-).

Mercredi 25 juillet

Maman a contacté la LLL (La Leache League) pour témoigner de notre expérience à tous les deux. Dans son article, elle parlait du fait qu’elle allaitait et tirait son lait en même temps. Mais également de ma « grève du sein » que nous avions finalement surmontée, au point de poursuivre les tétées presque deux mois de plus… Maman expliquait aussi ses dons au lactarium… La LLL éditait un journal qui s’appelait « Allaiter aujourd’hui ». Après lecture du long article de Maman, ils choisirent de cibler leur double page sur la « grève du sein » vaincue ! Car notre expérience était assez atypique ! L’article sortirait dans le numéro de janvier 2019, pile pour mon premier anniversaire 🙂 !

Cette après-midi, Maman m’amena avec elle chez Catherine, qui me connaissait bien. C’était la grand-mère de Clara, une de ses élèves. Ce n’était pas la première fois  que Maman m’amenait chez elle ! Catherine me donna mon goûter, ce fut très rigolo ! Je lui en mis partout ! Sur les vêtements, les bras, la table et même par terre ! Mais elle aimait bien enfants. Elle s’occupait d’ailleurs beaucoup de ses trois petits enfants, qui passaient des journées entières chez elle.

Vendredi 27 juillet 

Grande journée pour Maman : sortie de son nouveau livre qui mettait en scène Phileo, mon alias ! (« Conversations entre Maylen’ et Kaolin » », tome II »). Elle m’amena chez son éditeur pour récupérer les exemplaires commandés. Je fis connaissance de Jérôme, le premier éditeur de Maman, qui lui permit d’accéder au titre d’écrivain légitime !

Ensuite grand ménage ! La famille allait débarquer… Qui me fit la surprise de rentrer dans la salle de bain au moment de mon bain ??? Ma cousine Ayelen, ma tata Sophie et mon grand-père Philippe !

Et plus tard seulement, car elle avait pris une autre voiture, ma grand mère Oma !!!

Mes grands-parents restèrent dormir à la maison. Mon oncle, Pascal, arriva dans la nuit, à son tour, avec le reste de sa famille : ma tante, Viviana, ma cousine, Amélie, et mon cousin Bastien ! Mais eux, je ne les verrais que le lendemain :-).

Samedi 28 juillet 

La famille de Pascal est passée, ce matin, dans son intégralité, alors que mes grands-parents étaient déjà à la maison. Autant vous dire que ça faisait bien du monde ! J’étais tout excité de voir autant d’enfants à la fois. Ils étaient plus petits que les filles de Helga et il y avait aussi (enfin !) un garçon !!! Maman m’assit sur le canapé et les trois enfants vinrent à mes côtés. Bastien semblait hypnotisé. Il n’avait pas encore deux ans et ne parlait pas beaucoup. Il m’observait et me faisait des caresses sur les bras, j’aimais bien. Il me fit aussi plein de câlins et de bisous. Quant aux filles, Amélie et Ayelen, elles voulaient toutes deux être à côté de moi, elles aussi ! Mais il n’y avait que deux côtés, compliqué pour trois enfants !!! Elles aussi me faisaient des caresses et plein de sourires. Et moi, je criais de joie ! Viviana, qui adorait les enfants, fut très touchée de découvrir le poupon que j’étais. Ça lui rappelait Bastien, 18 mois plus tôt… Le temps passait si vite pour les mamans. Alors que pour nous, chaque jour représentait une éternité, remplie d’une multitude d’évènements aussi nouveaux qu’extraordinaires ! 

Dimanche 29 juillet 2018, mon baptême !

Ce matin, on est parti, en voiture, juste après ma première sieste. Papa m’avait donné le biberon au réveil, alors que d’habitude c’était Maman. Je sentais que cela n’allait pas être une journée ordinaire. On a retrouvé Mamie, que je connaissais bien, chez elle. Maman courrait partout, comme à la maison ! Pourtant, normalement, quand elle venait chez Mamie, elle était plus calme que chez nous et en profitait même pour se reposer…

Ensuite, on est parti à pied… Je me suis alors rappelé ce que Maman m’avait dit hier soir (et encore ce matin au réveil). « Demain, c’est un grand jour, ce sera ta fête. Tous les gens qui t’aiment seront réunis pour toi. Tu seras protégé encore plus qu’avant par tous les anges qui veillent déjà sur toi depuis toujours <3. »

On est arrivé dans un endroit avec plein de gens, et beaucoup de bruits. On était déjà venu dans ce lieu singulier quand j’étais plus petit. Je me souvenais de cette ambiance particulière. Une énergie énorme qui, paradoxalement, calmait ; quelque chose que je n’ai ressenti nulle part ailleurs… Je sentais aussi cette protection dont Maman parlait… Presque le même ressenti que lorsque j’étais dans les bras de Maman ou de Papa.

Maman et Papa se sont assis au premier rang, à côté de parrain et d’une femme qui allait bien avec lui, sa chérie, Sandrine. La musique était très forte et la foule chantait, en plus. Je savais qu’ils chantaient en grande partie en mon honneur. Je sentais une immense et magnifique connexion entre toutes les personnes présentes ici, de très belles âmes, et d’innombrables êtres non visibles, que je connaissais depuis avant ma naissance et avec lesquels je communiquais encore souvent, quand je dormais, notamment…

Maman chantait par moment. J’aimais bien ces vibrations qui raisonnaient dans tout son corps. Tata Sophie prit la place de Papa, à droite de Maman. Papa était allée chercher Mamie chez elle. J’écoutais avec plaisir et curiosité. Parfois Ayelen ou Amélie venaient me faire un coucou, c’était chouette. Tout était parfait. J’étais heureux. Je sentais un parfum d’extraordinaire et de fête… Je ne sais pas combien de temps ça a duré… J’étais serein et attentif, profitant pleinement de la magie du moment !

Puis, Maman s’est levée. Papa est arrivé.

Oma, Grand-Pa, Mamie, Parrain Jean-phi et Marraine Graziella sont venus se mettre tout devant.

Le pasteur a parlé. Il a expliqué qu’ « Angelo » signifiait « messager ». J’avais raison de penser qu’ici les gens savaient plus de choses sur moi que la moyenne… Ici, on était transparent les uns pour les autres. Le pasteur a expliqué qu’on me présentait à celui qu’il appelait « Dieu ». Pour moi, il s’agissait simplement des forces invisibles et mystérieuses de cet autre monde d’où je venais…

Il m’a béni, les yeux dans les yeux. Il a demandé la protection de là-haut pour maintenant, ainsi que tout au long de ma vie, pour moi, mais aussi pour mes parents et toute ma famille…

Puis trois personnes se sont avancées. Un petit monsieur âgé, un peu indien (d’Inde). Il m’a béni, j’ai tout compris. Puis une dame noire, encore plus que la pédiatre (!), mais avec de bien meilleures ondes, m’a, à son tour, apporté sa bénédiction. Ce fut ensuite au tour d’un jeune homme roux, avec de la barbe comme Grand-Pa et comme tonton Pascal ! J’ai beaucoup aimé ce qu’il m’a dit et je l’ai regardé avec beaucoup de sérieux.

Ensuite Oma a chanté pour moi. Il s’agissait de « Abend-Segen » (bénédiction du soir) de l’Opéra « Hänsel und Gretel » de Engelbert Humperdink. Vous pouvez vous faire une idée de la mélodie et des paroles sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=0cGmTrNUJeU. Malheureusement, personne n’eut l’idée de la filmer, tant le moment fut magique et intense. Ce chant reprenait les paroles qu’échangeaient les deux enfants, le soir, seuls, dans la forêt avant de s’endormir. Il y était question de 14 anges qui les entouraient et veillaient sur eux… 

Voici la traduction française des paroles (en allemand à l’origine) :

« Quand je vais dormir le soir, quatorze anges sont autour de moi. 

Deux près de ma tête, à mes pieds deux autres. 

Deux sont à ma droite, à ma droite deux aussi. 

Encore deux qui veillent, deux qui me réveillent. 

Enfin deux qui me conduisent au ciel pour voir le paradis… »

Oma l’avait choisi pour cela, car on y parlait d’anges qui protégeaient des enfants… 14 anges ! C’était marrant, je voulais naître le 14 ! Mais Maman avait tellement bougé le 10, que, du coup j’ai dû naitre le 11… Mais 11+1+2018 (2+0+1+8), ça faisait quand même 14 ! Marrant que ce nombre revienne le jour de mon baptême. Ma Maman était prof de maths. Les nombres, ça m’amusait déjà. D’ailleurs, le jour de mon « baptême » tombait le 29. Or 2+9, ça faisait 11. Et 29 + 7 + 2018, ça faisait 29 de nouveau !

Oma chantait trop bien. Sa voix ouvrit une brèche directe vers le paradis ! Maman était très émue, elle en eut même les larmes aux yeux. On resta sur la scène pendant le chant, juste Maman et moi, Oma et les musiciens, devant toute l’assemblée. Maman me faisait regarder Oma. C’était très beau et fort comme moment.

Ensuite Maman s’est rassise à sa place et le pasteur a commencé à parler. De Dieu, des hommes. De la genèse. De l’homme qui avait peur de Dieu et se cachait parce qu’il était nu. Moi, je ne comprenais pas tout. Il disait aussi que les religions éloignaient souvent de Dieu. Maman était d’accord et moi aussi ! Mais j’avoue que je n’ai pas tout suivi. C’était largement l’heure de ma deuxième sieste matinale, alors je suis partie dans les bras de Morphée, ou plutôt dans ceux de Maman <3. J’étais bien, avec ma suçu et mes doudous, Lapinou et Duendinou. Quand le pasteur eut fini, je me suis réveillé. Il était presque midi, je commençais à avoir faim.

Maman m’a confié un petit moment à parrain, Papa n’était pas revenu. Tata Sophie tenait souvent ma cousine Amélie sur les genoux. Parrain chantait lui aussi. J’aimais bien ces fréquences basses, ce son grave, proche de la voix de Papa. Cela me calmait, m’apaisait…

Mais au bout d’un moment, j’eus vraiment trop faim ! Maman le comprit et fit tout pour qu’on quitte les lieux rapidement. Mais elle alla quand même prévenir le pasteur et lui dire que j’avais grave la dalle !!!

On est retourné chez Mamie, qui habitait vraiment à deux pas. Il y avait foule chez elle, comme jamais ! C’est Nanou qui me donna à manger. Je trouvais ça d’abord très étrange qu’elle soit chez Mamie… Mais je repensais à ce que Maman m’avait dit la veille. « Tout le monde va être là pour toi. C’est ta fête. Il y aura tous les gens qui t’aiment <3. » Tout s’expliquait…

Après le repas, un peu stressant, avec tout ce monde autour, Maman me mit sur le tapis d’éveil et des enfants vinrent jouer avec moi. Notamment Bastien, le petit garçon qui fait des bisous ! Mon cousin.

Maman a ouvert les cadeaux que les invités avaient apportés pour moi. Une superbe tenue de marin, cadeau de Oma ! Pour bientôt faire du bateau avec Papa :-). Puis le cadeau de parrain Jean-Phi : un siège pour enfant, suspendu comme un hamac. Maman m’a mis dedans, c’était trop rigolo !

Il y eu ensuite le cadeau de Nanou : un service de vaisselle pour enfant, en bambou, super naturel, que j’utiliserai bientôt, pour m’apprendre à manger et à boire petit à petit tout seul. Eric, le neveu de Papa, et sa femme Sophie, m’ont offert, quant à eux, un super beau jogging, en taille 2 ans, que je mettrai l’hiver prochain. Et j’en oublie certainement d’autres, tant je fus gâté :-). 

Tout ce bruit, ce monde, ça m’a rendu terriblement heureux, excité, mais fatigué aussi. Alors Maman m’a amené dans le parc dans une chambre en haut, quand elle a compris que mon énervement cachait en réalité un épuisement énorme. Elle a appelé Nanou, au bout d’un moment, pour qu’elle m’aide à m’endormir. J’étais vraiment terriblement sur les nerfs. Du coup, j’ai mis beaucoup de temps à me calmer, puis à m’assoupir… Toutes ces nouvelles têtes, cette énorme énergie que j’avais accumulée, ça m’avait gonflé à bloc comme un ballon d’hélium ! Il fallait que je décompresse… 

En plus, cette pièce m’était inconnu, il y régnait des odeurs et une ambiance très différentes de celles de la maison. Encore des éléments étrange(r)s et déconcertants pour moi ; pas apaisants du tout. Maman avait fermé le volet, comme à la maison, mais la lumière était toute différente. Elle est partie et m’a laissée avec Nanou. Elle ne voulait pas laisser tous ses amis seuls, elle devait leur tenir compagnie et s’occuper d’eux, aussi !

J’ai dormi… Une heure, peut-être deux. J’en avais trop besoin. J’ai appelé, Maman est venue. C’était l’heure du goûter, j’avais faim. Il y avait encore du monde. Cette fois-ci, ce fut Maman qui me donna le goûter. Les invités commençaient à partir. Ils mangeaient et buvaient encore un peu, debout ou assis. C’était rigolo de les observer.

Ensuite Maman m’a ramené en haut, avec elle, et a tiré son lait. Elle voulait que je fasse un nouveau dodo, maintenant que j’avais le ventre bien rempli et que les invités étaient presque tous partis. Oma et Papa rangeaient la maison de Mamie. Ma tata Sophie vint discuter avec Maman. Ces deux là s’entendaient bien, ça faisait plaisir. Elles avaient un lien très fort, je le sentais…

Quand Maman eut fini sa « traite », elle a remis le parc en bas, vu qu’il n’y avait plus grand monde. Maman voulait que je dorme, car, en fait, depuis le goûter, impossible pour moi. Trop de bruit avec le tire-lait, puis les conversations autour de de moi. Quand il n’y eut plus que Maman et Mamie, je réussis à m’apaiser. Maman vint un moment dans le parc avec moi et me caressa les jambes en me parlant doucement. Petit à petit, j’ai sombré dans le pays des songes… Maman s’est couchée dans le canapé à côté de moi, une fois qu’elle eut fini de ranger. Je crois qu’elle avait besoin de récupérer. C’était rare qu’elle s’allonge en journée, maintenant que je faisais mes nuits. Mais hier, elle avait galopé toute la journée, elle m’avait laissé longtemps avec Papa et Oma. Je crois qu’elle préparait tout chez Mamie, avec Grand-Pa.

Finalement, quand je me suis réveillé, Papa était là. On est enfin rentré à la maison. Quelle journée ! Inoubliable 🙂

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Voici le document que ma Maman réalisa en mon honneur et qu’elle distribua aux convives 🙂

Fête multi-culturelle, « baptême » d’Angelo

29 juillet 2018

Vous savez tous qu’Angelo est né à Perpignan, de père et grands-parents paternels catalans.

Mais sa mère est née en Allemagne et a grandi en Auvergne, dans une culture germano-française.

Il a les yeux bleus de son père, de ses deux grands-mères, de son grand-père paternel, et de plusieurs de ses arrière-grands-parents….

Son premier prénom, Angelo, rappelle celui de sa grand-mère allemande, Angelika. Son second prénom, Felix, vient de son arrière-grand-père paternel catalan, Félicien, auquel son papa était très attaché.

D’autre part, son prénom est d’origine italienne. Hasard ou coïncidence, le prénom de sa marraine, Graziella, l’est tout autant. Et sa deuxième maman, Laëticia, est d’origine italienne !

***

Pour la première fête en son honneur, il parut évident de mélanger toutes ces cultures. Vous pourrez ainsi goûter des spécialités catalanes, allemandes, auvergnates et italiennes. 

Bon appétit et bon voyage à tous ! Et un grand merci pour votre présence en ce jour très spécial pour nous !

Angelo, Lisa et Jean-luc

Spécialités catalanes

Olives vertes aux anchois et aux poivrons

Pa amb tomate

Fouet et Boutifare 

Escalivade aux légumes locaux et aux anchois de Collioure

Fruits locaux : abricots et melons de Saint Nazaire

Glace et sorbet : fraise et framboise

Fougasse aux fruits de saison de Saint Nazaire

Bras de venus de Saint Nazaire

Rousquilles, Croquants et Tourons 

Muscat et Rosé de Saint Nazaire

Jus de raisin de Saint Nazaire

Bière d’Argelès-sur-mer

Spécialités auvergnates

Fromages d’Auvergne: Saint-nectaire et Cantal

Pompe aux pommes

Vins d’Auvergne

Jus de pommes d’Auvergne

Spécialités allemandes

Swartzbrot mit Leberwurst, Rotwurst, Heringsfilets und Schwarzwälder Schinken

Rote grütze 

Linzer Torte

Kellerbier 

Bowle (avec et sans alcool)

Apfelschorle

Spécialités italiennes

Insalada caprese

Grissini 

Insalada di pasta

Pizza al formaggio 

Tucco di limone di Sicilia

Personnes invitées : qui est qui ? 

Ce n’est pas si complexe que ça !

ANGELO

Jean-luc, son papa

Romane et Clément, sa soeur et son « beau-frère »

Yvonne, sa grand-mère paternelle

Michelle et Pierre, sa tante et son oncle

Eric et Sophie, son cousin germain et sa cousine par alliance

et leurs filles Camille et Lisa, ses cousines « issues de germain » ou petites cousines

Sébastien et Charlotte, son cousin germain et sa cousine par alliance

et leurs enfants Jeanne et Edouard (qu’on attend?), ses cousins « issus de germain » ou petits cousins

Jean-Philippe, son parrain

Lisa, sa maman

Angelika et Philippe, ses grand-parents maternels

Emmanuel et Catherine, son oncle et sa tante

et leurs filles Zoé et Alix, ses cousines germaines

Sophie, sa tante

Pascal et Viviana, son oncle et sa tante

leurs enfants Ayelen, Amelie et Bastien, ses cousins germains

Graziella, sa marraine

Laëticia, « Nanou », sa deuxième maman

et Franck et Maëlys, le mari et la fille de « Nanou »

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Lundi 30 juillet

Maman passa sa journée à faire du ménage, du rangement et à cuisiner des petits pots pour moi. Il faisait encore très, très chaud, on était à peu près bien que devant les ventilos ! Oma et Grand-Pa partirent dans l’après-midi.

Maman m’expliqua que, désormais je m’endormirai le soir directement dans mon lit. Comme un grand. Jusqu’à présent, je m’endormais dans le parc, pas trop loin d’eux, comme pour les siestes dans la journée. Un peu plus tard, ils me déménageaient, endormi, dans mon lit en prenant 1000 précautions, afin que je ne me réveille pas dans mon premier sommeil… 

« En te mettant directement dans la chambre, ce sera plus simple pour nous, mais aussi pour toi, me dit Maman. Tu sauras que « dodo dans le lit » rime avec long dodo, donc avec nuit… Alors que « dodo dans le parc » signifie sieste, dans la journée. » Je n’y voyais pas d’inconvénient, j’étais serein dans ma chambre.

Cette semaine je découvris qu’être sur le ventre n’était finalement pas si désagréable que ça ! Dès que je me trouvais sur le dos, je donnais un coup de bassin, qui m’envoyait sur le côté, puis je me laissais retomber sur le ventre. Le plus dur était alors de dégager le bras droit pour être vraiment à plat ventre ! Je roulais toujours vers la droite car j’étais très puissant à gauche ! J’essayais alors de pousser très fort sur les pieds pour avancer, mais je n’y arrivais pas bien ! Avec un entrainement intensif quotidien, cependant, nul doute que j’y parviendrai sans problème rapidement ! 🙂

Mercredi 1er août : mon premier vaccin et la naissance de mon cousin d’Edouard

Ce matin là, j’ai mangé mon fruit pendant que Maman avait sa drôle de machine sur mon ancien « biberon » (ses seins!). Puis elle a beaucoup bougé, fait les bagages, comme si l’on s’en allait. Je n’ai même pas eu mon biberon. C’était bizarre…

On est parti très rapidement, juste après Papa. Le trajet fut aussi court que pour aller chez Nanou. Maman me mit dans la poussette, puis on entra dans une salle avec plein de gens. J’y étais déjà venu plusieurs fois, soit avec Papa, soit avec Maman, en général quand j’étais malade. Mais aujourd’hui, je n’étais pas malade ! Alors pourquoi m’amenait-elle chez le docteur ? Elle m’a enfin donné mon biberon du matin. Après, j’avais sommeil, comme toujours le matin après mon bibi, mais, dans la poussette, difficile de trouver le sommeil. Trop de choses me gardaient éveillé. J’étais notamment intéressé par l’auvent que Maman avait baissé pour que j’aie moins de lumière dans les yeux, mais aussi par tout ce qui se cachait derrière… Elle faisait pareil à la maison, dans le parc, pour que puisse dormir. Elle mettait des couverture sur les côtés pour que je sois à l’ombre et bien protégé. Dans ma petite bulle :-).

Finalement, elle me conduisit dans une autre pièce, où je reconnus tout de suite le docteur. Je l’avais vu plusieurs fois, à l’époque où je toussais beaucoup. Maman parla d’abord avec lui. Elle me posa ensuite sur la table d’auscultation, comme chez l’autre docteur, la dame noire, où on allait parfois. Le docteur a farfouillé un moment sur autre table, en nous tournant le dos, puis il est venu et m’a piqué une fois dans chaque cuisse. Ça m’a fait mal ! A la deuxième piqure, j’ai pleuré. Pourquoi il me faisait mal, celui-là ? Maman m’a pris dans les bras, m’a consolé et m’a fait des bisous, en me cajolant de sa voix douce. J’étais rassuré et je n’ai plus pleuré. Elle m’a remis dans la poussette. J’avais sommeil…

Il me tardait de retrouver mes doudous, mes amis de dodo. Dès notre retour à la maison, Maman m’a déposé dans le parc et je me suis assoupi tout de suite, c’était trop bon.

A mon réveil, j’avais bobo aux cuisses, ça me brûlait. J’avais sommeil encore, mais faim aussi. Je me sentais bizarre, pas vraiment bien.

Maman essaya de me rendormir. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Elle partit chercher un sirop trop bon, comme quand j’étais tout petit, à l’hôpital. C’était plus sucré que son lait. 

Quand elle a vu que ne pouvais toujours pas dormir, elle m’a fait à manger. Les légumes que j’aime bien, tout doux, bien tièdes (pomme de terre et courgette). Mais j’avais sommeil aussi, j’étais sur les nerfs. Je commençais à avoir moins mal aux cuisses. Les légumes étaient bons mais je pleurais de fatigue. Maman est venue avec moi dans le parc. Elle m’a parlé.

« Excuse-moi, Angelo, je ne t’ai pas expliqué ce qu’on t’a fait ce matin. J’ai oublié de le faire. On est allé chez le docteur pour te protéger des maladies. On a fait une piqûre pour dire à ton corps de se défendre contre les maladies graves que tu pourrais rencontrer. C’est comme si tu les avais mais en fait tu ne les as pas et ton corps est équipé pour lutter contre. Ça a un peu piqué, mais ce n’est pas grave. Tu vas être plus fort encore qu’avant, mon petit warrior. Et tu pourras toucher tous les animaux, les plantes et la terre, sans crainte… D’ici là, il faut te reposer car tu vas être un peu fatigué. Fais dodo. Ce matin, tu as manqué une sieste à cause du docteur. »

J’ai tourné la tête et j’ai fermé les yeux.

D’accord, c’était pour être plus fort qu’on s’était rendus chez Monsieur le docteur. Il fallait que j’aide mon corps à se battre et à fabriquer plein d’armes contre les méchantes maladies. Je m’endormis, en rêvant que j’étais un combattant avec une armure inviolable et une épée super puissante. J’allais devenir invulnérable…

Ce jour-là, j’étais très énervé, à cause du vaccin, mais pas seulement. J’étais aussi très excité !!! Maman m’expliqua que Charlotte, la femme de Sébastien, le neveu de Papa, allait avoir son bébé. Elle avait été présente au baptême, quelques jours plus tôt. J’allais avoir un cousin et je le sentais. J’étais connecté avec lui. Il n’avait pas trop envie de sortir lui non plus, il aurait bien attendu quelques jours de plus. Mais les médecins décidèrent que c’était mieux pour lui et sa maman… Ils déclenchèrent l’accouchement avec des produits… Et cela se passa plutôt bien. 

Jeudi 2 août : bain dans la grande baignoire

Aujourd’hui, je vais chez Nanou pour que Maman et Kolina puissent faire une belle balade à la mer.

Quand elle m’a récupéré en fin d’après-midi, on a fait un bain pas comme les autres jours. Au lieu de me mettre dans la petite baignoire, Maman m’a mis dans la toute grande et elle y est rentrée avec moi ! Elle me mit pour la première fois dans un grand anneau dans lequel j’étais assis. C’était rigolo, je pouvais battre l’eau avec les poings et j’avais de l’eau partout, jusqu’à dans la figure. Et je pouvais gesticuler des pieds sans aucune résistance ! Trop marrant !

Vendredi 3 août : encore un cauchemar

Maman m’expliqua qu’elle ne serait pas là ce week-end et que je resterais avec Papa. Elle devait partir travailler avec son amie Noémie. Vous vous souvenez ? Celle qui avait une chienne trop rigolote, prénommée Iska. J’avais trop envie de la toucher et de la caresser, à chaque fois que je la voyais, comme notre chat, Yuki. Nous étions déjà allé chez Noémie, avec Maman, il y a un mois. Les deux humaines avaient alors beaucoup travaillé tout le week-end pour avancer le site internet d’écrivain de Maman. Tout ça, je vous l’ai déjà raconté en détails…

Ce soir, Maman me rappela qu’elle retournait à Saillagouse le lendemain. Sans moi, cette fois-ci, car Papa était là et qu’il avait très envie de me garder. Et comme j’étais fatigué à cause des vaccins, c’était mieux que je reste tranquillement à la maison. Je sentis que Maman avait de la peine de me laisser, même si elle savait que Papa s’occuperait très bien de moi et qu’on serait super bien tous les deux, entre mecs ! Ce serait notre première nuit séparés, à Maman et moi, depuis mon débarquement, il y a plus d’un an de cela !

Au lieu de me mettre au lit après le biberon du soir et de travailler tranquillement à son bureau, Maman a voulu qu’on fasse quelque chose tous les trois. Elle m’a mis dans la poussette à 21h, nous sommes allés faire le tour de la Presqu’île. J’étais fatigué, mais tout ce qu’il y avait à regarder comme nouveautés me fit garder les yeux grands ouverts. Du coup, j’ai loupé mon premier train de sommeil… Quand on est rentré, j’étais éreinté de fatigue. Papa et Maman durent se relayer un long moment pour que j’arrive enfin m’endormir…

Mais soudain, dans mon premier sommeil, j’ai vécu des choses qui m’ont faites très peur, je ne sais pas exactement ce que c’était. J’avais juste un sentiment de terreur terrible. Je me suis réveillé de cet enfer en hurlant. Etait-ce en raison de l’annonce de son départ que j’avais fait ce rêve angoissant ? Maman m’a pris dans les bras, dans ma chambre et m’as serré fort contre elle, en chantonnant de sa voix douce et berçante. Petit à petit, mes pleurs perçants se sont calmés… Je hoquetais par salve, comme un écho à mes pleurs encore proches. Doucement, je me suis apaisé, rassuré. Maman put me remettre au lit et moi me rendormir paisiblement. 

Samedi 4 août : jamais sans ma maman

La nuit fut difficile… Il faisait plus de 30° dans ma chambre. J’avais chaud, malgré le ventilo. Puis soif. Puis caca. Puis trop frais. J’ai appelé mes parents plusieurs fois, après le cauchemar. Ils m’ont donné à boire. Une autre fois, Maman a changé ma couche. Une troisième fois, Papa m’a mis la turbulette, pour que j’aie une épaisseur, légère, sur le torse… Bref, je ne me suis pas beaucoup reposé et eux non plus. Je pensais à ce que Maman m’avait dit… Je devais l’avouer, sa tristesse me tourmentait un peu.

Au matin, je sonnais le clairon à 6h. J’avais faim et soif et, surtout, je voulais voir si Maman était encore là. Oui 🙂 Elle me prépara à manger, puis mit sa drôle de machine sur les seins. Papa me fit manger à la cuillère les abricots et la demie banane, que Maman venait d’écraser. Puis Maman me donna le biberon pendant que sa machine continuait sa mélodie routinière. 

Après, elle me mit au dodo dans le parc. Mais j’eus du mal à m’endormir tout de suite. Maman demanda à Papa de me changer. Ben oui, elle avait comprit ! Comment s’endormir avec une bouse collée au derrière ! J’aimerais vous y voir ! Une fois changé, Maman me refit le rituel du dodo. Puis elle continua à préparer ses bagages. Je n’étais pas dupe ! Je finis quand même par lâcher prise, j’étais KO de fatigue. Presque deux heures que j’étais réveillé… Une éternité pour un bébé comme moi !

Dans mon sommeil, je sentis que Maman quittait la maison et je me réveillais peu après son départ. Dans la journée, Papa était là tout le temps. Mais j’avais du mal à dormir sereinement dans le parc. Jusqu’à quand Maman resterait-elle absente ? Allais-je aller chez Nanou ? Ah ben non, Maman m’avait dit que je resterai avec Papa… Tant de questions dans ma petite tête de bébé… En plus, ce matin, j’avais senti Maman tendue et triste, encore plus que hier soir. Beaucoup plus stressée. Elle n’avait pas du tout envie de partir, c’était évident. Pour qu’elle prépare ses bagages au dernier moment, ce n’était pas son genre…

Toute la journée, j’ai beaucoup demandé à Papa d’être dans ses bras. J’avais besoin d’être près de lui, malgré la chaleur. Besoin d’être rassuré. On se mettait devant le ventilo à fond. C’était supportable, même si on suait tous les deux. Il faut dire qu’il faisait presque 40° à l’ombre dehors et qu’on n’avait pas la clim.

Maman et Papa se téléphonèrent souvent dans la journée. Maman raconta notamment sa matinée à Papa. Elle avait participé au salon du livre, à Prades. Mais depuis que j’étais née, elle avait moins le cœur à passer du temps à de telles manifestations littéraires, pour vendre ses livres. Elle préférait de loin être avec moi. Mais là, elle s’était engagée à y aller, c’était une découverte pour elle. Alors elle ne fit pas marche arrière, ce n’était pas son genre ! D’ailleurs si elle avait planifié de voir son amie Noémie précisément ce week-end, c’était parce qu’étant à Prades, elle était déjà à mi chemin pour se rendre à Saillagouse. Elle faisait, en quelque sorte, d’une pierre deux coups.

J’avais envie qu’elle revienne vite… Le soir, après le repas et le bain, avant de me coucher, ils s’appelèrent encore et Maman me parla dans la petite boîte noire de Papa : « Mon petit Angelo, fais vite dodo, car tu es fatigué. Maman va rentrer quand tu dormiras et demain quand tu te réveilleras, je serai là. » Mais comment ??? 

Rassuré d’avoir entendu sa voix, je parvins à m’endormir rapidement, bien qu’il fasse encore 32 ° dans ma chambre. 

Dans mon sommeil, je sentis sa présence. Elle me caressa les cuisses et le torse, doucement, comme elle faisait si souvent pour me calmer. Et elle me fit un gros bisou sur la joue. Je crus que c’était un rêve. Ensuite, elle me remit dans le bon sens dans le lit, cela ne lui plaisait pas trop que je sois en travers, car parfois je me coinçais les jambes entre deux barreaux.

Vers le matin, j’avais fait un caca et j’avais soif, j’ai appelé. Et le miracle arriva !!! Ce fut Maman qui rentra dans ma chambre, pour me changer et me donner à boire. Elle m’expliqua que la veille, elle avait oublié son chargeur d’ordinateur ! Sacré acte manqué ! Elle ne voulait décidément pas partir plus d’une journée ! Du coup, elle avait travaillé comme une acharnée toute l’après midi et jusqu’au soir avec Noémie. Et lorsque la batterie de son ordinateur avait crié famine (elle aussi !), il fut clair qu’elle ne pouvait pas continuer à travailler…

Elle me raconta, qu’alors qu’elle avait constaté cet oubli, elle avait d’abord été très en colère contre elle-même. Elle était très fatiguée et se voyait mal faire l’aller et retour (4 h de route) dans la soirée, alors qu’il était déjà 20h passé. Elle s’était alors assise dans le canapé de Noémie et avait commencé sa « traite » du soir, un peu désabusée. Même si elle était heureuse que son site avance, l’informatique, ce n’était pas du tout son truc… Elle en avait bavé toute l’après-midi. Pas du tout à cause de son amie Noémie, qui était une prof super, dotée d’une patience d’ange. Juste parce qu’elle trouvait tout long et compliqué et qu’elle préfèrait de loin les maths ! 

Assise dans le canapé, en cette fin de journée, elle avait regardé dehors. Son regard était tombé sur une statuette placée dans une alcôve qu’elle n’avait jamais vue avant, dans le mur de la maison en face. Le mur, l’alcôve et la statue étaient éclairés par une lumière de fin du jour, presqu’horizontale, chaude, très jaune, presqu’orangée. La statue représentait la vierge à l’enfant. Maman en eut les larmes aux yeux. Cette vision (bien réelle) était un signe. Elle devait retrouver son enfant, son fils, le fruit de ses entrailles. 

Je crois que quelqu’un, quelque part, a entendu mes prières !!! Du coup, Maman avait dormi tout près de moi. Pas de première nuit sans ma maman ! 🙂 <3

Dimanche 5 août : bain avec Maman, bis

On a refait un bain avec Maman, ensemble et dans la grande baignoire. Au bout d’un moment, Maman m’a sorti de mon anneau et m’a tenu dans l’eau, sur le dos, ma tête collée sur son ventre. J’étais bien, je flottais et pouvais bouger le dos, les fesses et les jambes comme je voulais ! Puis elle m’a mis sur le ventre, j’ai flotté un peu, mais j’avais surtout envie de pousser avec mes jambes au fond de la baignoire et de me mettre debout !!! C’était trop bien dans l’eau, c’était la liberté ! Je pouvais bouger encore plus que sur mon tapis ! Et Maman m’a tenu tout le temps pour que je n’aille pas boire la tasse ! J’adorais l’eau, je n’en avais pas peur du tout ! Souvent, je tapais avec les mains dans l’eau comme sur un tambour ! Et je m’éclaboussais alors évidemment copieusement ! J’avais de l’eau dans les yeux, dans la bouche, sur les joues. Ça me faisait rigoler comme un fou ! 🙂 

Lundi 6 aout : Mamma Mia en amoureux

Aujourd’hui, je n’arrêtais pas de prendre mes pieds dans les mains, en toute occasion, notamment pendant les repas. Maman me taquinait : « Je comprends mieux maintenant d’où vient la fameuse expression « prendre son pied » ! »

Ce soir, Maman m’a déposé chez la nounou en fin d’après-midi. Ce n’était pas habituel… Elle m’a expliqué qu’elle allait au cinéma avec Papa. Ils voulaient voire la suite de « Mamma Mia », qui venait de sortir. Je ne compris pas bien de quoi il s’agissait. Mais elle avait l’air trop contente. Et me promit qu’elle serait de retour très vite, pour mon dodo.

Quand elle est revenue me chercher, j’étais trop content, j’ai tendu les bras vers elle pour qu’elle me sorte du transat et me prenne dans les bras. Elle l’a fait de suite, alors qu’elle parlait avec Nanou. Je l’ai senti aussi pressée que moi qu’on se fasse un câlin. Dans la voiture, elle m’expliqua que le film l’avait beaucoup émue, qu’elle avait énormément pensé à moi et qu’elle avait même pleuré… 

C’était l’histoire d’une fille qui, alors qu’elle avait perdu sa maman, devenait mère à son tour. L’histoire de la vie… Nous étions en plein dedans, nous aussi, Maman, Papa et moi. Deux chansons touchèrent particulièrement Maman. Durant la chanson dans laquelle Donna, la mère de Sophie, l’attendait et la mettait au monde ( « I’ve been waiting for you », https://youtu.be/v9WGfVweWFo ), Maman a pensé très, très fort à moi, les larmes ont roulé sur son visage… 

Et puis, il y eut celle dans laquelle Sophie présentait son enfant, lors du baptême, et où sa mère lui apparut… (« My love, my life », https://youtu.be/Xk254EyXLYA) Le lien mère-enfant est le plus fort qui existe, il est indestructible, même au delà de la mort… Ce fut cette chanson que Maman choisit désormais pour me bercer. Elle chantonnait la mélodie, en boucle… J’adorais. Elle véhiculait tellement d’émotions… C’était comme une sorte de mantra qui renforçait chaque jour un peu plus notre lien, à Maman et moi. <3 <3

Mardi 7 aout : on a vu Edouard !

Super journée avec Nanou et ma chérie, Maëlys. Comme l’été Maman ne travaillait pas comme avant, je les voyais moins et Maman s’occupait plus de moi. Elle m’amenait chez Nanou quand elle voulait s’occuper de ses deux autres bébés et n’être qu’à eux. Avec moi dans ses « pattes », c’était compliqué !

Le soir, après le repas avec Papa, et quand Maman fut rentrée des écuries, on est allé voir bébé Edouard. Il y avait aussi Mamie Yvonne, tata Michelle, tonton Pierre et mes cousins que j’avais vu quelques jours plus tôt pour mon baptême ! Eric et sa femme, Sophie. Sébastien, sa femme, Charlotte, leur grande fille, Jeanne, et leur petit bébé, Edouard. C’était dans une maison pas loin de la nôtre. Comme il y avait un gros orage, on y est allé en voiture et Maman m’avait habillé avec une salopette, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Il ne faisait que 18° ! Le pôle Nord, par rapport à la canicule de ces derniers jours !

Mes parents ont été émus de voir ce petit garçon, qui les a replongés plus de six mois en arrière… Edouard pesait 3,200 kg à la naissance. Il est tout fin, avec de longs doigts, de grands pieds.. Comme moi, quand j’ai débarqué. Par contre, il avait plein de cheveux tout noir ! Rien à voir avec moi qui ait toujours, presque 7 mois plus tard, qu’un tout petit duvet clair sur le crâne. En vérité, l’explication était que mes neurones utilisaient toute l’énergie qui allait dans ma tête ! Il n’en restait plus pour les cheveux !!! Hahaha ! 

Il y avait Jeanne, aussi, la grande soeur d ‘Edouard. Elle avait le même âge que Maëlys et voulait jouer avec moi. Moi, je m’intéressais plus à elle qu’à ce petit bébé qui dormait. Edouard était encore très souvent dans l’autre monde, celui dont je me détachais de plus en plus, même si je dormais encore beaucoup. Le monde des songes, des elfes et des fées… Désormais, j’avais aussi besoin d’action, de vrais visages, de sons, de rires ! Qu’on me parle, qu’on danse et et qu’on chante pour et avec moi. Jeanne était dans la même dynamique, notre curiosité d’enfant nous attirait l’un vers l’autre…

Mercredi 8 août : naissance de Victor

J’étais énervé aujourd’hui, comme mercredi dernier. Maman m’a expliqué que son amie Séverine allait accoucher aujourd’hui. Je l’avais vu, plus de deux semaines plus tôt, dans la maternité où je suis né. J’avais touché son ventre et senti qu’il y avait un autre bébé là-dedans… Mais ça, je vous l’ai déjà raconté !

Sa naissance s’avérait compliquée, car il ne devait arriver normalement que dans un mois… Les médecins avaient pris la décision de déclencher l’accouchement de force, du moins artificiellement, car sa maman, Séverine, et lui étaient en danger. Mais Victor ne voulait pas sortir si tôt… Du coup, ils allaient ouvrir le ventre de sa maman comme ils avaient fait avec la mienne… Pas le choix ! Maman pensait à eux avec beaucoup d’émotion, je le sentais… Et moi aussi, j’étais touché. Cela nous rappelait notre propre histoire… Avec des différences, bien sûr.

Mais 08. 08. 18, c’était une belle date de naissance quand même ! Et sa maman était contente, car, du coup, ce serait un Lion. Grrrrrrr !!!!

Jeudi 9 août : Maman déprime…

Maman eut enfin des nouvelles de son amie Séverine. Elle avait bien eu une césarienne et souffrait beaucoup. Par contre sa tension, qui était beaucoup trop haute ces derniers temps et était la cause du déclenchement, avait rebaissé d’un coup ! Plus aucun symptôme ! Victor ne faisait que 2,2 kg, du coup, et avait du mal à boire son biberon. Il fallait le solliciter et lui donner toutes les deux heures. Maman demanda à Séverine si elle ne souhaitait pas l’allaiter ou si c’était du lait maternel dans le biberon. Non, elle ne souhaitait pas allaiter et le lait, c’était pour prématuré, on n’en sut pas plus… Maman lui conseilla de le garder le plus possible contre elle, sa chaleur, son odeur, car il en avait besoin… Je me souvenais très bien de mes premiers jours. J’étais toujours dans les bras de Maman, jour et nuit, je me sentais en sécurité, c’était bien… J’espérais que Victor se sentirait bien aussi très vite, qu’il oublierait son arrivée trop précoce et serait heureux de sa nouvelle vie, avec ses parents et sa grande sœur, Ambre, qui l’aimaient… Je pensais intensément à lui, comme Maman… Et à ses parents qui passaient un moment difficile. « Allez Victor, tu vas être un combattant, toi aussi ! »

J’ai passé une super journée avec Laëticia et Maëlys. Maman m’a amené le matin et récupéré le soir. Mais ce soir là, Maman n’allait pas bien, je ne savais pas vraiment pourquoi… Je la sentais très triste, las, épuisée. Cela me stressait. Elle ne s’occupait pas de moi avec la même bonne humeur et la même patience que quand elle allait bien. Je me demandais si elle m’aimais toujours autant… 

En réalité, je sentais que ces deux naissances rapprochées autour d’elle la chamboulait… Elle était allée m’acheter un grand tapis de jeux et des jouets pour grand (avec paroles, musique et lumière) à Aubert aujourd’hui. Ce soir, elle me raconta que de voir, en rayon, tous ces objets liés à la naissance l’avait complètement bouleversée. Une partie d’elle était triste, car je grandissais et que je n’étais plus ce petit bébé, ce petit bout d’elle-même. Elle avait une certaine nostalgie du temps où j’étais dans son ventre, rien qu’à elle. Puis des premiers mois, au cours desquels elle m’était totalement indispensable. Personne ne pouvait alors faire pour moi ce qu’elle faisait. <3

Maintenant, c’était différent. Elle avait l’impression que j’étais plus autonome. Je ne tétais plus du tout depuis plus de deux semaines. Je mangeais de plus en plus de fruits et de légumes. Je voulais être assis, et j’avais même super envie d’être debout !!! J’étais désormais davantage un petit garçon qu’un bébé… Pourtant, qu’est-ce que j’avais encore besoin de ma maman d’amour <3. Personne ne pourrait la remplacer.

Après le passage de mamie Yvonne, que j’adore et qui venait, depuis peu, me voir à la maison chaque soir, mes parents m’ont couché. Je me suis endormi rapidement, mais j’ai fait un cauchemar. Papa et Maman ont accouru en entendant mes cris déchirants. Ils pensaient que j’avais mal quelque part. « Non, Maman, j’ai mal au cœur, comme toi. J’ai besoin d’un gros câlin dans tes bras. Car je suis encore ton petit bébé à toi. » Maman m’a bercé, tout contre elle, en me chuchotant des mots doux et en me faisant plein de bisous. Petit à petit, les images horribles de mon cauchemar se sont effacées dans ma tête. Dans ce rêve, Maman était partie. Elle avait un gros ventre et s’occupait d’un autre bébé qui allait arriver… Mais moi, je ne voulais pas donner ma maman à un autre bébé ! Car c’était moi son bébé ! Et j’ai trop besoin d’elle, de son attention complète, de ses bisous, de ses bras, de ses câlins… 

Papa s’occupait trop bien de moi aussi. Il m’adorait. Souvent, quand Maman n’arrivait pas à me faire dormir, c’est lui qui m’endormait en me berçant. Mais ce soir, c’était différent. J’avais besoin de Maman et elle avait besoin de son petit bébé d’amour. Petit à petit, je ne pleurai plus, mon esprit s’apaisa et le sommeil m’appela de nouveau… J’avais le regard fixe, dans le vague. Maman continua à me bercer en me chuchotant qu’elle était là et qu’elle serait toujours là pour moi. Qu’elle m’aimait plus que tout. Mes yeux se fermaient par intermittence. Un bien-être voluptueux m’envahit. Maman me posa délicatement au milieu de tous mes peluches… Et je quittai le monde de l’éveil pour de bon.

Vendredi 10 août : deux nounous pour le prix d’une

Maman allait mieux et moi aussi. Aujourd’hui, on est resté beaucoup tous les deux. Elle m’amena chez une de ses élèves, Loreena. Maman s’occupa d’elle pendant que ses parents s’occupèrent de moi. Ils étaient vraiment super gentils. Je sentais qu’ils étaient habitués aux bébés. Maman m’expliqua que le Papa de Loreena avait un petit-fils, Gabin, de 2 ans et demi, dont il s’occupait beaucoup. Il savait comment nous faire rire, nous distraire, jouer avec nous, etc. La Maman de Loreena était top aussi : douce, bienveillante, inventive. Il y avait une très belle ambiance et une bonne énergie chez eux, je me sentais bien, en sécurité. Maman n’était pas loin, j’entendais sa voix dans une autre pièce. Elle parlait avec Loreena…

Mamie Yvonne et Tatie Michelle sont passées comme tous les soirs. On est allé dehors avec Papa et elles. Maman revenait à peine du travail et avait encore ds choses à faire l à son bureau. Mais quand elles sont partis, c’est Maman qui m’a couché quand même :-). Aujourd’hui, elle m’avait trouvé un nouveau surnom : j’étais son petit « Chupa-chups » ! Trop mimi <3 <3

Samedi 11 aout : premier bain à la mer !

Super journée avec Papa et Maman. Maman était super zen, de bonne humeur et attentionnée avec moi. Papa avait fait le maximum pour l’aider, ces derniers jours, car il savait qu’elle était épuisée 

Il faut dire que je l’occupais pas mal. Ou plutôt qu’elle s’occupait pas mal de moi ! La nuit, elle se reposait, désormais, mais le jour, elle s’affairait presque plus que lorsque j’étais nourrisson et qu’elle m’allaitait encore toutes les trois heures ! 

Le matin, c’était elle qui me préparait mon petit déjeuner, car Papa, devait s’occuper de lui pour aller travailler. Au menu : fruits écrasés à la fourchette (pêche, abricot, banane, poire, melon…, c’était varié). Elle me donnait cette purée-compote, cuillère par cuillère, ce qui prenait une bonne demi-heure. J’étais un morfal, j’avalais de grosses bouchées et la quantité totale n’était pas négligeable. Trois abricots et une demie banane, par exemple. Ou une poire et un pêche… Ensuite, Maman me faisait chauffer le biberon et me le donnait en essayant de déjeuner elle-même. Car sa production laitière l’affamait dès le matin ! Une fois que j’avais descendue mon biberon (ou parfois déjà en me le donnant), elle commençait sa première « traite », tant que j’étais encore dans la chaise et bien réveillé.

Je jouais avec ma cuillère. Je la mastiquais, ça me faisait du bien aux gencives qui travaillaient ! 

Mais souvent, j’avais un coup de fatigue et je me mettais à geindre pour sortir de la chaise. Maman devait alors se débrancher. Parfois, j’avais envie de jouer un peu sur le tapis d’éveil. Elle m’installait dans la cuisine et me surveillait, après s’être rebranchée à sa machine infernale. D’autre fois, j’étais déjà mûre pour le dodo. Elle me posait dans le parc, avec tous mes doudous et ma suçu qui me relaxait et me permettait tout doucement de perdre pied. Cependant, bien souvent, la suçu me sortait inopinément de la bouche, et du coup je me mettais à râler… Cette perte, indépendante de ma volonté, venait interrompe mon sacro-saint rituel d’endormissement ! Maman devait se débrancher de nouveau et venir me la remettre dans la bouche. Une fois, deux fois, parfois même une demi-douzaine de fois, la pauvre… Pour le moment, une fois que je l’avais perdue, j’étais incapable de la retrouver et de me la remettre tout seul dans le bec !

Quand je dormais enfin, elle finissait sa traite, nettoyait la cuisine, étendait une machine de linge, faisait la vaisselle, rangeait le linge propre, faisait en sorte que ma chambre soit toujours impeccable et allait, finalement, se doucher. Ce n’était que le début du marathon quotidien. 

En général, à peine sortait-elle un pied de la baignoire, que je me réveillais de ma première sieste et étais de nouveau frais et dispo pour jouer. Mais avant, comme j’avais fait mon deuxième ou troisième caca du matin, elle devait me changer. Eh oui !, les fruits et les légumes, c’était plein de fibres ! 

Elle jouait alors avec moi. Elle me faisait m’asseoir, me retenait si je tombais, me faisait la chatouille ou plein de grimaces pour que je ris aux éclats, me montrait de nouveaux jouets, etc.

Elle faisait très attention à ce que je ne me fasse pas mal, en sortant tout seul du tapis d’éveil, par exemple. Quand j’étais assis, ma grosse tête étant irrésistiblement attirée par le sol. Vive la gravité ! Si jamais je tombais la tête la première sur le carrelage, je me ferais très mal…

Parfois, c’était à ce moment-là que Maman m’amenait dans le jardin pour arroser. Elle tenait son gros bébé dans un bras et le tuyau dans l’autre main. J’adorais les plantes, leur odeur, leur texture, leur fraîcheur. Maman me laissait toucher la vigne, le figuier et le noyer. J’aurais adoré, aussi, tripoter les framboisiers dont le feuillage et les fruits étaient abondants. Mais elle ne voulait pas. Elle m’expliqua que je me ferais mal, à cause des épines… Pourquoi les plantes avaient-elles donc des épines ??? J’aimais le jet d’eau aussi, qui donnait à boire aux plantes. Parfois, Maman me mouillait les pieds ou les mains avec. Comme il faisait chaud, ça me plaisait beaucoup, c’était super rafraîchissant.

Au bout d’une heure de jeux, de sport très intense, d’apprentissages en tout genre, surtout moteurs, j’étais de nouveau très fatigué ! Je me frottais les yeux et « raillouillais » (expression de Nanou, qui veut dire râler, pour un bébé) de nouveau. C’était l’heure de ma deuxième sieste. Maman préparait alors souvent des petits pots pour moi. Elle coupait des fruits ou des légumes et les faisait cuire dans le baby-cook. Puis, elle les mixait (quand j’étais réveillé) pour me faire de délicieuses compotes et purées, qu’elle mettait alors en pots au congélateur et ressortait, au fur et à mesure de mes besoins, un peu chaque jour.

Ensuite, je me réveillais de nouveau, j’avais très faim ! Elle me faisait chauffer ma purée de légumes (tomate, carotte, courgette, ou pomme de terre, c’était varié) et c’était reparti pour une bonne heure de repas !

Une fois la purée terminée, j’avais droit à un bon bibi.

Une fois le ventre bien plein, je jouais un peu, jusqu’à être complètement cuit et redemander à dormir. C’est alors que Maman commençait sa deuxième « traite » du jour, souvent à son bureau, pour avancer dans ses papiers ou sur son ordi. Elle ne s’arrêtait jamais, Maman ! 

Quand je me réveillais, en milieu d’après midi, j’avais de nouveau besoin de m’activer, et envie d’apprendre. Parfois Maman me faisait faire l’avion, c’était trop drôle. Couchée sur le dos, elle me portait sur ses bras et ses pieds, et moi, je volais ! Ça me faisait trop rire ! Angelo Planas, le petit ange qui planait !

Aujourd’hui, Maman fit de la gym avec moi ! Je l’avais souvent vu faire des abdos chez le kiné. Elle m’avait amené avec elle, des semaines durant, quand j’étais plus petit. Je l’observais, alors, depuis mon transat et, parfois, je finissais par m’endormir, en suivant ses mouvements répétitifs ! Mais là, elle les fit avec moi ! Elle m’assit sur son bassin, en étant sur le dos, et me fit monter et descendre au rythme de ses exercices pour abdos… Là aussi, j’étais mort de rire ! Je tenais très fort ses pouces avec mes poings, pour ne pas glisser et tomber de là-haut ! A un autre moment, elle me mit sur le dos sur le tapis de yoga et fit le chat ! Dos en boule, tête et fesses rentrées, abdos contractés. Puis tête et fesses levées, dos cambré, abdos détendus au maximum. A chacun de ses mouvements, j’éclatais de rire. Elle comptait : « Et un ! Et deux ! Et trois… » jusqu’à 40 pour chaque exercice ! Et elle me dit, en plaisant : « Tu vas savoir compter très vite, mon petit Angelo, en faisant du sport avec Maman ! » Au cours des exercices, elle faisait aussi du gainage, elle tendait alors très fort les bras et tout le corps. Et moi, je l’imitais ! Je tendais mes bras contre mon corps en serrant les poings et en tendant les jambes. A son tour, elle éclatait de rire, quand elle se rendait compte que je faisais comme elle ! « Bientôt, tu feras de la gym pour de vrai, avec Maman, mon Titou ! »

Puis, c’était l’heure du goûter. Comme le matin : fruits en compote maison et biberon de lait de Maman.

Souvent Maman en profitait pour refaire une « traite ». Mais c’était seulement les jours où elle ne m’amenait pas en expédition à la pharmacie ou à un autre rendez-vous à l’extérieur, dès la dernière goutte de bibi engloutie.

Moi, je préférais quand elle était tranquille et qu’on pouvait rester à la maison toute le journée, rien que tous les deux !

Bientôt, j’avais à nouveau sommeil et je me rendormais. C’était à peu près à ce moment-là que Papa rentrait. Maman pouvait enfin faire des choses qui ne nécessitaient pas d’avoir un œil sur moi. Mais elle partait rarement et surtout pas très longtemps. Le soir, elle aimait me coucher et essayait, le plus souvent possible, d’être là. Une fois que j’étais au lit, elle faisait une dernière « traite » avant d’aller dormir, elle aussi, avec Papa…

Bref, je comprenais parfaitement qu’elle soit, parfois, fatiguée. Surtout les jours où elle avait des contraintes extérieures, avec des horaires, et qu’elle devait m’amener avec elle. C’était, à chaque fois, tout un déménagement. Elle devait anticiper. Et si j’avais soif ? Et si j’avais faim ? Et si je faisais caca ? Et si je régurgitais et en mettais partout ? Et si je voulais jouer ? Et si j’avais besoin de dormir ? Et si elle avait besoin d’avoir les mains libres et, par conséquent, devait me mettre la poussette ? Je crois qu’on lui a greffé, dans le cerveau, un ordinateur tout exprès pour moi, le jour de ma naissance ! C’était ça, la fameuse « charge mentale de la mère de famille » !

Revenons-en à ce fameux samedi !

Aujourd’hui, on est retourné à la mer tous les trois, après mon goûter. En poussette.

Comme le soleil tapait encore fort, en cette fin de journée, Maman m’enduisit de toute part de crème solaire, avant de partir. Quand le produit faisait « pchitt » et arrivait sur ma peau, je frissonnais tant la sensation était étrange. Ensuite, casquette, lunettes de soleil et capote de la poussette baissée pour que je ne sois pas trop exposé aux rayons brûlants. J’avais encore la peau opaline, comme le lait que je buvais à tous mes repas…

Une fois à la plage, Maman m’amena dans l’eau et me trempa les pieds.

Les vagues faisaient beaucoup de bruit et l’eau fraîche déboulait brusquement sur mes jambes nues. J’avais peur, comme la dernière fois. J’ai fait mon « boutête » et Maman a tout de suite compris. Papa lui conseilla d’aller un peu plus loin, là où l’eau était plus calme, moins bruyante, moins agitée. Maman s’y rendit, par la plage. J’étais blotti dans ses bras, en sécurité et je n’avais pas du tout envie d’en bouger !

Une fois arrivée à bon port, elle rentra dans l’eau jusqu’au genoux. Il y avait moins de bruit et de vagues, elle en profita pour me tremper les pieds. C’était agréable en fait, l’eau était presque aussi chaude que celle de mon bain, ces temps-ci. Je me détendis. Maman me tenait fermement le buste, pendant que Papa prenait des photos. Elle me trempa jusqu’à la taille, j’agitais les jambes comme dans le bain, c’était rigolo, je pouvais bouger à mon aise.

Ensuite elle me mit aussi un peu les mains et les bras dans l’eau, en me tenant toujours bien le poitrail. A un moment donné, une vague est arrivée, sans crier garde, et j’ai eu de l’eau dans la bouche. Je l’ai recrachée sur le champ ! Même pas peur ! Je gigotais dans cette baignoire infinie, trop heureux de cette nouvelle liberté. 

Il y a deux jours, Maman avait acheté une bouée exprès pour bébé. Elle voulait l’essayer. Vu mon changement d’attitude face à l’eau, elle dit à Papa « Il est prêt ! ». Papa avait dû la gonfler à la maison, avec une machine exprès. C’était beaucoup trop dur avec la bouche. Pas très malins les fabricants, quand même ! Ils la mirent dans l’eau et m’assirent dedans. Il y avait deux trous pour passer les jambes. Maman l’appela le  « youpala de la mer ».

J’eus soudain de l’eau jusqu’au ventre. C’était bizarre, je pouvais gigoter des jambes sans que Maman me tienne. Je n’étais pas rassuré. Plutôt surpris d’expérimenter ces nouvelles sensations.

Papa et Maman restèrent tout à côté de moi, surtout Maman qui me touchait pour me rassurer. Que d’émotions ! C’était bien.

Mais mon tee-shirt était mouillé et je commençais à avoir froid. Mes parents m’ont alors sorti rapidement, séché et on a repris le chemin de la maison.

Bien au chaud dans la poussette, je planais à moitié, me remémorant ces nouvelles sensations. C’était vraiment inédit d’être ainsi à la fois sur et dans l’eau, flottant au dessus des vagues sans qu’elles puissent atteindre mon visage. La prochaine fois, je serai moins surpris et je penserai à sourire sur les photos !

En rentrant, Maman dut partir aux écuries. Kolina boitait depuis la veille, elle devait aller voir ce qu’il se passait et la soigner. C’était étrange, elle se mettait à boiter durant la semaine au cours de laquelle Maman avait connu une grosse baisse d’énergie dans tous les domaines. Ne souffriraient-elle pas du même mal ? Jeudi, Maman était allée la voir, en se forçant, pendant que j’étais chez Nanou et Maëlys. Elle tenait à en profiter… Mais elle était épuisée physiquement, nerveusement, moralement. Avait-elle transmis cette fatigue à son âme sœur ? Ou avait-elle rechargé ses batteries auprès de sa jument au détriment de cette dernière ? Mystère… Rien ne m’étonnait de la part de ces deux là. Même si j’avais vu Kolina moins souvent que Duende, depuis ma naissance, je la connaissais bien. Maman allait souvent lui parler de moi, quand j’étais encore dans son ventre. J’étais là, j’entendais et je sentais tout. Notamment les réactions et les réponses de Kolina… Je vous en reparlerai, promis :-).

Compétences

Posté le

20 juillet 2019

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