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JOURNAL DE BORD D’UN PETIT ANGE tombé sur Terre -4-

EPISODE 4 : MON 4ème MOIS

-je pèse 6,99kg, je mesure 59,5 cm et ma tête fait 43 cm à l’équateur-

Mercredi 11 avril 2018 au soir, j’ai eu exactement 3 mois.

1ère semaine du 4ème mois : du 9 au 15 avril 2018

Jeudi 12 avril 

Nous avons eu rendez-vous chez la pédiatre pour mes trois mois. Je régurgitais beaucoup après les biberons, mais cela ne tracassait pas Maman. Tous les bébés régurgitent… C’était plutôt le fait que je tousse souvent qui l’inquiétait. Elle demanda à la pédiatre quelle pouvait en être la cause. Pour elle, c’était lié à ma régurgitation. Elle me prescrivit directement du Gaviscon, sans plus de questions, ni préavis. Cela fit enrager Maman ! Elle voulait une explication, pas un pansement ! Je savais très bien qu’elle ne me donnerait jamais ces cochonneries chimiques. Elle demanderait de l’aide et des renseignements ailleurs. 

Parce que Maman, les produits chimiques, ce n’était pas trop son truc. J’en avais déjà reçu plus que ma dose depuis ma naissance. Alors que pendant la grossesse, Maman avait fait très attention à tout : elle avait mangé bio, pas bu une goutte d’alcool, très peu de thé, elle qui en buvait des litres, et pas pris un seul médicament. Pourtant, entre les remontées acides, le mal de dos, les contractures, le sommeil difficile, et j’en passe, elle aurait pu prendre bien des médicaments. Non, rien ! Même pas un doliprane. Elle avait attendu que son corps trouve des solutions tout seul et avait aussi suivi à la lettre les recommandations du gynéco et de la sage-femme en terme d’hygiène de vie. En dernier recours, elle avait pris de l’homéopathie. 

Pour en revenir à la pédiatre, elle n’en savait pas plus sur les vaccins… Maman resta donc sur sa position : attendre que je sois plus grand pour m’injecter ces nouvelles « cochonneries obligatoires ».

Le soir, Maman me fit un massage après le bain. Je commençais à m’habituer à être malaxé, tout nu, comme une miche de pain qu’on pétrit ! Du coup, j’ai bien plus apprécié ce petit moment de détente que la première fois. Comme Maman me massait à l’huile d’olive (vierge, bio, première pression à froid, le top du top, un cadeau de Grand-Pa !), elle rigolait et me disait que je sentais aussi bon qu’une pizza italienne qui sortait du four !

Ce soir, justement, Oma et Gran-Pa débarquèrent à la maison, car Papa repartit de nouveau en régate pour quelques jours…

Vendredi 13 avril

Le matin, Maman me fit garder par mes grands-parents et partit faire une belle balade à la mer avec Kolina. Elles trottèrent et galopèrent comme dans le temps. Un immense bonheur partagé. <3 <3

Samedi 14 avril 

Maman me laissa toute le journée avec mes grand-parents. Le samedi, pour elle, c’était grosse journée de travail. Le soir, nous sommes allés nous balader tous les quatre au Barcarès. Maman m’a mis dans l’écharpe de portage offerte par Oma ; j’étais bien, au chaud. L’écharpe était plus confortable que le porte bébé rigide qu’on avait testé sans succès à la maison. Nous avons fait des photos-souvenirs devant la mer. C’était la première fois que je voyais la mer de si près, et si consciemment. De l’eau aussi grande et bleue que le ciel… 

Dimanche 15 avril

Matinée très spéciale ! Accompagnée d’Oma et de Grand-Pa, Maman m’a amené dans une grande salle totalement insolite. Immense, avec un bruit intense, tel que je n’en avais jamais entendu auparavant… Et avec une voûte qui ressemblait à l’arche de Noé ! A ma grande surprise, nous y avons retrouvé Graziella, ma marraine ! 

La gaité de cette musique m’attirait, mais sa puissance m’effrayait… Oma et Grand-Pa avaient l’air aussi très surpris ! Je sentis que Maman craignait de blesser mes petites oreilles sensibles… Du coup, elle m’amena dans une salle où se trouvaient déjà d’autres enfants. Maman m’expliqua que c’était la garderie, pour les petits qui trouvaient la musique trop forte. Plusieurs fois, quand la musique s’arrêtait ou devenait plus douce, Maman me ramenait un moment dans la grande salle, dans ce monde des grands si étrange…

Elle venait alors à côté de Grazie, qui était accompagnée de sa sœur, Stella. Les parents de Maman étaient juste derrière nous. Je ne comprenais pas trop ce que nous faisions là, mais j’étais heureux :-). Je percevais une super énergie, comme nulle part ailleurs, une énergie positive, créée par toutes ces personnes réunies. Je sentais qu’il existait entre elles une véritable harmonie et qu’elles étaient à la recherche de la même chose, bien que je ne sache pas exactement quoi… Je ressentais juste une connexion avec l’autre monde, une très belle connexion. C’était si rare depuis que j’avais débarqué sur Terre…

Lors des chants finaux, Grazie me prit dans les bras et dansa avec moi. J’adorai ça ! Maman avait essayé de me bercer en musique quelques chansons plus tôt. Comme elle avait vu que je ne m’énervais pas à cause du bruit et, qu’au contraire, j’aimais ça, elle était restée dans la salle des grands avec moi.

A la fin de ce culte évangélique très original, Maman alla voir un monsieur, le pasteur. Elle parla un long moment avec lui, notamment de son souhait à mon sujet : pouvoir faire ma « présentation » ici. Voici comment fut fixée la date de mon futur « pseudo baptème », le 29 juillet, dans plus de trois mois. 

Maman m’expliqua qu’elle souhaitait réunir la famille en mon honneur et surtout donner à cette journée une dimension spirituelle. Comme elle n’était, elle-même, rattachée à aucune religion, elle ne souhaitait vraiment pas m’enfermer dans l’une d’entre elles par un baptême officiel. Comme elle avait été élevée dans le protestantisme, elle avait choisi pour moi un parrain et une marraine sensibilisés à cette confession, mais absolument pas cantonnés dans des dogmes. Parrain était protestant par éducation, son beau-père était pasteur ! Mais il était ouvert à d’autres croyances et modes de pensées, telles que le Bouddhisme, par exemple, comme Maman. Quant à Graziella, elle était protestante, elle aussi, très attachée au Christ. C’était par elle que Maman avait entendu parler du CRC (Centre Régional Chrétien) et de la possibilité d’y faire ma « présentation au Seigneur ». Présentation qui n’était pas un baptême, mais qui pouvait être, ou non, confirmé plus tard par un « vrai » baptême. Lorsque je serai en âge de comprendre et de choisir…

L’après-midi, Maman retrouva son choupinou Duendinou et alla faire une balade avec lui, presque jusqu’à la mer, comme deux jours plus tôt avec Kolina. Elle me raconta plus tard qu’ils passèrent un super moment. Duende était top maintenant en balade. Il s’arrêtait beaucoup moins, pour scruter l’horizon ou écouter des bruits suspects, qu’il ne le faisait encore avant ma naissance. Comme le bon vin, il mûrissait et se bonifiait tout seul, avec le temps… <3

Semaine du 16 au 22 avril 2018

Mardi 17 avril

Maman est retournée voir Clarisse avec moi. Au début, comme l’autre fois, je voulais être le centre du monde. J’essayais de discuter pour qu’elle s’occupent de moi. Mais j’avais aussi un peu sommeil. Maman parvint à me convaincre de lâcher prise et de me laisser aller dans les bras de Morphée. Je me sentais bien dans cette pièce, comme la première fois. Comme au culte dimanche, aussi, mais en plus calme. Je percevais une énergie saine et sereine, comme celle que dégageait Clarisse. Elle parlèrent longtemps, plus de deux heures, je crois… Je ne suivis pas trop, du coup !

Puis Maman me déposé chez Nanou pour retrouver Kolina. Elles repartirent à la mer, leur balade préférée. Au retour, il faisait tellement bon et chaud que la grande princesse eut droit à sa première douche de l’année !

Le soir on est allé à la plage avec Papa et Maman. J’étais de nouveau collé à ma petite maman, dans l’écharpe de portage. Et Papa était tout heureux d’être de nouveau là, avec nous. La voile, c’était sa passion à lui et il se régalait à chacune de ses régates. Il m’amenait souvent en bord de mer, en poussette, le soir. Mais là, on était enfin tous les trois. <3 <3 <3 Grand-Pa et Oma étaient repartis hier matin.

Mercredi 18 avril

Journée chez Nanou car Maman travaillait non stop. C’était top aussi, chez Nanou, elle s’occupait super bien de moi. J’adorais mes longues siestes dans son transat, aussi confortable que celui de la maison.

Le soir, Nathalie, une amie de Maman, qui était déjà venue me voir à la maison, après mon séjour à l’hôpital et avant que Maman ne retravaille, est passée avec sa fille, Déborah. Elle semblait complètement accro à moi, ce qui m’amusa beaucoup ! Peut-être était-ce parce qu’elle avait deux filles, deux brunes à la peau mate et aux yeux noirs… Sacré contraste avec le chérubin que j’étais, blond aux yeux bleus et à la peau si claire. Et puis, elle me trouvait beau et souriant, comme un petit ange :-). Comme c’était l’heure du bain, elles y ont assisté ! J’étais en forme et je « trapitgeais », comme d’habitude, dans ma petite baignoire, semblable à un gros coquillage nacré.

Jeudi 19 avril

Maman me raconta que Lou, la fille de Clarisse, était venue voir Duende et qu’elle s’étaient régalées toutes les deux. Elle cherchait une autre approche du cheval, un abord prenant en compte son individualité et permettant de d’établir un lien affectif avec lui. Exactement la relation que Maman avait avec ses deux autres amours, ses gros bébés poilus <3 <3. 

Après leur séance, Maman avait ramené Lou et était entrée chez Clarisse. Elle avait trouvé l’ambiance aussi agréable que dans son cabinet. Il y avait une magnifique armoire en bois exotique, sertie de gros clous noirs, dans l’entrée. Le style de meubles que Maman adorait : à la fois oriental et rustique. Et sur la table de la cuisine trônait une énorme statue de Bouddha (qui me ressemblait, parait-il !).

Samedi 21 avril

On est allé voir Duende avec Papa et Maman. Maman y tenait beaucoup car Duendinou, c’était mon cheval à moi, pour plus tard ! Elle souhaitait qu’on se connaisse le plus tôt et le mieux possible ! Maman montait Duende avec un tapis, Papa poussait la poussette et moi je les regardais, assis tranquillement dans mon cosy. Duende marchait juste à côté de moi, sa tête souvent tout près de la mienne. Un super chouette moment tous les trois.

Dimanche 22 avril

Avec les vacances scolaires, Maman avait moins de travail. Et comme il faisait très beau, on a bien profité de cette journée. Le matin, Maman repartit voir Kolina et l’a « travaillée » en carrière, comme avant. Il fallait que toutes les deux se remettent en forme ! Douche de nouveau pour la grande princesse ! Rien de tel qu’un nouveau bon décrassage, après un long hiver…

Le soir, avec Papa et Maman, nous sommes repartis faire une grande balade. Ils me remirent dans la poussette, car avec mon poids conséquent (presque 8 kg !), Maman avait de plus en plus de contractures quand elle me portait avec avec l’écharpe. Belle balade, bien que mes parents se fassent un peu de souci car je toussais souvent…

semaine du 23 au 29 avril 2018

Lundi 23 avril

Comme je toussais toujours beaucoup, Maman prit rendez-vous chez le docteur. C’est Papa qui m’y amena après m’avoir récupéré chez Nanou, en rentrant de son travail. Maman nous rejoignit avant que monsieur le docteur soit venu nous chercher.

Il diagnostiqua une bronchite de printemps, asthmatiforme. En hiver, on aurait appelé ça une bronchiolite… Et me prescrivit de la ventoline, ce que Maman désapprouva complètement ! Elle m’expliqua pourquoi, un peu plus tard. Elle, qui avait été très asthmatique, n’avait jamais pris ni bronchodilatateur, ni aucun corticoïde. Ces molécules qui, certes, sauvaient des vies, dans des pathologies aigües graves, s’avéraient extrêmement nocives lors d’une utilisation régulière pour des affections plus bénignes ou chroniques. Elles modifiaient le métabolisme des cellules et induisaient, à la longue, d’énormes perturbations dans l’organisme. Alors, pour un tout petit comme moi, ce n’était vraiment pas recommandé…

Du coup, Maman et Papa décidèrent de m’en donner au maximum une fois par jour, en début de nuit, si j’avais vraiment de grosses difficultés à respirer. Mais pas systématiquement.

D’où venait cette toux ? Est-ce que j’avais pris froid ? Comme il faisait beau ces derniers temps, on m’avait souvent dévêtu. Parfois il y avait du vent… Quoi qu’il en soit, je me réveillais beaucoup la nuit en toussant, du coup je réveillais mes parents et ça nous fatiguait beaucoup tous les trois…

Mardi 24 avril

Ce matin, Maman m’a mis dans la voiture très, très tôt. A peine le temps de prendre ma tétée du matin ! On est allé chez Duende. Un monsieur s’est occupé de lui et plus exactement de ses pieds ! Maman m’expliqua qu’il faisait une « mani-pédicure » à Duende ! C’était comme quand elle me coupait les ongles, des mains et des pieds, pour ne pas que je me griffe ou qu’ils cassent tout seul. Duende avait donc des ongles ? Pourtant, il n’avait pas de doigts, comme moi, comme nous… Maman poursuivit son explication : ses ongles, en fait, c’étaient ses sabots. Ah… ? Etrange… Mais si Maman le disait, ça devait être vrai ! 

Après Duende, ce fut au tour de Kolina, qui était dans l’autre écurie… Au début, Maman me laissa dans la voiture, garée juste à côté de Kolina, la porte ouverte, pour que j’assiste au spectacle. Chez Duendinou, pourtant, elle m’avait installé dans la poussette. Je ne comprenais pas pourquoi il n’en était pas de même. Et puis, je commençais à avoir faim ! Je me mis à râler jusqu’à ce qu’elle vienne me prendre dans mon siège auto. Elle m’expliqua qu’ici la poussette, c’était plus dangereux. Kolina était une grande et grosse brute ! Parfois (souvent !) elle arrachait son attache (on appellait ça « tirer au renard »!) et partait brusquement au grand galop. Si la poussette, avec moi dedans, était sur sa route, elle ne ferait pas le détour ! Prudente, Maman me prit dans les bras et m’amena la voir de plus près, afin de me distraire mais aussi d’améliorer notre relationnel ! Nous nous connaissions si peu, en fait… Contrairement aux autres fois, et peut-être du fait qu’elle était attaché, Kolina ne joua pas aux indifférentes. Je sentis enfin de la bienveillance et de la curiosité de sa part à mon égard, un peu comme celles de Duende… Elle me renifla doucement, longuement. Je sentis qu’elle lâchait prise, acceptait enfin mon existence, quelque peu résignée, néanmoins… Un sacré caractère cette gigantesque princesse !

Vendredi 27 avril

Maman avait pris rendez-vous pour de la kiné respiratoire, dans le cabinet le plus proche de chez nous, recommandé par Nanou… Mon parrain n’était pas là, donc pas de possibilité de son côté, malheureusement… Et Maman n’avait pas osé demander au kiné de Rivesaltes, qui s’occupait de son ventre chaque semaine, en général en ma compagnie…

Nous devions y être pour 18h15. Maman vint exprès me chercher tôt chez Nanou. Papa nous rejoignit directement là-bas, en revenant du travail. On attendit, on attendit… Le monsieur de l’accueil n’était vraiment pas aimable. Nous étions au kiné pôle de Saint Laurent. Maman me chuchota qu’elle avait l’impression d’être dans une clinique de chirurgie esthétique ou un centre de thalasso trois étoiles, tant la déco et l’aménagement du bâtiment détonnaient de tous les cabinet de kinés de qu’elle connaissait !

On a continué à attendre, attendre, attendre… Maman bouillait ! Finalement, un kiné (le gars antipathique de l’accueil) vint enfin nous parler, pour nous dire qu’il n’avait pas le temps de s’occuper de nous ! Il y avait eu, selon ses dires, une erreur lors de la prise de rendez-vous. Il y aurait, en fait, moins de personnel que prévu. Blablabla… Maman s’énerva pour de bon et le traita de tous les noms, avant de quitter les lieux en claquant la porte ! Elle se résigna à demander à Roberto, qu’elle voyait le lundi suivant, s’il pouvait me prendre à sa place… 

Samedi 28 avril 

Maman alla voir Kolina avec Loreena pour la première fois. Loreena fut impressionnée par la grande princesse mais eut un très bon contact avec elle. Elles firent des exercices à pied, puis de la monte en tapis. Cordelette pour Maman, hackamore pour Loreena. A suivre… Loreena n’était pas une fille comme les autres, selon Maman. C’est une hypersensible, hyperconnectée. Un jour, je la rencontrerais… Maman me parlait d’elle si souvent !

Dimanche 29 avril

Il pleuvait, je toussais toujours, nous étions fatigués tous les trois. Du coup, nous sommes restés tranquillement à la maison. Le matin, j’ai dormi un petit moment avec Papa et Maman dans leur lit, dans la chambre du haut. L’après-midi, il s’occupèrent de choses d’adultes dans la maison (ménage, papiers…). Moi aussi, j’avais besoin de repos, à la maison. Les semaines étaient agitées depuis plus d’un mois : entre la nounou, les séances de kiné de Maman et tous les autres endroits où je l’accompagnais, les journées tranquilles à la maison avec Maman et Papa étaient devenues rarissimes…

Semaine du 30 avril au 6 mai 2018

Lundi 30 avril

Ce matin, nous sommes allés chez le kiné de Rivesaltes, comme d’habitude, tous les deux. Mais, ce coup-ci, il s’occupa de moi. Il me déboucha d’abord le nez, je détestais ça ! J’en pleurai de rage et d’inconfort, comme à chaque fois ! Imaginez qu’on vous injecte toute une pipette de liquide physio dans les sinus ! C’était hyper désagréable et stressant ! Il m’appuya ensuite fort sur les poumons, pour que les glaires sortent. Mais il n’y avait pas grand chose, j’étais presque guéri. Le poumon droit était encore un peu pris, en haut. Ce qui me faisait tousser, en réalité, c’était ma gorge, maintenant ! Comme mon nez coulait, il y déversait son trop plein quand j’étais allongé. Cela me chatouillait et provoquait des quintes de toux ! 

Le temps s’étant de nouveau refroidit, autant ma nounou que mes parents pensèrent que j’avais pris froid…

Samedi 5 mai

Après une journée avec Papa, et dès que Maman rentra du travail, nous sommes partis tous les trois chez mamie Yvonne. Elle voulait absolument me souhaiter ma fête. Et aujourd’hui, c’était la Saint Angelo ! Mamie était toujours très heureuse de me voir, j’oserais même dire qu’elle était aux anges, dès qu’elle me voyait ! Et moi aussi :-). Je me sentais bien dans ses bras, elle me calmait, comme Papa et Maman <3.

Dimanche 6 mai 

Cette après-midi, nous avons pris la voiture tous les trois, direction la falaise de Leucate. Au début, Papa et Maman voulurent tester le porte-bébé. C’était pas mal, pendant un petit moment. J’étais collé contre leur poitrine, leur odeur réconfortante… Maman me porta la première.

Mais, au bout de quelques temps, elle eut mal au dos. Ce n’était visiblement pas très confortable pour elle, ce truc là. Papa prit le relais. J’étais bien, je m’endormais à moitié, en suçant mon pouce, à défaut de ma suçu.

Mais une fois le premier assoupissement passé, j’en eu assez d’être coincé dans cette camisole kaki ! J’avais besoin de pouvoir bouger à mon aise. Je me mis à gigoter pour faire comprendre à Papa qu’il devait me libérer ! Même pas eu besoin de m’énerver et de pleurer. Il me sortit instantanément de ma prison, qui ne lui plaisait, finalement, pas plus qu’à moi et à Maman. Je finis dans les bras, comme je le souhaitais ! Une fois avec Maman, un fois avec Papa :-). Ils me tenaient dos contre eux, j’adorais ça ! Je pouvais voir le paysage à plus de 180° et agiter mes bras et mes jambes ad libitum…

Semaine du 7 au 13 mai 2018

Lundi 7 mai

Mauvaise journée pour moi… Maman me ramena chez le kiné de Rivesaltes, qui me refit de la kiné respiratoire car je toussais beaucoup. J’ai détesté ça autant que la première fois… Ensuite, Maman m’amena chez Laëticia, mais je ne fus pas bien toute la journée. J’avais mal au ventre. En fait, le kiné avait décollé les glaires de ma gorge, de mon nez et celles qui traînaient encore dans mes poumons, ce qui eut comme conséquence que j’avalai beaucoup de « morve », absolument indigeste ! Du coup, je me tordais de douleur en hurlant. Nanou me berça, me prit beaucoup dans ses bras, j’en avais besoin… Elle me donna ce sirop sucré qui enlève le mal et aide à dormir… Petit à petit, je me suis calmé car j’avais moins mal. Je lui ai fait des cacas tout collants, plein de glaires ! Le soir, quand Papa me récupéra, j’allais un peu mieux…

Il n’était pas impossible que mon mal au ventre ait aussi un lien avec Maman… Dans la nuit et ce matin, lors des tétées, elle m’avait parlé longuement. Elle n’était pas vraiment comme d’habitude : à la fois triste et stressée. Ses paroles étaient chargées en émotion. Emotions qu’elle essayait pourtant de retenir au mieux, dans son plexus solaire. Mais moi, lorsque je tétais, j’étais aux premières loges, je sentais tout… Voici ce qu’elle me dit :

« Tu sais, Angelo, Papa a déjà eu un bébé, il y a longtemps. Ce n’était pas un petit garçon, comme toi, mais une petite fille, comme Maëlys. Sauf qu’elle te ressemblait, car vous avez le même papa. Elle aussi a les yeux bleus et les cheveux blonds. Maintenait, elle est grande. Comme Nanou et comme Maman. Elle va venir te voir, ce soir…

Jusqu’à présent, elle ne voulait pas faire ta connaissance. Elle n’a pas la même maman que toi et, pour elle, ce n’était pas normal que son papa ait un autre bébé avec une autre maman. Elle était en colère… Toute sa vie, pour le moment, elle était le bébé unique de son papa et de sa maman. Quand elle a su que son papa allait aimer un autre bébé autant qu’elle, ça a été difficile à accepter pour elle. Elle a été très jalouse. Elle m’en voulait de lui voler son papa. Et à toi aussi, du coup…

Une partie d’elle est restée une toute petite fille. C’est une âme beaucoup plus jeune que la tienne… Il lui faut du temps, pour grandir, mûrir, accepter… C’est difficile pour elle. Je sais que tu comprends ce que je te dis et que toi, tu ne lui en veux pas. Toi, tu es une vieille âme… Tu comprends tant de choses, sans même qu’on ait besoin de te les expliquer…

Elle va venir te voir avec son chéri. Comme toi, tu es le chéri de Maëlys <3.

Tu as une grande mission à accomplir, mon titounet. Celui de nous réconcilier. Tu vas la charmer, j’en suis sûre. Tu es un petit ange aux pouvoirs extraordinaires. Tu es un médiateur, un messager de paix. Je l’ai toujours su… Grâce à toi, elle comprendra que ton papa et moi on s’aime pour de vrai… Comment expliquer, sinon, qu’on nous ait fait cadeau d’un enfant aussi adorable que toi <3 ? Elle sera fière d’être ta grande sœur et heureuse d’avoir un petit frère…

Mon ange, mon amour, aujourd’hui sera un grand jour pour toute notre famille… »

Des larmes coulaient de ses yeux quand elle parlait… Je sentais l’émotion lui serrer le cœur. J’avais tout compris. J’allais lui faire mon sourire d’ange, à ma grande sœur. Et, à moins qu’elle n’ait un cœur de pierre, elle craquerait…

Finalement, Mademoiselle eut mieux à faire ce soir-là. Maman avait raison, elle ne semblait pas si pressée que ça de me rencontrer… Maman était très en colère. Moi, je savais que la patience était la meilleure solution dans pareille situation. Il n’était cependant pas impossible que mon mal au ventre eut aussi pour cause le trop plein d’émotions dont Maman m’assaillit ce jour-là…

Mardi 8 mai

Ce matin, Maman m’amena chez Loreena pour lui faire cours. Elle m’avait souvent parlé d’elle et de ses parents. J’eus enfin la chance de faire leur connaissance ! J’ai beaucoup aimé ces trois personnes et leur maison. Belles énergies :-). Les parents se sont très bien occupés de moi pendant que Maman travaillait avec Loreena dans une autre pièce plus loin. J’étais chouchouté comme un coq en pâte ! Deux adultes rien que pour moi, le top :-).

Il y avait d’étranges analogies entre Loreena et moi, et entre sa famille et la mienne. J’ai tout de suite senti que nous avions beaucoup de points communs, Loreena et moi. Non seulement nous étions blonds aux yeux bleus, mais nous avions la même sensibilité aux énergies dégagées par les êtres et les lieux. Moi, c’était normal, j’étais encore très connecté à ma vie d’avant. Loreena, elle, avait gardé ses aptitudes, qui se délitaient habituellement, au fur et à mesure que l’enfant avançait vers l’âge adulte. C’était vraiment un être exceptionnel ! Autre point commun, elle était née par césarienne… Et elle était le premier et seul enfant de sa maman, alors que son papa avait déjà eu une fille, qui avait une bonne vingtaines d’années de plus que Loreena. Son papa avait un physique assez proche de celui de mon papa : châtain clair aux yeux bleus, sportif, paraissant bien plus jeune que son âge. Sa maman était brune aux yeux marrons, toujours très souriante, comme la mienne. Et bien que, pour les yeux, le marron soit dominant, nous avions, grâce à la magie de la génétique, quand même tous les deux les yeux de la couleur du ciel…

Une fois de retour, Noémie est venue travailler à la maison. Maman préparait la sortie de son nouveau livre (tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ »), dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois. Elle y évoquait des souvenirs de sa grossesse : notamment ses rencontres avec de nombreux animaux messagers : des chats, des chiens et, bien sûr, des chevaux…

Pendant ce temps, Papa était allé voir sa grande fille. Lorsqu’il rentra, il expliqua quelque chose à Maman qui la mit très en colère. Jusqu’à présent, mademoiselle ma soeur n’avait consenti à me voir qu’en l’absence de Maman. Et Maman avait était assez gentille d’accepter ses conditions. Elle souhaitait surtout l’apaisement des tensions. Ainsi, mademoiselle devait initialement venir la veille, pendant que Maman était encore au travail.

Et là, Papa lui déclara que sa fille avait failli débarquer à la maison pour me voir, même en présence de Maman. Elle ne savait vraiment pas ce qu’elle voulait ! Je comprenais parfaitement que, malgré son grand cœur et sa bonté d’âme, Maman soit en rogne ! Même si je savais, au fond de moi, que la colère ne résolvait rien… Finalement, mademoiselle n’avait pas pu se libérer aujourd’hui pour faire la connaissance de son petit frère. Un match de tennis l’avait retenue ailleurs… Rencontre de nouveau reportée. A demain ?

Ensuite, nous sommes partis voir Duende, avec Noémie et Maman. J’étais super content de revoir mon pote ! On a fait une belle balade. Noémie poussait ma « chariote » et Maman tenait Duendinou, mon petit chou <3.

En chemin, nous avons croisé la propriétaire du pote de paddock de Duende. J’ai immédiatement senti une immense tristesse émanant d’elle… Maman m’expliqua plus tard qu’elle venait de perdre un enfant dans un accident tragique… Bien qu’elle ait d’autres enfants, la perte de l’un d’entre eux devait être la chose la plus terrible qui puisse arriver sur cette Terre… Quand je réalisais la force du lien fort qui existait entre mes parents et moi, et notamment avec ma maman, je ne pouvais imaginer qu’on soit un jour violemment séparés… 

Mercredi 9 mai

Le matin, avant d’aller chez Nanou, nous nous sommes rendus chez mon parrain avec Maman pour qu’il s’occupe de son dos. J’aimais bien son cabinet. C’était comme chez Clarisse, le lieu rayonnait de bonnes ondes, d’une belle énergie…

Ce fut (enfin!) le jour de la rencontre avec ma sœur… Mieux valait tard que jamais, n’est-ce pas !? Papa m’amena chez mamie, après le boulot, vers 19h. Maman ne voulait pas que ma sœur et son chéri viennent à la maison, car elle devait tirer son lait en rentrant à son tour du travail. Sa « traite » précédente datait de midi. Il ne fallait qu’elle laisse trop de temps entre les tirages de lait, sous peine de voir sa production baisser et mon garde-mangé mis en péril ! Elle essayait de se caler sur les rythmes de mes tétées. Lorsque nous étions séparés à l’heure de mes « repas », elle devait tirer son lait… 

Là bas, ma sœur et son chéri nous attendaient. Ce fut d’abord Papa qui m’eut dans les bras, puis mamie, qui en avait une grande habitude, du fait de nos visites régulières. Ma sœur, donc, ou plutôt l’inconnue qui se tenait dans le salon de mamie, me trouva très potelé ! Une des ses amies avait un bébé exactement du même âge que moi, mais il était beaucoup moins costaud et dodu que moi. Le bon lait de Maman me profitait à merveille, où était le problème ? Elle s’étonna aussi de découvrir sur mon visage des airs de Maman. Ben oui ! Quand même ! J’avais beau ressembler à Papa, comme elle, j’avais aussi la moitié de ma maman, dans mes expressions, la forme de mes yeux, de mon nez, de mon front, etc. 

Bien que nous ne sous soyons encore jamais vus, je me suis étonnement senti assez à l’aise lorsqu’elle me prit dans ses bras, à son tour. Il était indéniable qu’on avait des trucs en commun tous les deux. Comme avec mamie et, bien-sûr, avec Papa. J’avais approximativement 50% de gènes en commun avec ma soeur, comme avec mon papa, en fait. Enfin presque, car il ne fallait pas omettre l’effet du brassage génétique, quand même. Sinon, de vrais frères et sœurs seraient des clones !

Quand le chéri de ma sœur m’a attrapé, par contre, je n’étais pas bien du tout et lui non plus ! J’ai pleuré pour qu’il me redonne à ma sœur. Et quand elle m’a repris, j’ai un peu râlé pour qu’elle me balade. Papa lui expliqua comme faire. Je fus ravi de me sentir de nouveau balancé, au rythme de ses pas, et de voir l’ensemble de l’espace qui m’entourait .

Bilan : plutôt cool cette première rencontre, même si très courte. Et Maman m’avait beaucoup manqué… Nous sommes vite rentrés, car j’avais la très très faim. Et je voulais revoir Maman, qui nous attendait le cœur serré… 

Jeudi 10 mai.

Ce matin, nous sommes partis en voiture avec Maman pour un endroit qui m’était inconnu : Saint Paul de Fenouillet. C’était dans cette petite commune que vivait, depuis peu, Myriam, l’amie de Maman, dont je vous ait déjà parlée à plusieurs reprises. Elle était venue me voir à la maison, après notre séjour à l’hôpital, puis au salon du livre de Saint Laurent de la Salanque, les « Bacchanales », la veille de mon deuxième « moisiversaire ».

En arrivant, j’avais faim, c’était l’heure de mon « repas » de midi. Maman me prépara un bibi. Vous vous demandez peut-être pourquoi, alors que j’étais avec elle, pour une fois, à midi, elle ne me donnait pas simplement le sein. En fait, c’était désormais mieux comme cela pour nous deux. Les dernières fois qu’elle avait tenté de m’allaiter, lorsque nous étions ailleurs qu’à la maison, j’étais terriblement déconcentré part tout ce qu’il y avait autour de moi. Du coup, je n’arrivais pas à téter tranquillement et restais affamé. Je m’agitais, m’énervais, pleurais, ce qui fatiguait et finissait par exaspérer Maman ! On n’y arrivait pas ! (voir texte « MON EXPERIENCE DE L’ALLAITEMENT PARTIE I : allaitement exclusif/ de la naissance à 6 mois / premiers temps, don au lactarium, grève du sein) »,écrit par Maman).

Pendant mon bibi, Myriam corrigea les dernières coquilles du livre de Maman (tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ »). Puis, ils ont mangé tous ensemble. Je les observais depuis mon transat, que Maman avait mis dans un fauteuil, à côté d’elle, pour que je sois à leur hauteur. Il y avait Nathan et Anton, les deux fils de Myriam. Ce fut Nathan, le passionné de cyclisme, qui prépara le repas. Les deux garçons étaient très différents l’un de l’autre, bien qu’ils aient le même papa et la même maman. Ce qui vérifiait mon affirmation précédente : les enfants n’héritaient pas des mêmes gènes de leurs deux parents. C’était ce qui les rendait différents…

Ainsi, en plus de n’être que ma demi-soeur, ma « soeur » n’avait pas forcément reçu les mêmes gènes de Papa, donc les mêmes caractéristiques physiques, physiologiques et psychologiques, que moi. Nous avions un lien de parenté, voilà. Mais il n’était pas sûr du tout qu’il soit plus étroit qu’avec d’autres membres de ma famille, finalement. J’étais peut-être tout aussi proches de mes grands-parents, mes cousins, mes oncles et tantes, etc.

Vendredi 11 mai

Ce soir, j’aurais 4 mois. Le matin, avant d’aller chez Nanou, Maman me fit le bain, car on n’avait pas eu le temps la veille au soir. Et comme je régurgitais encore pas mal de lait et qu’il commençait à faire très chaud, je sentais vite le yaourt, comme disait Maman ! Chez Nanou, super journée, comme d’habitude. Elle me faisait régulièrement découvrir de nouveaux jouets que j’auscultais toujours avec ma bouche, mon meilleur scanner !

Aujourd’hui, on a fait une super balade avec Nanou et Maëlys, on a profité du soleil si agréable :-).

Pendant ce temps, bien qu’elle soit fatiguée, Maman partit monter Koko. Elle firent une balade tranquille, au pas.

Kolina fut en totale empathie avec elle, et se montra tout aussi elle calme et molle que sa chère cavalière. Elles étaient super connectées toutes les deux, sur le même canal énergique, un lien incroyable, très proche de celui qu’on avait tous les deux, Maman et moi. Souvent, la nuit, Maman se réveillait une minute avant que je commence à pleurer. Nos âmes étaient sur la même longueur d’onde, depuis plus d’un an désormais < 3 <3…

Compétences

Posté le

17 avril 2019

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