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JOURNAL DE BORD D’UN PETIT ANGE tombé sur Terre -3-

EPISODE 3 : MON 3ème MOIS

-je pèse 5,850kg, je mesure 56,5 cm et ma tête fait 41,5 cm à l’équateur-

Dimanche 11 mars 2018 au soir, j’ai eu exactement 2 mois.

Les tétées…

Avant d’attaquer le récit, à proprement parler, de ce nouveau mois, je voulais vous parler un peu de mes tétées avec Maman. J’ai l’impression d’avoir un peu occulté le sujet au cours des précédents épisodes. C’est pourtant ma routine, notre routine, une super routine, aussi vitale qu’agréable.

Le premier mois, je suis passé de douze tétées par jour à huit, environ. Donc une tétée toutes les deux puis trois heures… A la fin de ce troisième mois, je suis arrivé à six tétées, soit toutes les quatre heures environ, dont deux fois en moyenne, la nuit.

Bien que cela fatiguait beaucoup Maman, je ne pouvais pas faire autrement. Ma vie, surtout les premiers jours, se limitait à manger et dormir. Je suçais aussi fort que je pouvais pour que ce bon lait, chaud et nourrissant, arrive dans ma bouche. Cela ne coulait pas tout seul, contrairement à ce que pouvaient croire certains. Il fallait appuyer et aspirer, c’était très fatiguant. Surtout au tout début, avec les bouts de sein en silicone ! Puis, une fois mon petit estomac plein à raz bord, il me fallait de nouveau beaucoup d’énergie, pour digérer. Mon système digestif, tout neuf, dut s’habitue à fonctionner 24h sur 24 si intensivement… Parfois, il me faisait très mal d’un coup et j’en pleurais de douleur. Je ne savais pas m’exprimer autrement qu’en criant. Si j’étais fatigué et que tout allait bien, je dormais. Si ça n’allait pas, si j’avais faim, froid, chaud, mal quelque part, je pleurais. Je n’avais aucune autre d’alternative. Je savais que Maman et Papa me comprenaient du mieux qu’ils pouvaient. Mais il leur fallait du temps pour apprendre à me décoder parfaitement…

Dans les premiers jours, à la maternité

J’étais bien, tout près de Maman. Dès qu’elle tentait de me mettre dans le « tupperware-aquarium », sensé me servir de couffin, je me sentais loin et seul, j’avais peur, je pleurais, impossible pour moi de dormir… Du coup, elle me gardait près d’elle. Souvent, je tétais, blotti entre ses bras et le coussin d’allaitement, qu’elle recouvrait d’une serviette bleue océan où nageaient plein de poissons blancs… Un clin d’oeil à mes origines aquatiques ? Je m’endormais quasiment à chaque tétée…et Maman aussi ! Nous étions en osmose complète, grâce à une substance magique dans le lait qui nous endormait de façon synchrone. Accroché au téton, je me sentais bien et en sécurité, je m’endormais paisiblement. Cela me rappelait, par bribes, certains moments que j’avais passés dans son ventre. J’étais repus, au chaud, entouré de son odeur. Je percevais sa respiration régulière et les battements de son cœur, beaucoup plus lents que les miens. 

Dès que je me réveillais (environ deux heures après le début de mon précédent repas), elle m’attrapait, m’amenait dans la pièce à côté et me mettait les fesses à l’air. Brrrr… Je n’aimais pas ça, j’avais froid, bien que la pièce soit bien chauffée. Je faisais plein de cacas, ce qui n’existait pas quand j’étais dans son ventre. Les premiers jours, ça me faisait mal parce que mes intestins n’étaient pas habitués à être traversés, en continue, par un tel flot de matière ! Chaque tétée déclenchait systématiquement un caca. Pour ne pas me réveiller après la tétée, Maman me changeait toujours avant la suivante. Parfois je m’endormais la couche pleine, après avoir mangé. Mais comme je ne dormais guère plus d’une heure, mes fesses ne restaient jamais sales longtemps.

Une autre raison qui faisait que je ne pouvais m’endormir ailleurs que dans les bras, c’était que je souffrais de la peur de l’espace, exactement l’inverse de la claustrophobie. J’avais besoin qu’on m’enserre, qu’on me tienne, de sentir des limites autour de moi. Quoi de plus normal ? J’avais commencé ma vie et passé mes premiers mois dans un espace ovoïde clos. Les derniers mois, je ne pouvais même plus vraiment étendre mes mains et mes jambes. Puis, d’un coup, on m’avait plongé dans un espace infini. C’était totalement anxiogène ! Je me sentais bien et en sécurité qu’en ressentant de la pression autour des bras, des épaules, de la tête et des jambes. Du coup, je ne m’endormais que dans les bras de Maman ou parfois ceux de Papa.

Une puéricultrice avait montré une autre solution à Maman. L’emmaillotage. Elle m’avait transformé en petit Jésus, enroulé dans un tissu de la tête aux pieds, les bras repliés sur le torse. J’avais réussi à dormir un peu. Mais Maman n’avait pas du tout aimé cette méthode. Il fallait, évidemment, me démailloter pour changer la couche, donc toutes les deux heures, de jour comme de nuit ! Or, la nuit, elle était épuisée. Déjà, changer ma couche l’obligeait à se lever et à marcher pliée en deux, tant son ventre lui faisait encore très mal. Alors m’enlever et me remettre le lange, comme un saucisson, douze fois par jour, pas question ! Cela lui rajoutait du travail, de la fatigue, de la douleur aussi… 

Changer la couche devait prendre le moins de temps possible. Une fois la corvée accomplie, elle se recouchait au plus vite pour soulager ses fortes douleurs, semi-assise. Elle me réinstallait alors sur notre fidèle coussin d’allaitement, qui protégeait autant que possible sa cicatrice, et me collait contre son sein, ce qui mettait instantanément fin à mes pleurs. L’emmaillotage n’était donc pas la bonne solution pour elle et moi. En plus, Maman aussi était rassurée quand je dormais dans ses bras. Elle sentait si je bougeais et savait h 24 comment j’allais. Nous nous rassurions réciproquement, ce qui était primordial pour dormir paisiblement. 

Tétées à l’hôpital

A l’hôpital, les tétées me permirent vraiment de rester un bébé à la fois heureux et en pleine forme. Disons, en forme optimale, au vu de ma pathologie et des traitements qu’elle impliqua. Comme je l’ai déjà expliqué (dans l’épisode 1), le personnel hospitalier avaient prévu que je dorme tout seul, dans le lit à barreaux. Impossible ! La perfusion me brûlait, les odeurs, les bruits, les lumières, me terrifiaient. Je ne pouvais dormir que collé à Maman. Ce fut compliqué à obtenir, mais grâce à ma persévérance inconsciente et à la volonté de Maman, je fus installé dans son lit, au bout de 48 heures infernales ! 

La nuit, Maman ne dormait alors plus semi-assise comme à la maternité, mais couchée. Elle pouvait même enfin s’allonger sur le côté, sans avoir mal. Du coup, le plus souvent, quand j’avais faim, la nuit, elle me faisait téter couché contre elle, sur le côté. Puis, Maman me déposait, endormi, dans notre cher coussin d’allaitement, recouvert de sa fidèle serviette bleue à poissons blancs, à côté de son oreiller. J’y dormais paisiblement, comme je l’avais fait si souvent à la maternité. Ce coussin, je le connaissais par cœur, c’était un peu le prolongement de Maman. Il me maintenait, de toute part, me gardait bien au chaud aussi et distillait notre douce odeur commune.

Ce fut à l’hôpital que j’eus ma première « suçu ». J’étais tellement énervé le week-end de la gastro que Papa courut m’en acheter une pour que je puisse « tchouquer » sans me remplir systématiquement l’estomac. C’était la succion qui, au delà de la sensation de satiété, me calmait et m’endormait. Du coup, à l’hôpital, si j’étais agité après la tétée, Maman me mettait la suçu pour m’aider à me relaxer et à trouver plus facilement le sommeil. 

La journée, Maman s’asseyait dans le fauteuil devant la table pour écrire (eh oui ! Maman préparait son nouveau livre sur sa grossesse : « Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ », tome 2). Elle m’allaitait alors sur le coussin, sur ses genoux. Je m’y endormais, tandis qu’elle continuait ses activités tranquilles. Souvent, elle mettait de la musique, comme à la maternité. On était bien… J’en oubliais tout le reste. La perfusion qui me brûlait la veine et le bras et tous ces gens qui me dérangeaient inlassablement, jour et nuit…

A la maison, mon 2ème mois

Une fois rentrés et Papa parti, Maman décida de procéder autrement pour les tétées et le dodo. Pour le dodo, elle dormit désormais dans ma chambre. Quant à moi, elle me posa dans le couffin, qu’elle avait au préalable bien calé dans mon lit à barreaux. Des couvertures polaires, roulées en boudins, doux et bien chauds, m’entouraient. Ils me rappelaient le coussin d’allaitement, trop volumineux pour rentrer dans le couffin ! Pour finir, elle m’emmitoufla et me borda dans une petite couverture, de couleur bleue ciel, à étoiles blanches. Un clin d’oeil à la voûte céleste, à mes origines, aussi <3…

Pour les tétées, elle mit en place un nouveau rituel. Maman s’asseyait dans le grand lit, bien calée dans des coussins, demi-assise, dans le coin du lit. Je tétais, sur le coussin d’allaitement, et m’y endormais généralement après 30 à 60 minutes de tétée, exactement comme à la maternité. Maman attendait que je dorme profondément, avant de se lever précautionneusement, pour me déposer doucement dans mon petit cocon. Elle retournait dans le lit, tout près du mien, pour dormir à son tour. Je sentais sa présence, j’étais rassuré. Dès que je me réveillais et pleurais, je savais qu’elle venait me voir et me reprenait dans ses bras <3. Bientôt, le couffin, le lit de Maman et toute la chambre furent imprégnés de mon odeur, mêlée à la sienne. Ce nouveau rituel qui me rassurait aussi…

3ème mois

Une fois que Papa fut de retour, le rituel changea de nouveau. Maman ne dormit plus avec moi. Et ils ne remirent pas le couffin à côté de leur lit, dans la chambre du haut, comme ils avaient fait lors de notre retour de la maternité (avant notre séjour à l’hôpital).

Je m’y fis sans trop de difficultés… Je connaissais désormais très bien mon couffin et ma chambre, et m’y sentais en sécurité. La nuit, dès que je pleurais, Maman arrivait très vite dans ma chambre et me prenait dans le lit avec elle, après avoir changé ma couche. Elle faisait la tétée exactement comme lorsqu’elle dormait encore dans ma chambre. Je me calmais instantanément, mangeais un peu (ou beaucoup !) puis me rendormais paisiblement. Parfois, bien que ce soit rare, je me réveillais quand elle me reposait dans mon lit. Du coup, je repleurais, déboussolé. Elle me reprenait alors tout contre elle et me berçait, jusqu’à ce que ce que je me rendorme, profondément cette fois-ci. Cela pouvait prendre une heure, parfois plus…. Et ce, deux ou trois fois par nuit. Ben oui ! J’avais faim ! Mon estomac se vidait vite, car le lait maternel était très digeste (par rapport au lait industriel). De fait, j’avais souvent de nouveau faim ! Parfois, Maman s’endormait en même temps que moi et ne remontait qu’après la tétée suivante ! Cela ne devait pas toujours être simple pour elle de naviguer, ainsi, entre ses deux hommes, toute la nuit ! 

1ère semaine du 3ème mois : semaine du 12 au 18 mars 2018

Cette semaine, je suis allé chez la nounou tous les jours, car Maman et Papa travaillaient. Le matin, j’étais avec Maman, sauf mercredi. Parce que Maman, généralement, elle travaillait surtout l’après-midi.

Mardi 13 mars

On est retourné chez la pédiatre, avec Maman. C’était « légalement » le moment pour me faire les vaccins des deux mois. Mais Maman ne voulait pas et eut, à ce sujet, une grande discussion avec la pédiatre. Elle voulait connaître les risques légaux qu’elle encourrait à ne pas me faire vacciner aux dates officielles et obligatoires. La pédiatre ne savait pas trop… La loi datait du 1er janvier 2018, les professionnels de santé avaient donc à peine deux mois de recul ! C’était bien peu… La pédiatre lui venta, cependant, en long, en large et en travers, tous les mérites de la vaccination. Bien sûr ! C’était son métier ! Maman n’était pas dupe, cependant. Elle connaissait les éventuels effets secondaires que pouvaient provoquer certains vaccins, surtout les plus récents. 

J’étais si petit… Et j’avais déjà reçu tant de produits toxiques depuis la naissance… Ceux qui étaient passés dans le sang par le placenta : celui de la péridurale, pendant presque 12h, l’anesthésiant fortement dosé, lors de la césarienne. Puis ceux qui prient le relai, en passant par le lait : les anti-douleurs et anti-inflammatoires que Maman dû prendre pendant plusieurs semaines, pour supporter les suites de la césarienne, sans parler des piqûres quotidiennes, pour juguler tout risque de phlébite. Et pour finir tous ceux qu’on m’a balancé dans les veines via la perfusion à l’hôpital, sans oublier les doses régulières de doliprane par voie orale, pour soulager mes douleurs trop fortes et trop fréquentes… Maman s’opposait farouchement à ce qu’on m’injecte toutes ces substances, obligatoires (s’il vous plait !). Elle était persuadé que mon petit corps de bébé avait besoin d’un trêve pour se remettre parfaitement de toutes ses épreuves par lesquels il était déjà passé, en si peu de temps. De toute façon, avec son lait, je bénéficiais déjà de la totalité de son immunité. C’était déjà pas mal, non ??

Voici la liste des vaccins dont je vous parlais. DTP (Diphtérie, Tétanos, Polio), ROR (Rougeole, Oreillons, Rougeole), Hépatite B, méningites (3 souches différentes), coqueluche… Maman, elle, n’avait que le DTP, depuis bientôt 40 ans. Et elle allait très bien !

Vendredi 16 mars

Maman m’amena au travail de Papa, lors de sa pause de midi. Nous avons fait le tour des bureaux, tous les trois. Tout le monde me regardait en souriant et avec énormément de bienveillance. Papa était super fier de me présenter à tous ses collègues. Maman me donna un bibi en bonne compagnie. Nous avons partagé la salle à manger du personnel avec tous les collègues de Papa ! Maman avait prévu le biberon car elle ne se voyait pas trop me donner le sein devant tous ces gens, en majorité des hommes ! En général, cela ne la gênait pas d’allaiter en public, mais ce jour-là, elle sentit que le bibi, ce serait mieux pour tous les deux. Elle ne connaissait pas les lieux et ne savait pas si elle trouverait un petit coin confortable pour s’installer avec moi au sein. Elle avait peur, aussi, qu’avec l’agitation, le monde, je ne tète pas forcément bien et que, du coup, affamé, je ne m’énerve et finisse en pleurs… Elle avait eut raison, le bibi, c’était top. Et quand il fut fini, Papa me berça, pour laisser Maman manger un peu à son tour… 

Dimanche 18 mars

Maman retourna voir sa chère Kolina et me raconta ensuite comment s’était passé leur moment ensemble. Un super trotting. Sans attendre la rééducation du périnée ! De toute façon, je n’avais pas abîmé son périnée, à Maman, moi ! Elle adora pouvoir de nouveau trotter sur sa Koko adorée, son avion de chasse ! Cela ne lui était pas arrivé au moins depuis août ou septembre ! Donc depuis plus de six mois ! Par contre, elle dut se tenir les seins, tellement lourds, tout le long de la chevauchée ! 

Il faut dire que Maman était une sacrée productrice de lait ! Depuis ma naissance, j’avais pris presque 3 kg ! Malgré les deux semaines à l’hôpital. Je ne sais pas si vous imaginez ! 2,7 kg en 60 jours, cela faisait quasiment 50 grammes par jour, c’est à dire plus de 1% de prise de poids quotidienne. C’était comme si un adulte de 50 kg prenait plus d’une livre par jour, soit presque 5 kg par semaine ou entre 15 et 20 kg par mois ! C’était énorme !!! Je buvais ad libitum et cela me réussissait à merveille 🙂 .

Une nouvelle semaine arriva : celle du 19 au 25 mars 2018

Mardi 20 mars

On est retourné voir Laure, la sage-femme. Maman voulait être sûre que son périnée n’avait pas souffert de mon arrivée… Il était nickel, juste un tout petit peu détendu tout en haut, à cause de mon poids, pendant la grossesse, et du long travail, avant la césarienne… Pas besoin de faire de la rééducation, elle la ferait toute seule avec ses chevaux !

Jeudi 22 mars

Maman m’amena voir une très gentille dame, Marie-Josée. Elle adorait Maman et m’adopta, par la même occasion. Maman avait préparé un biberon pour qu’elle puisse me le donner. Cela lui rappela des souvenirs… Elle avait eu un fils unique, Marc. Vous vous souvenez ? Je vous avais déjà parlé de lui : c’était la papa de Pauline. Ils étaient venus se promener avec Maman, Duende et moi ! Marie-Josée s’était beaucoup occupé de ses petits-enfants : Nicolas et Pauline, tous deux élèves de Maman. Ce fut un très chouette moment, plein de belle énergie :-).

Vendredi 23 mars

Maman avait rendez-vous avec son gynéco. Et comme elle m’amenait, toujours, partout avec elle, ce fut aussi le cas ce matin-là. Ce n’était pas ce docteur qui m’avait fait sortir du ventre de Maman, comme je vous l’ai déjà expliqué. Même s’il ne pratiquait désormais plus d’accouchements, il s’occupait des mamans avant et après. Maman était allé le voir toute seule pour le premier rendez-vous après ma naissance, je vous en avais parlé. Elle ne savait pas si elle pouvait m’amener. Mais comme elle avait vu plein de mamans avec leur bébé, elle n’avait pas hésité cette fois-ci ! De toute façon, j’étais sage comme un petit ange 😉 ! 

C’est marrant, je reconnus immédiatement le bonhomme à sa voix, son timbre, ses expressions et son rire si caractéristique. Bien plus qu’à son physique, d’ailleurs, que je n’avais que vaguement aperçu, entre mes paupières closes, les premiers jours à la maternité. L’odeur et l’ambiance de son cabinet me parurent aussi très familières. Pas étonnant, j’y étais venu tous les mois depuis ma « germination » dans le ventre de Maman. Et ce fut lui qui me vit le premier, en 2D, puis en 3D, grâce à sa technologie de pointe. Il posa à Maman un truc pour qu’elle ne puisse pas avoir un autre bébé tout de suite. Avec la césarienne et la grosse cicatrice, c’était impossible… Le ventre de Maman risquerait de casser… Ce truc-bidule-machin-chouette, il paraît que ça s’appelait « stérilet », mais que ça ne rendait pas stérile… Je n’avais pas trop compris. Bien-sûr que je n’avais pas envie que Maman ait un autre bébé, mais ce truc-là, je ne savais pas pourquoi, je ne le sentais pas…

Ce même soir, Papa repartit au ski et Maman revint dormi dans ma chambre <3.

Samedi 24 mars et dimanche 25 mars

Déjà de retour du ski, ce fut, à ma grande surprise, Papa qui vint me chercher chez Nanou, samedi soir. Maman, elle, n’était pas bien du tout, physiquement et moralement. Elle avait de la fièvre et envie de pleurer tout le temps. Elle dit à Papa que c’était à cause de ce truc-bidule-machin-chouette que le docteur lui avait mis dans le ventre. Moi je savais que c’était vrai… Maman, elle ne supportait pas les corps étrangers industriels.

Elle passa tout le dimanche couché, du coup, et Papa assura avec moi. Mais je n’aimais pas sentir Maman comme ça… Même si je savais que cela n’avait rien à voir avec moi, j’avais peur qu’elle ne s’occupe plus de son petit ange comme avant :-(.

Une nouvelle semaine : du lundi 26 mars au 1er avril 2018

Jeudi 29 mars

Nous nous sommes rendus chez une gentille dame qui avait comme mission de recharger Maman en énergiei Elle s’appelait Clarisse. En fait je la connaissait déjà ! Maman était allée la voir quand elle était très fatiguée en mai dernier. Normal ! J’étais déjà là, mais personne ne le savait ! (voir Episode 11, « Spiritus felium et canum », dans le tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ ») Elle avait un super pouvoir ! : celui de refaire circuler l’énergie chez une personne, en lui injectant la sienne. Ça marchait super bien.

J’ai « raillouillé » un peu au début parce que je voulais attirer l’attention. Elles parlaient toutes les deux, sans s’occuper de moi. Puis, Maman me mit la suçu. Il lui fallut s’y reprendre à plusieurs fois, car au début je préférais continuer à participer à la séance, plutôt que de dormit. Elle m’emmitoufla confortablement dans des couvertures et finit par avoir raison de moi ! Je m’endormis paisiblement… Je ne suivis donc pas le déroulement du du soin, mais au vu de l’atmosphère paisible du lieu, je sentis que maman avait eu raison de venir ici pour se recharger en bonne énergie.

Ce soir là, Papa partit en régate. Maman allait mieux, déjà, grâce à Clarisse.

Vendredi 30 avril

Le matin, Maman m’a ramené à l’écurie de Duende. Elle m’installa dans le coffre, dans mon transat, comme elle l’avait déjà fait. J’étais peinard. Super vue sur toute l’écurie, les champs, les arbres, les chevaux… Grâce aux grandes baies vitrées de ma véranda de luxe, Je bénéficiais de la chaleur du soleil, dont les rayons perçaient à travers les vitres, tout en étant bien abrité du vent :-).

Maman s’occupa de son petit Duendinou : elle le brossa, lui cura les pieds, etc. Ça avait l’air long et compliqué de s’occuper d’un poney ! Un peu comme d’un bébé en fait ! Elle lui parlait beaucoup, d’un ton très joyeux, comme avec moi. Et je sentais qu’il était content, lui aussi, qu’elle vienne le voir et le chouchoute ainsi…

Papa ne fut pas là, ce soir, ni les suivants. Il était parti pour une longue régate en méditerranée, à Marseille. C’était sa passion à lui ! Un jour, il m’emmènerait avec lui…

Samedi 31 mars 

Comme Papa était en mer, ce fut de nouveau Maman qui vint me chercher chez la nounou ce soir. Mais Laëticia repassa à la maison juste après pour nous ramener quelque chose qu’on avait oublié et elle resta un bon moment à discuté avec Maman. Pour ma part, je me suis endormi sur mes deux oreilles, en écoutant bavarder mes deux mamans !

Dimanche 1er avril

Maman s’affaira toute la matinée dans la maison. Finalement, elle chargea plein d’affaires dans la voiture et moi en dernier. On a alors roulé, roulé, roulé, comme on n’avait encore jamais roulé ! Au bout de deux heures de route, j’eus très faim. Elle s’arrêta sur une aire d’autoroute, me changea sur le siège de la voiture et me donna le biberon à la place du conducteur. Rien d’habituel, en somme ! Comme j’avais encore faim après le bibi, j’eus droit à une bonne tétée supplémentaire, mmmhhh ! Puis, on roula de nouveau… Je me rendormis un moment. Mais une fois de nouveau réveillée, j’en eus un peu marre d’être, ainsi, immobilisé dans mon siège, des heures durant. Pourtant, Papa et Maman venaient de changer mon siège. Avant, j’avais un cosy, mais comme il commençait à me serrer aux épaules, ils m’avaient mis dans un super siège de ministre ! 

Maman dut faire une deuxième pause tétée, avant d’arriver à destination, car j’avais encore faim ! On débarqua à Chamalières, chez François et Odile, l’oncle et la tante de Maman. Il y avait beaucoup de monde. Je faisait de grands sourires, trop content de cette animation, après ces dernières heures un peu trop calmes à mon goût… 

Petite parenthèse « sourire »

J’avais découvert ce truc marrant à la fin de mon deuxième mois, pendant le séjour de Oma ! Lorsque j’avais ouvert la bouche, en tirant les lèvres, jusqu’aux yeux, j’eus la surprise de voir Maman et Oma s’extasier en face de moi. Ce fut furtif, je ne maîtrisais alors encore pas bien la chose ! Mais je compris très vite que ce petit geste de la bouche, ce petit truc de rien du tout, avait des effets impressionnants ! Il éveillait la joie et une super énergie chez la personne qui me voyait faire ! 

Je crois que ce qui me donna l’idée et l’envie d’essayer la première fois, ce furent Maman et Papa. Ils le faisaient tout le temps ! Surtout quand je boudais ou que je pleurais. Cette drôle de grimace dégageait une si belle énergie, une telle joie, que j’en oubliais bien souvent que je pleurais. Je les regardais, émerveillé et conquis par leur gaité communicative ! 

Chez Clarisse, trois jours plus tôt, j’avais essayé de la ramener à ma cause, elle aussi. J’avais alors deux mois et demi et maîtrisais un peu mieux la chose. Elle avait éclaté de rire et m’avais traité de séducteur ! Mais je ne savais pas ce que c’était, moi, un séducteur !

Nous étions donc arrivés chez Odile et François. Il y avait deux autres bébés et leurs mamans, ainsi qu’un bébé caché dans le ventre d’une future maman (mais ça, nous n’étions pas nombreux à le savoir, pour le moment…).

Victor, c’était le fils d’Astrid. Il avait un peu plus de deux mois de plus que moi. Je me sentais proche de lui, on avait la même patate ! Du moins quand nous étions en pleine forme. Sauf que là, il était patraque, le pauvre, à cause des dents qui poussaient dans sa petite bouche de bébé ! Je priais les miennes d’attendre un peu ! Ça ne me donnait pas du tout envie qu’elle arrivent … Il était fatigué, son nez bouché n’arrêtait pas de couler et il respirait difficilement. Sa maman était un peu embêtée… Elle ne savait pas si le rhume qu’il avait pouvait être contagieux, même s’il était initialement provoqué par les dents.

Lou, c’était la fille d’Isabelle. Elle avait un mois de moins que moi, donc même pas encore deux mois. C’était vraiment un tout petit bébé, qui ne s’occupait pas encore de ce qui l’entourait. Elle était dans les bras de sa maman et tétait-dormait tout le temps. On serait peut-être potes aussi, plus tard. Mais pour l’instant, elle était vraiment trop petite pour que je m’intéresse à elle et réciproquement !

Et puis il y avait le bébé dans le ventre de Lili, la copine de Gilles. Pour l’instant son nom et même son sexe ne furent pas divulgués. Gilles, c’était un cousin germain de Maman, tout comme Isabelle était sa cousine germaine. Quant à Astrid, c’était son père le cousin germain de Grand-Pa (le papa de Maman, si vous avez suivi !). Astrid et Maman étaient donc cousines issues de germain. Concernant ce mystérieux bébé, moi je sentais que c’était un garçon comme moi, bien que son papa soit convaincu qu’il s’agisse d’une petite princesse. En tout cas, mis à part l’annonce officielle au « Clan Dum », qui n’était pas un poisson d’avril !, les parents de ce petit prince n’étaient pas prêts à dévoiler quoi que ce soit à son sujet. Mis à part qu’il était prévu pour septembre… Il me tardait de connaître cet autre cousin et de communiquer avec lui autrement que par nos fréquences top secrètes de bébés… 

Avec toute cette agitation et cette énergie intense autour de moi, j’eus bien du mal à me concentrer pendant les tétées et je dus m’y reprendre à plusieurs fois. Maman alla même tirer son lait pour récolter et conserver le surplus que je n’avais pas pris. Lou aussi était allaité, c’était rigolo. Nos deux mamans allaitaient côte à côte, devant la cheminée du grand salon familial. Mais Lou ne semblait pas du tout perturbée par tout ce monde, alors qu’il était inhabituel pour moi lors de ces moments intimes entre Maman et moi.

Le soir arriva très vite. Maman me fit alors le bain chez François et Odile, dans ma petite baignoire, qu’elle avait transportée dans son grand carrosse blanc. Je gigotais d’aise, comme d’habitude, dans l’eau chaude ; j’adorais ça !… Nous avons quand même fini par rentrer à Blanzat, chez Oma et Grand-Pa. J’avais sommeil et, avec tout ces chamboulements, j’avais loupé ma sieste ! Comme Maman avait presque vidé toute la maison en partant, elle avait également amené mon couffin. Je pus dormir comme à la maison. Et mieux encore ! Elle mit le couffin à côté de son lit, comme ça je pus la voir et la sentir pour m’endormir, puis pendant mon sommeil. C’était chouette et rassurant.

Avant dernière semaine de mon 3ème mois : du lundi 2 avril au dimanche 8 avril 2018

Lundi 2 avril 

Astrid et Victor vinrent nous voir à la maison ! Victor poussait de petits cris de joie trop rigolos ! Il avait tout juste 5 mois aujourd’hui. Sa maman lui fit à manger comme à un grand. Légumes en petit pot (pomme de terre/citrouille) puis un biberon de lait en poudre. C’était un vorace, comme moi ! Sa maman l’aidait à tenir la cuillère pour qu’il la mette dans la bouche (presque) tout seul. Il y en avait partout ! Heureusement qu’il avait un bavoir ! 

On a ensuite pris plein de photos de nous quatre. Astrid, Victor, Maman et moi. Il paraîtrait qu’on se ressemblerait un peu avec Victor. En tout cas, bien qu’il soit plus grand que moi, on faisait désormais la même taille de vêtements : du 6 à 9 mois. Il ne pouvait plus me donner les siens, du coup, une fois qu’ils ne lui allaient plus.

L’après-midi, tata Sophie est venue à la maison de Oma et Grand-Pa. Nous sommes allés nous promener tous les trois : les deux sœurs et moi. Oma m’a prêté la poussette dans laquelle Maman, tonton Pascal et tata Sophie avait souvent été baladés aussi, lorsqu’ils avaient mon âge…. Tata nous fit visiter son nouvel appartement. Elle me donna le biberon dans son canapé moelleux, tandis que Maman en profita pour faire une petite sieste. J’aimais bien tata Sophie ; par certains points elle me rappelait Maman. Elles avaient la même voix et un peu le même regard ; la même façon de bouger la bouche quand elles parlaient… Et une odeur proche aussi. Elles n’étaient pas sœurs pour rien ! 

Le soir, Maman travailla avec Grand-Pa. Elle m’expliqua qu’elle corrigeait son dernier livre, celui où elle parlait de moi, lorsque j’étais encore dans son ventre ! (tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ ») Comme Grand-Pa était professeur de français, il repérait les fautes que Maman ne voyait pas et lui expliquait ce qui n’allait pas et ce qu’elle pouvait éventuellement mettre à la place.

Ce soir-là, Maman m’informa que Papa était rentré de régate et qu’on le retrouverait le lendemain. Elle me raconta aussi que c’était dans cette grande maison qu’elle avait grandi avec ses frères et sœurs et parents. Même si, désormais, seuls Oma et Grand-Pa y vivaient en permanence, elle était régulièrement « envahie » par ses habitants d’antan et leur descendance ! 

Mardi 3 avril

Je ne sais pas si ce fut la joie de bientôt retrouver Papa qui me rassura ou le bon l’air blanzatois qui me réussit, quoi qu’il en soit, je dormis super bien cette nuit-là. Je fis presque ma première nuit : couché à 23h30, tétée à 5h, puis redodo jusqu’à 7h. Maman fut très fière de moi. Elle, qui était crevée la veille, avait pu recharger ses batteries pour la route du retour.

Juste avant le départ, vers 9h, j’ai redemandé à téter. Je savais désormais que la route était longue… Je décidais donc de bien me caler l’estomac, afin qu’il ne crie pas famine trop vite. D’ailleurs, cela me réussit :-). Une fois en voiture, je m’assoupis, bercé par le roulis du carrosse et le ronronnement de son moteur. Je dormis jusqu’à l’arrivée. Dans mes rêves, je revis tous ces gens que j’avais rencontrés au cours de ce week-end bien rempli ! Quel feu d’artifice pour mes neurones ! Ils fallait qu’ils intègrent tout ça et se reposent, eux aussi ! Le meilleur dopant du cerveau, surtout chez les tout petits comme moi, n’était-ce pas le dodo ? Dodo ça commençait comme Dopant, non ?

L’après-midi, je retrouvai ma Nanou et Maëlys un petit moment, parce que Maman devait travailler. Le soir, comme Maman me l’avait promis la veille, ce fut Papa qui vint me chercher ! On a été super heureux de se retrouver. Plus de cinq jours sans se voir, vous imaginez ! Ce fut une éternité, surtout pour moi, qui vit dans une toute autre réalité temporelle que les adultes ! Papa et Maman furent aussi très heureux de se retrouver. Ils avaient (même si c’était séparément) passé chacun un super week-end prolongé <3 <3.

Les autres jours de la semaine: 

Semaine ordinaire : de nouveau beaucoup, beaucoup avec Nanou. Je me régalais avec Laëticia et Maëlys, nos journée étaient remplies de bonheur ! Au point que je ne me languissais pas des retrouvailles, le soir, d’abord avec Papa, puis avec Maman, même si j’en avais un besoin vital et qu’elles finissaient de combler mes journées de petit garçon ! 

Je souriais énormément ces temps-ci, car toutes les personnes que je côtoyaient rayonnaient également, irradiant de sourires, comme pour me montrer l’exemple. Maëlys et moi, on s’adorait, elle était comme une sœur. Elle me faisait plein de bisous, de sourires, de grimaces, aussi ! Lorsqu’elle faisait le clown devant moi, je riais aux éclats. D’ailleurs, ça c’était un nouveau truc que j’avais découvert avec Papa ! Lorsqu’il me changeait ou me sortait du bain, il me faisait des chatouilles avec sa bouche sur le ventre et sous les bras. Cela déclenchait chez moi fou-rire incontrôlable ! Je riais à plein poumons, j’étais trop heureux. Et je crois que le fait de rire me rendait plus heureux encore…

Pendant que j’étais chez Nounou, cette semaine, Maman retourna voir Duende et Kolina en plus de son travail. Elle put même enfin regaloper avec Kolina. Cela ne lui était pas arrivé depuis plus de six mois ! Imaginez-vous, une demie année sans galoper !!! Je me souvenais très bien du galop, de ce bercement si agréable… C’était un peu comme quand Maman marchait, mais en plus doux et plus rapide à la fois. Cela m’avait donné la sensation de voler, porté par des ailes magiques. Pour moi, le petit ange, galoper m’avait rappelé mes vols célestes, d’avant… Je comprenais donc parfaitement à quel point Maman était heureuse de retrouver ces sensations. C’était sa façon à elle d’être un ange !

Dimanche 8 avril

Comme souvent le dimanche, nous sommes allés rendre visite à Mamie Yvonne. Elle choisit ce jour-là, juste avant mes trois mois révolus, pour me donner l’onction. Elle en parlait depuis ma naissance, cela lui tenait à cœur. Il était pourtant déjà prévu que je sois baptisé cet été, d’après les souhaits de Maman… et pour faire plaisir à mes deux grands-mères ! Elle prit un peu d’eau et en appliqua quelques gouttes sur mon front, en me bénissant… Il faut dire que Mamie, depuis ma naissance compliquée et mon séjour à l’hôpital, elle avait toujours la crainte qu’il m’arrive quelque chose. Je savaisis qu’elle a eu très très peur de me perdre… C’était que Mamie, elle tenait à moi et moi à elle <3 <3.

Elle ne pensait pas avoir encore un petit fils à son âge ! Alors qu’elle avait déjà trois arrières petites filles et qu’un arrière petit-fils était en route pour nous rejoindre dans quelques mois. Ce qui la rendait la plus heureuse, je crois, c’était que son fils ait un fils à son image. Je lui rappelais son Jean-Luc, quand il était petit ; mon arrivée la replongea plus d’un demi-siècle en arrière… Ses enfants, elle les adorait. Et son fils ! Comme toutes les mamans, elle en était gaga. D’autant que, comme son père (le mari d’Yvonne), Jean-Luc était un très beau bébé. Avec mes yeux bleus, mon duvet blond, mon corps aussi potelé qu’athlétique, je remplissais, d’après ce qu’il se disait, tous les critères du bébé des magazines, le fameux « bébé Cadum » ! Tout le monde me répétait, à tout bout de champ : « Qu’il est beau, cet Angelo ! ». C’est parce que j’étais un petit ange, digne de la chapelle Sixtine !

A ce sujet, je vais vous raconter un bout d’histoire familial mythique ! En 1932, mon grand-père, Michel, remporta le concours du plus beau bébé du département !!! Si, si, je vous assure. Il était alors âgé de quelques mois. Le plus drôle de l’histoire, et le détail qui fit qu’elle entra dans la légende, fut que, lorsque Papy Michel reçut son prix de la part du président du jury, il lui fit purement et simplement pipi dessus, en guise de remerciement sans doute ! J’avais de qui tenir pour ce qui était du sens de l’humour et bêtises à faire !

Après mon onction, tatie Michèle et tonton Pierre sont venus chez mamie Yvonne. Papa et Maman prirent alors plein de photos de nous tous. J’étais tellement beau qu’ils me voulaient en long, en large et en travers, avec eux !

Dernière semaine de mon 3ème mois : du lundi 9 avril au mercredi 11 avril 2018

Lundi 9 avril

Maman m’amena de nouveau partout avec elle ce matin, pour sa voiture. Première étape, Feu vert, pour changer les plaquettes de frein. Elle me mit dans la poussette pour avoir les mains libres. Au début, j’ai continué mon dodo, mais, à mon réveil, j’eus très faim, comme toujours. Elle me donna le sein, dans la salle d’attente, sans complexe. Un jour, peut-être que moi aussi je saurai changer les plaquettes de frein !

Deuxième étape, le contrôle technique du carrosse de madame ! Pour le coup, j’étais bien réveillé. J’en avais marre d’être ligoté dans ma poussette et de ne rien voir de ce qui se passait autour de moi. Maman le comprit très bien et me prit dans les bras pendant tout l’« examen clinique », afin que je puisse profiter moi aussi du spectacle ! 

Mardi 10 avril

Ce matin, Maman m’amena plus tôt que d’habitude chez Laëticia et Maëlys. Elle m’expliqua qu’elle avait besoin de s’occuper un peu d’elle. Elle alla voir ma marraine, Graziella, pour un bon massage de récupération. Maman prenait tellement soin de moi, jour et nuit, en plus des chevaux et tout ça, qu’elle avait besoin qu’on s’occupe aussi d’elle et de son joli corps, bien fatigué, qu’elle ne ménageait jamais ! 

C’était Grazie qui lui avait conseillé de venir seule. Non qu’elle n’ait pas envie de me voir, au contraire ! Elle m’adorait, tout comme parrain. C’était plutôt qu’elle voulait s’assurer que Maman soit tranquille d’esprit et puisse se détendre complètement pour profiter du massage.

Mercredi 11 avril

Ça y est, nous étions au matin de mon 3ème « moisiversaire ». Maman n’avait pas de cours le matin, du coup, elle resta avec moi. Je la sentis très heureuse et c’était réciproque. Enfin un matin tranquille, juste tous les deux, sans rendez-vous, sans courir. Juste profiter du moment présent, câliner… On en avait besoin tous les deux. J’étais encore le petit bébé de ma maman. Notre séparation forcée datait de moins de cent jours…

Compétences

Posté le

24 mars 2019

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