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ANGELO ET LA FAMILLE « Angelo a renoué mon lien avec la famille, il m’a redonné le sens de la famille. »

(écrit le 8 mars 2019)

L’enfance…

Je ne sais pas exactement pourquoi, quelles en sont les raisons profondes, mais je ne me souviens pas un jour avoir été très « famille ». Je me sentais plutôt venue d’une autre planète, pas vraiment à ma place. Presqu’en trop, souvent incomprise. Du coup, je me suis créé mon univers à moi, dans lequel je ne laissais pas grand monde entrer, que ce soit des membres de ma famille ou d’autres proches et amis. J’étais vraiment dans ma bulle, comme exilée sur une île déserte.

La famille, pour moi, c’était plus un poids qu’un bonheur. Des disputes, du bruit, des règles que je n’avais aucune envie de suivre, des obligations, beaucoup. Je me demandais pourquoi les gens fondaient une famille, plutôt que de profiter de leur vie personnelle, de leur tranquillité, de leur liberté… J’ai même déclaré, ado, que je ne me marierais jamais et que je n’aurais jamais d’enfant. 

Bref, j’étais une grande solitaire, inadaptée à une vie de famille, tout comme à n’importe qu’elle vie sociale d’ailleurs. Mais la première société étant la famille, rien d’étonnant que ça ne fonctionne pas en dehors du cocon familial. Dans ce cercle restreint, déjà, je ne me sentais pas à ma place…

A 18 ans…

Les années passèrent. A 18 ans, j’ai quitté la vie de famille (comme Aznavour quitta sa province… pour conquérir Paris !). A 15 ans, déjà, je voulais vivre seule. C’était cependant impossible, matériellement, d’une part, légalement, d’une autre. A moins de me faire émanciper…, mais à l’époque je ne savais même pas que cette alternative existait !

En vivant seule, j’ai enfin pu prendre du recul et peser les avantages et inconvénients de la vie familiale, objectivement, sans être « le nez dedans ». J’ai réalisé que mes parents faisaient énormément pour moi (pour nous), sans que je m’en rende compte. On ne se rend vraiment compte de ce qu’on a que lorsqu’on ne l’a plus ! Le paradoxe de la psychologie humaine… 

Je savourais pourtant le calme et l’indépendance auxquels j’avais tant aspiré. Pouvoir faire ce que je voulais quand je le voulais (en dehors des contraintes professionnelles, c’est-à-dire celles de la vie étudiante), sans être tout le temps dérangé par du bruit, des ordres, des injonctions, des disputes, des discussions sur tout ou rien, qui ne menaient jamais nulle part…

Après 20 ans

J’avais cependant un énorme besoin d’aimer et d’être aimée. Or, pour moi, la famille n’avais jamais rempli ce besoin. J’ai donc recherché une vie de couple, pour combler ce besoin d’amour réciproque. Et je l’ai trouvé, de façon partielle au départ. J’ai procédé par essais-erreurs en recherchant « ma moitié », ou plutôt l’homme qui m’équilibrerait, me comblant affectivement, tout préservant mon inéluctable besoin d’indépendance, de liberté, de solitude… A 28 ans, j’ai trouvé le bon. Même si ce n’était pas simple, à d’autres niveaux. 

Cet homme ne voulait pas de famille avec moi, donc aucune pression de ce côté-là ! Au contraire, le fait que ce ne soit pas possible me pousse à désirer ce qui m’était refusé d’emblée. J’ai un très fort esprit de contradiction, je sais ! D’autant que c’était un Papa génial. Aucun homme que j’avais connu avant ne m’avait donné envie d’avoir un enfant et ne m’avait fait changé d’avis, un avis de longue date ! Lui, si ! Je me mis à rêver d’avoir une enfant de lui et avec lui. Et plus il me disait « non », plus le désir grandissait… Au point d’en devenir une véritable souffrance, pour ne pas dire torture…

Après 30 ans

Les années passèrent, encore… L’amour grandit, murît, des deux côtés. Mais toujours pas d’ouverture vers une vie de famille. Une vie de couple, par contre oui. Un couple de plus en plus solide. 

Il fallut cependant un gros « clash », dont je tairai le causes, pour changer nos relations et faire changer d’avis le futur papa. Il consentit, presque d’un jour à l’autre, à mon désir d’enfant. La vie lui fit voir la chose sous un tout autre angle. Il considéra dès lors que ce serait génial que nous ayons un enfant ensemble et formions, de ce fait, enfin une vraie famille…

Il prétextait que je l’avais eu à l’usure. Mais ce n’était pas exactement cela. A force de lui en parler, c’est moi qui lui avait proposé de porter un autre regard sur son avenir, sur notre avenir commun. Il avait alors remis en question ses prévisions initiales et s’était rendu à l’évidence que la vie avec moi et un enfant le rendrait bien plus heureux qu’une vie libre, mais sans doute très seul. Quant à continuer avec moi, sans enfant, alors que j’en avait le désir, et encore l’âge, il ne se voyait pas le droit de me l’imposer. De toute façon, d’après lui, je serais partie, un jour où l’autre, faire un bébé ailleurs… Un homme ne peut lutter contre une désir de maternité chez une femme, il ne fait pas le poids !

Ce projet d’enfant, c’était le plus beau projet de notre couple et peut-être même le premier vrai projet commun !

38 ans !

Et Angelo, notre petit ange, arriva, en temps et en heure ; lorsqu’il décida que c’était le bon moment. Il eut parfaitement raison de prendre son temps, car il nous permit de nous préparer tranquillement et profondément à son arrivée.

Pendant la grossesse, beaucoup de choses changèrent en moi (oui, je sais, c’est une lapalissade!). Je ne parle pas du physique, mais du psychique. 

La mère

Je me mis à penser très fort à toutes ces femmes avant moi qui avaient porté et donné la vie. Sur Terre, mais aussi dans ma famille. Mes grands-mères, tantes, cousines, belles-soeurs et, évidemment, ma mère. Je réalisais ce qu’elle avait dû vivre, presque 40 ans plus tôt, étant donné que j’étais, moi-même, son premier enfant. 

Mon lien à Angelo faisait évidemment écho à celui de ma mère et moi et réciproquement (moi et ma mère). Du coup, je me suis rapprochée d’elle. C’était alors (enfin !) une des personnes qui pouvait le mieux comprendre ce que je vivais et ressentais de si nouveau, de si extraordinaire…

Le père

Je me posais aussi beaucoup de questions sur la place du père, loin d’être évidente, tant le lien mère-enfant était fort, déjà avant la naissance. Un lien totalement charnel et incarné ! Le père, lui, était alors comme en orbite autour de cette mère en devenir, couvant son noyau plus que radioactif ! Où était sa place, aux côtés de cette supernova qui devenait le centre de l’univers ?

En réfléchissant à la place du père, je pensais forcément au mien et au lien que nous avions et avons, bien différent de celui avec ma mère. Une relation paradoxalement plus distante, plus sereine, plus respectueuse aussi…

Frères et sœurs

Je pensais aussi à mes frères et sœurs, celui déjà parent depuis longtemps, celui parent depuis peu, celle sans enfant à l’heure actuelle…

Je renoue le cordon

En fait, ce fut comme si ce bébé tant désiré, « ce petit ange tombé du ciel », s’était mis à recoudre mon cordon ombilical. D’un coup, une corde, un lien, me tira vers ma famille, vers les deux familles en fait (la mienne et celle du papa). Moi, l’isolée, l’expatriée, la solitaire, l’ermite, l’asociale à la limite de l’autisme, j’étais soudain reliée par le sang, les gènes, le cœur, l’âme même, à un grand groupe humain. Une sensation qui m’avait quittée depuis tant d’années que je ne m’en souvenais même pas. Je n’étais plus seule et je faisais partie d’un ensemble.

Plus seule

Plus seule, non plus, car je serai liée à mon fils jusqu’à ce que la mort nous sépare. Et même là, nous continuerons à veiller l’un sur l’autre, c’est une certitude pour moi. Lui qui s’est incarné en moi, qui a vécu ses premiers mois en mon sein, il a besoin de moi plus que quiconque. Et moi aussi, j’ai un besoin vital de lui ! Ce que je n’imaginais pas à ce point avant d’être maman. Depuis sa naissance (et même sa conception), je n’ai jamais passé une seule nuit sans lui. Pourtant, cela fait maintenant presque 2 ans ! Donc plus jamais seule…

Les autres membres de la famille

J’étais désormais liée plus que jamais à tous les membres de la famille d’Angelo : mes parents, frères et sœurs, neveux et nièces, mais aussi ma belle-famille.

Ma maman

Elle avait déjà trois petits enfants. Mais comme ils étaient nés et avaient passés leurs premières années au Chili, elle ne les avait pas vus énormément (jusqu’à leur retour en France). Du coup, elle a été très heureuse d’assister de plus près (c’est le cas de le dire !) aux premiers jours, semaines, mois de son deuxième petit-fils. 

D’autant qu’il y a entre eux bien des ressemblances. Déjà le prénom : Angelo / Angelika. Puis le physique : Angelo ressemble beaucoup à ma maman, dans ses premières années : regard bleu, tête ronde, très souriant. 

Mon papa

Il était content d’avoir un second petit-fils, après quatre petites-filles. Faut pas le dire, mais je me demande s’il n’a pas un petit côté macho qui pointe avec le grand-âge ! Il adore ses petits-fils. Disons que la relation avec eux a depuis toujours été plus simple pour lui qu’avec ses petites-filles. Allez savoir pourquoi ? Peut-être parce qu’il lui a fallu du temps pour trouver sa place de grand-père… (Les deux petits gars sont arrivés les derniers, dans le rang de ses petits-enfants).

Mes cousins-cousines 

Il s’est trouvé qu’en 1 an, nous fûmes 4 cousins-cousines à « enfanter » pour la première fois. Une aubaine pour developper encore un peu plus mon sens de la famille. 

Astrid commença avec son petit Victor le 2 novembre 2017.

J’enchaînai avec Angelo le 11 janvier 2018.

Puis Isabelle prit rapidement le relais, avec sa petite Lou, le 10 février 2018.

Et enfin, un peu plus tard, Zéphirin pointa le bout de son nez, chez Gilles et sa compagne Lili, le 5 octobre 2019.

Du coup, nous avons beaucoup communiqué, les unes avec les autres (surtout Astrid et moi et Isa et moi.)

Je me suis sentie enfin appartenir de façon légitime et bien réelle au grand clan des Dumoulin, et plus particulièrement à ces parents qui ont commencé à mettre au monde la nouvelle génération.

Ma belle famille

Jamais je n’aurais pensé que l’annonce de ma grossesse rendrait tant de membres de ma belle famille heureux et surtout SI heureux !

Ma belle-mère, pour commencer

Elle n’imaginait pas être de nouveau grand-mère, à presque 90 ans. Même si c’était possible, étant donné que son fils chéri, de trente ans de moins qu’elle, était avec une femme plus jeune. Elle fut vraiment comblée, enchantée, ravie… Je ne trouve pas de mots assez forts pour décrire sa joie.

Ma belle-soeur

Elle adore son petit frère. A-t-elle imaginé, à l’annonce de cette grossesse et surtout du sexe du bébé, l’arrivée d’un poupon à l’image de celui qu’était son petit frère adoré ? Peut-être l’espérait-t-elle tout au fond d’elle… En tout cas, elle savait que je désirais cet enfant depuis longtemps… 

Je pense aussi que ce bébé les rassuraient, elle et sa mère, sur l’avenir de la vie affective de leur frère et fils respectifs. On serait lié pour de bon. Je ne risquais pas de partir du jour au lendemain pour un autre, plus jeune peut-être (justement à cause de ce désir d’enfant non assouvi…). Un nouvel avenir heureux s’ouvrait désormais pour cet homme qu’elles aimaient toutes les deux. Une nouvelle petite famille. Beaucoup de bonheur en perspective. Et quand il était heureux, sa mère et sa sœur l’étaient aussi !

Les enfants de ma belle-soeur (qui sont de ma génération). 

Ils furent ravis, eux aussi, à l’annonce de cet heureux événement. Sans doute en grande partie en pensant à leurs propres enfants, de la même génération qu’Angelo.

D’ailleurs, le second fils de ma belle-soeur et sa femme, Charlotte, devinrent de nouveau parents, avec leur petit garçon, prénommé Edouard, le 1er aout 2018. Encore un bébé dans la famille, dans la même année que celle d’Angelo !

Ma place parmi eux aussi s’officialisa enfin, même s’ils m’ont toujours appréciée. Je n’étais plus la pièce rapportée, un peu pestiférée par l’ex-femme et la fille aînée de mon conjoint…

Angelo est un porteur de bonheur et un messager de paix.

Ça, je l’ai su au plus profond de mon cœur, comme une intime conviction, dès sa conception. 

Cela devint pour moi une priorité qu’il passe du temps avec les membres de sa famille et apprenne à les connaître, que ce soit du côté maternel comme du côté paternel. Et ce, pour lui, pour eux, pour l’harmonie de l’ensemble…

Pour lui

Il est très important qu’il connaisse ses origines et la famille de ses parents.

Pour eux

Certains d’entre eux n’étant plus tout jeunes, je ressens comme un devoir loyal de leur faire profiter le plus possible de ce petit ange, mis au monde bien tardivement.

Pour l’harmonie de l’ensemble

Angelo ravit quiconque le rencontre. Il incarne son nom à la perfection. Et ce que j’ai ressenti, comme une prophétie, se réalise parfaitement. Angelo est un « bébé bonheur ». Son sourire, « diablement » contagieux, illumine quiconque le voit et le côtoie. Sa beauté n’a d’égal que sa bonne humeur et sa force de vie <3

Bref

Merci, mon fils, d’être arrivé dans ma vie, dans nos vies… Grâce à toi je découvre et vis enfin le bonheur de faire partie d’une famille. J’espère t’offrir une famille digne de toi, dans laquelle tu sois le plus heureux possible. Sur cette Terre si différente du Ciel dont tu viens. Tes frères, les anges, ne nous ont pas choisis par hasard, j’en suis certaine <3 <3 < 3.

Compétences

Posté le

3 février 2020

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