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JOURNAL DE BORD D’UN PETIT ANGE tombé sur Terre -5-

EPISODE 5 : MON 5ème MOIS

– je pèse 8kg et je mesure 60 cm, environ – 

Vendredi 11 mai 2018 au soir, j’ai eu exactement 4 mois.

Maman et Papa dorment tout près…

J’ai totalement oublié de vous parler de notre nouvelle configuration, la nuit, depuis le mois dernier. Papa et Maman ont changé le canapé du salon pour un convertible, afin de pouvoir dormir plus près de moi. Il avait été livré alors que Maman était seule avec moi, le 12 mars, j’avais à peine 2 mois. Mais comme les livreurs n’avaient pu le faire passer par la porte d’entrée, ils l’avaient laissé dans le garage… 

Après son retour du ski, Papa avait trouvé le temps, le 17 avril, enfin !, pour l’installer dans le salon. Il lui avait fallut le passer par la porte qui séparait le garage du reste de la maison, ce qui ne fut pas une mince affaire ! Les livreurs ne l’avaient pas fait, parce que le canapé ne passait tout simplement pas non plus par cette porte là… Papa avait dû démonter les accoudoirs et suer sang et eau pour qu’il arrive enfin à bon port ! 

Maintenant, Papa et Maman dormaient juste à côté de ma chambre, c’était plus pratique pour eux. Maman ne craignaient plus ne pas m’entendre (en cas de panne du baby-phone) et elle n’avait plus un étage à descendre et à remonter pour m’allaiter. Pour ma part, cela me rassurait de les sentir tout près de moi, la nuit. 

Dimanche 13 mai 

Ce matin, j’ai profité du lit de Papa et Maman, qui essayèrent de faire la grasse-mat avec moi… J’avais sonné le clairon de bonne heure, fidèle à mes habitudes. Et comme chaque matin, il leur manquait quelques heures de sommeil. Mais comment vous expliquer ? Moi, j’étais réveillé et pas question de me rendormir ! Je redormirais, plus tard… En attendant, je faisais le pitre et sollicitais toute leur attention !

1ère semaine du 5ème mois : du 14 au 20 mai 2018

Lundi 14 mai 

Grosse matinée dehors avec Maman. Elle m’amena chez le kiné de Rivesaltes, pour son soin hebdomadaire, donc de nouveau pour elle, cette fois-ci. Nous sommes ensuite passés à la « vitrine médicale », où Maman louait son tire-lait, pour une histoire de facture. Puis, petit tour à Carrefour pour developper les photos de mon quatrième mois. Maman en offrait aux proches, notamment à ceux qui n’étaient pas trop habitués aux supports numériques, comme Mamie Yvonne et Grand-Pa Philippe. Elle faisait aussi de vrais albums, car elle trouvait que c’était de supers chouettes souvenirs. Et puis, au moins, les photos papiers ne pouvaient pas disparaître en cliquant sur un bouton ou suite à un simple bug informatique, incompréhensible pour le commun des mortels ! 

Nous avons fini notre tournée par ADBB, pour clôturer ma liste de naissance. Tout ce qu’elle contenait avait désormais été offert ! Maman n’en revenait pas à quel point tous les gens qu’elle connaissait – famille, amis, mais aussi simples connaissances – avaient été généreux pour son bébé :-). Elle ne s’attendait pas à recevoir autant de cadeaux ! Bref, ce matin, elle m’avait trimballé partout. J’étais bien fatigué en arrivant chez Nanou et elle aussi, je pense !

Chez Nanou m’attendait une surprise qui me redonna vite de l’énergie. Enzo, un autre bébé, était là pour la journée. C’était le cousin de Maëlys, le neveu de Nanou. On a passé de supers chouettes moments tous les trois. Et Maëlys fut très fière d’avoir deux petits gars à pouponner !

Mardi 15 mai

Ce matin, Maman m’amena avec elle chez son gynécologue, ce monsieur aux cheveux blancs et aux dents immaculées qui souriait tout le temps ! Il la félicita de continuer à m’allaiter, même si, d’après lui, cela la mettait dans le même état hormonal qu’une femme ménopausée. Lol ! Mieux valait entendre ça qu’être sourd !

Nous devions, ensuite, retourner chez la pédiatre. Mais le rendez-vous fut annulé. Elle venait de perdre son mari, un éminent gynécologue perpignanais, des suites d’une longue maladie. Cela expliquait sans doute pourquoi Maman et moi l’avions trouvée à côté de ses pompes lors de nos précédentes visites. Elle avait de gros soucis personnels… Mais nous ne le savions pas.

Ce fut la journée médicale. Le soir, comme le rendez-vous chez la pédiatre avait été annulé, Papa m’amena chez le docteur qui est installé près de la maison. Maman travaillait. Je toussais toujours beaucoup, beaucoup… Ma bronchite s’était transformée en laryngite. La nounou pensais que je faisait de la RGO (Régurgitation Gastro-Oesophagienne) car je mangeais (ou plutôt buvais) trop. Le médecin estima que c’était fort possible. Mais, pour lui, pas besoin de Gaviscon (vous vous souvenez la dernière visite chez la pédiatre ?!). Toujours selon lui, ce médicament ne devait être utilisé qu’en cas de perte de poids. Moi, du poids j’en prenais toujours autant ; je n’étais, fort heureusement, pas prêt d’en perdre !

Mercredi 16 mai

Aujourd’hui, Maman donna un cours à Marie, la fille de Béatrice (rappelez-vous de cette gentille infirmière qui s’était si bien occupée de nous à l’hôpital). Elle en profita pour lui demander s’il était possible que je souffre de « RGO » et ce qu’elle pouvait faire pour que j’arrête enfin de tousser… Béatrice travaillait au service pédiatrique de l’hôpital depuis toujours. Elle connaissait la toux des bébés allaités ou au biberon. Les bronchiolites, notamment, elle en voyait tous les jours ! Elle préconisa un nettoyage de nez avant chaque biberon ou tétée. Devant l’air dubitatif de Maman, elle lui en expliqua la raison d’être. Même si ce n’était pas une sinécure, c’était absolument indispensable !

Lorsque mon nez était bouché, j’avalais mes glaires. Elles stagnaient alors dans ma gorge. La nuit, le nez étant bouché, je respirais par la bouche, ce qui séchait le mucus et déclenchait des quintes de toux ! Les glaires qui arrivaient dans mon estomac, quant à elles, me donnaient mal au ventre et augmentaient ma régurgitation…

A partir de ce jour-là, ce fut la torture quotidienne. Maman et Papa me débouchèrent le nez avant chaque repas. Je détestais ça ! Dès qu’ils l’approchaient de mon nez, j’essayais, de toutes mes forces, de les empêcher de me mettre la pipette, pleine de liquide qui brûle les sinus, dans les narines. Mais rien à faire ! Ils étaient plus fort que moi. Je hurlais à chaque fois. Ça faisait mal ! Mal à ma tête, mal à mon corps… Pourquoi devais-je supporter ce supplice cinq ou six fois par jour. Qu’avais-je fait pour mériter ça ? Mes frères, les anges, aidez-moi ! Je ne suis encore qu’un tout petit bébé ange…

Dimanche 20 mai

Première nouveauté du jour (mais dont je ne pris conscience vraiment que dans les jours qui suivirent), Maman tira son lait pour d’autres bébés que moi. Je vous expliquerai plus tard…

Autre événement aujourd’hui, il y eut un second nourrisson à la maison ! Voilà ce que Maman me raconta à midi, au sujet de cet invité surprise.

« Mon petit Titou, encore une rencontre singulière, un bébé que le destin mit sur ma route. Ce matin, comme tu le sais, je suis allée voir ma chère Kolina. J’ai fait des longues rênes avec elle, dans le manège. En rangeant ensuite mon matériel, alors que je m’apprêtais à la monter, que vis-je dans le sable de la carrière, presqu’aux pieds de ma jument ? Un petit oiseau, pas plus gros que ta main ! Un oisillon, tombé du nid. Je l’ai ramassé. Il était bien vivant et ne semblait même pas blessé. En levant la tête, je me suis aperçu qu’il y avait des dizaines de nids installés dans la charpente du manège ! Je le mis dans une serviette de bain (dont je me sers l’été pour sécher Kolina), dans ma bombe, pour qu’il ait un petit nid douillet… Puis, après avoir rentré Kolina, je l’ai ramené à la maison… J’ai grand espoir de le sauver. »

Maman, elle avait l’instinct maternel aussi avec les animaux…

« Je lui ai donné de l’eau dans une de tes pipettes de liquide physio, vide. Puis je lui ai préparé de la bouillie d’oeuf dur, bien cuit, et lui ai donné à manger. Il avait très faim ! Par moment, il piaillait et ouvrait grand son bec pour avoir la béqueté. Je lui enfournais un peu de cette pâte nourrissante, ça avait l’air l’air de drôlement lui plaire ! J’espère qu’elle va lui profiter…»

L’après-midi, nous sommes retournés tous les trois à la falaise, sans porte-bébé ce coup-ci. C’était cool, j’étais dans leur bras, je voyais le paysage, les murets en pierre, les autres promeneurs et la mer, en contre bas, au loin…

Lors de mon premier réveil pour téter, cette nuit-là, Maman me raconta la suite de l’histoire. 

« Le soir, le petit piaf était encore bien. Je lui ai fait un nid avec du coton, dans la cage de transport de Yuki, afin que le chat, justement, n’ai pas l’idée de le croquer pendant notre sommeil. En début de nuit, j’ai trouvé qu’il avait le corps frais. Je l’ai couvert de coton et lui ai fait un véritable « nid-cocon-couffin » douillet. Et là, je vais lui redonner à manger, après ta tétée… »

Lors de la tétée du matin, elle me raconta la suite…

« Le coton n’a pas remplacé la chaleur et le duvet d’une maman et d’une couvée… Je l’ai trouvé sans vie, au petit matin… Il est mort pendant la nuit…sans doute de froid, pauvrette ».

Je sentais à quel point Maman était triste de son échec… 

« Il est comme tous les bébés, en fait : incapable de se thermoréguler seul. Je m’en veux beaucoup, Titou, tu sais… Avec le recul, je me dis que j’aurais dû mettre une lampe juste au dessus du « nid » pour qu’il reste bien chaud. Un an plus tôt, pour les chiots, j’avais mis des bouillottes dans leur couffin improvisé, alors qu’ils étaient huit et pouvaient déjà un peu se réchauffer mutuellement.L’association qui les avaient pris en charge, ensuite, les avaient mis sous des lampes chauffantes. (voir tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ »). Eux, ils ont survécu… »

Je ne savais pas trop quoi lui répondre pour la réconforter, à part qu’elle avait fait de son mieux, ma petite maman…

« J’ai prolongé sa vie de quelques heures… A quoi bon ? Il est mort d’hypothermie au lieu de se faire écraser par un cheval ou dévorer par un chien. J’espère au moins que mon attention et mes douces intentions auront rendu son départ plus doux. Pauvre petit qui n’aura vécu que quelques jours… »

Silence. Je pensai qu’elle se recueillait, se concentrait…

« Je me demande pour quelle raison cet événement me marque tant, alors qu’il semblerait anecdotique pour n’importe qui d’autre. Pourquoi est-il tombé juste à mes pieds ? Avait-il un message à me transmettre, lui aussi ? Voulait-il tester ma qualité de maman ? Dans ce cas, j’ai échoué… En fait, il me rappelle étrangement une autre histoire d’oiseau qui m’est arrivée il y a deux mois, presque jour pour jour. Je t’avais parlé de ce goéland pot de colle ! Tu t’en souviens mon Titounet ? »

Oui, je m’en rappelait très bien. Mais j’avais totalement omis de vous en parler en temps et en heure. Voilà ce que Maman m’avait raconté à l’époque. 

C’était 19 mars dernier, presque le jour du printemps. Le jour de l’anniversaire de Grand-Pa… Maman tirait son lait, à son bureau, quand elle avait entendu frapper à la véranda. Elle avait regardé et vu un goéland tapant avec son bac contre la vitre ! Quelle idée ? Jamais un goéland ne s’était approché si près. Que lui voulait-il donc ? Pour elle, c’était clair, il voulait communiquer ou, en tout cas, manifester sa présence. Il était resté sur la terrasse toute l’après-midi. Lorsqu’elle ouvrait la porte, il s’éloignait, de 3-4 mètres, pas plus…

Le soir, lorsque Papa était rentré du travail, il avait dit à Maman qu’il lui semblait que le goéland avait une aile cassée. Et, en effet, dans les jours qui suivirent, lorsque Maman l’avait vu ouvrir les ailes pour les nettoyer, elle avait constaté que son aile droite était cassée. C’était sans doute pour cette raison qu’il ne pouvait plus partir de la terrasse. Mais comment était-il arrivé jusqu’ici ? A la nage ? Mystère…

Il était resté quelques temps. Maman lui donnait à manger. Des restes, en général. Elle lui avait même acheté des boites de pâtée pour chats. Dès qu’elle ouvrait la porte, il venait et se précipitait vers elle, impatient de voir ce qu’elle allait lui donner. Il vivait sur la terrasse. Le chat, Yuki, le surveillait de près, mais sans oser le toucher. Malgré son infirmité, il devait bénéficier d’une aura protectrice. 

Comme avec Monkey, (voir tome II des «Conversations entre Maylen’ et Kaolin’ »), Maman eut l’impression qu’il était un messager. Elle me confia même qu’il lui semblait qu’il était la réincarnation de Monkey. Comme si Monkey venait voir si tout allait bien depuis ma naissance… Et puis un beau jour, au bout de trois ou quatre semaines, il disparut… Exactement comme Monkey ! Comment était-il reparti ? Maman se le demandait toujours…

Semaine du 21 au 27 mai 2018

Lundi 21 mai

Depuis quelques temps, je faisais plein de nouveaux trucs, pas seulement chez Nanou, mais aussi avec Maman. Elle ne me posait, par exemple, plus systématiquement dans le transat lorsque je quittais ses bras ou mon coin dodo. J’avais inauguré mon tapis d’éveil sur lequel je pouvais bouger à loisir, attraper les peluches qui pendaient des arches, passer du ventre au dos de plus en plus aisément… Maman m’avait montré aussi comment je pouvais me retourner quand j’étais sur le ventre pour revenir sur le dos. Je dois avouer, que sur le ventre, je n’étais pas à l’aise du tout depuis le début, contrairement à d’autres bébés qui adoraient ça ! Comme Maman, et Nanou aussi, m’entrainèrent toutes les deux, régulièrement, je parvins à me remettre tout seul sur le dos, et, du coup, la position ventrale me parut moins anxiogène et inconfortable.

Maman m’avait aussi initié à un nouveau jeu qui me plaisait beaucoup. Elle appuyait ses pieds contre les miens et moi, en réponse, je poussais fort, fort, fort… Au début, je ne comprenais pas bien ce que je devais faire. Mais, au bout de deux ou trois fois, surtout quand elle mit le transat par terre et s’assit sur sa chaise de bureau, j’ai trouvé ça super rigolo ! J’arrivais à la faisais reculer, Maman, sur sa chaise à roulettes ! Moi, j’étais tranquillement calé dans mon transat, et hop, je poussais, je poussais, je poussais et Maman s’éloignait. J’était fier comme Artaban ! Trop fort, petit ange !

Ce matin, Maman me montra un nouveau joujou : mes pieds ! En fait, elle inventa une variante du jeu dont je viens de vous parler. Avec ses pieds, elle monta les miens vers mon ventre. Du coup, je les vis à portée de main, et hop, je pus les attraper ! J’adorai ce nouveau joujou, hochet et doudou, tout à la fois. Je ne savais pas encore vraiment que c’était à moi, même si je percevais certaines sensations sur mes pieds lorsque je les agrippais avec mes puissantes menottes.

Mardi 22 mai

Depuis le début de la semaine, je n’avais pas toujours envie de boire au sein. (voir texte « MON EXPERIENCE DE L’ALLAITEMENT PARTIE I : allaitement exclusif/ de la naissance à 6 mois / premiers temps, don au lactarium, grève du sein) »,écrit par Maman).A vrai dire, j’étais partagé… J’aimais être dans les bras de Maman, collé fort contre elle, comme quand j’étais tout petit… M’endormir son téton dans la bouche, les yeux fermés, dans ses bras… Surtout la nuit et le matin, quand j’étais fatigué… 

Mais dans la journée, parfois, je n’en avais plus du tout envie ! Je préférais le bibi ! Le lait sortait plus vite quand j’avais très faim. Et je voyais ce qui m’entourait, assis, comme un grand. Chez la nounou et avec Papa, c’était toujours bibi comme ça et j’aimais bien aussi. Les repas, avec Maman, ça devenait vraiment compliqué. Parfois, elle me donnait le sein, parfois le biberon. Et quand c’était moi qui voulait le biberon, elle me proposait le sein et vice et versa ! Toute la semaine, donc, ce fut difficile d’avoir envie de téter lorsque Maman le voulait. Dans ma tête, c’était de plus en plus conflictuel…

Jeudi 24 mai

Aujourd’hui, Maman m’amena de nouveau partout avec elle, comme mardi, journée pour laquelle je vous avais épargné la liste de nos activités ! Nous sommes retournés à Feu Vert pour la vidange du « carrosse ». J’étais super sage, dans la poussette. Ensuite, Maman a fait une pause au bord de la route et m’a donné le sein ! Il fallait enchaîner ensuite avec la séance hebdomadaire chez le kiné de Rivesaltes. J’avais faim, mais comme ce n’était pas comme d’habitude, ni l’endroit, ni le moment, je ne bus pas beaucoup… Du coup, en rentrant, Maman fut obligée de me faire un biberon avant de m’amener chez Nanou, car je réclamai alors qu’elle venait juste de tirer son lait…

J’avais conscience que c’était compliqué pour Maman, car elle n’avait pas de lait tout le temps, dans ses seins. Et je vous avoue que c’était cela qui me stressait aussi… Parfois, il y avait beaucoup de lait, je buvais jusqu’à être repu. Mais d’autres fois, je devais tirer fort, fort, fort, et ça ne venait pas bien, et très vite plus du tout. Ça m’énervait au plus haut point, lorsque j’avais faim. Et puis, sans que je comprenne au départ pourquoi, certaines fois, quand je criais famine, Maman n’essayait même pas le sein et me faisais directement un biberon…

Heureusement, elle me donna quelques explications par la suite, un peu complexes cependant pour le petit bébé que j’étais… 

« J’ai été obligée de te faire un bibi, mon petit Angelo, parce que je ne pensais pas que tu aurais faim si vite ! Du coup, j’ai vidé le lait de mes seins dans des bibis pour pouvoir les amener à Nanou ! Tu sais, mon petit cœur, ce n’est pas facile pour moi non plus de te donner mon lait et du coup de t’allaiter comme tu le souhaiterais. Je dois toujours prévoir pour que tu aies de quoi te nourrir quand nous sommes séparés. »

Je lui répondis dans mon cœur :

« Je sais que tu fais de ton mieux, ma petite maman, et je ne t’en veux pas. Je réagis de façon instinctive. Quand j’ai très faim, j’ai besoin de manger vite et beaucoup. Et, d’autre part, cela me perturbe assez que les rituels soient si différents, avec toi, le jour. J’ai trois « parents nourriciers » différents, avec lesquels les horaires de « repas » varient selon les jours. Je ne sais jamais avec qui je prendrais mon prochain bibi, et encore moins si ce ne sera pas une tétée ! Il a fallu que je m’habitue à la façon de faire de chacun, ce n’était pas inné ! Nanou et Papa ont chacun leur rituel, assez régulier, en ce qui concerne le lieu dans la maison, la position position dans leurs bras, etc… Et surtout, c’est toujours le biberon, bien plein et qui coule vite ! Avec toi, par contre, j’ai du mal à suivre ! Il n’y a pas de rituel, ça change tout le temps ! Je fais ce que je peux, mais pour moi c’est vraiment hyper perturbant et stressant, Maman… »

Je percevais qu’elle me comprenait parfaitement mais se sentait impuissante. 

« Mon petit Titou, j’aimerais bien que mes seins soient toujours prêts et pleins, comme un biberon. Mais je ne suis pas une mécanique suisse ! Pour que Maman fasse du bon lait, en grande quantité, elle a besoin de repos. Mon corps est une bonne machine solide et généreuse, mais il n’est pas surhumain. Moins je dors, plus je suis fatiguée, et moins mes seins produisent de lait. Avec ta toux ces dernières semaines, j’ai, comme toi, très, très mal dormi. C’est une des raisons qui fait que mes seins ne te donnaient pas toujours autant que tu en avais envie, pour petit amour <3. Pas facile d’être toujours à fond, sur tous les fronts ! Je ne suis pas une superwoman ! » 

Vendredi 25 mai

Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de Koko. Elle a eu 11 ans. Après m’avoir laissé chez Nanou, Maman est allée la voir et elles ont fait une balade jusqu’au terrain de Maman. Balade soft, car depuis hier soir Maman souffrait d’une grosse contracture du dos en haut à droite. Pas étonnant, à force de porter partout dans mon cosy, mon transat, sans oublier l’allaitement, le tirage de lait. Comme elle est droitière, elle fait tout et force surtout avec le bras droit… Duende a fêté son anniversaire il y a une semaine, le jeudi 17. Il a eu 5 ans. Maman a fait avec lui une belle balade lundi et une séance en carrière le lendemain de son anniversaire.

Cette après-midi, Papa ne travaillait pas, parce qu’il y avait un chantier dans le jardin. William, le papa d’une élève de Maman, passionné de bûcheronnage, est venu couper des arbres qui gênaient. Papa devait être là pour superviser les choses ! Maman, quant à elle, partit en cours, en commençant par Loreena, après son retour de balade et sa sacro-sainte « traite » de midi !

Samedi 26 mai 

Le samedi, c’était, comme souvent, avec Papa. Du coup, pour les repas, ce n’était pas compliqué : bibi, bibi et rebibi. Maman m’avait expliqué le matin, avant de partir travailler, qu’elle tirerait son lait chez des élèves sympas qui lui prêtaient leur salle de bain. Je fus super content de la retrouver, le soir, à son retour et de faire une bonne « tétée-retrouvailles » avant d’aller au dodo. J’avais tété aussi dans la nuit de vendredi à samedi, comme toutes les nuits, encore…

Dimanche 27 mai

Cette nuit, ça n’allait pas du tout… Je n’ai pas arrêté de tousser, j’avais le nez bouché, impossible de dormir. Mes deux parents se relayèrent un long moment pour me bercer, dans l’espoir que je trouve enfin le sommeil. Finalement, totalement désemparé face à leur incapacité à m’endormir, Papa eut comme idée de me faire faire un tour de poussette, dehors, en pleine nuit, pour que je me calme ! Mais cela me fit l’effet inverse ! Je fus terrorisé par le décor que je n’avais jamais vu sans la lumière du soleil… Il y avait des ombres partout, je ne reconnaissais rien. 

Je tétais vers 4h, comme d’habitude… et me rendormis enfin jusqu’au matin. Au réveil, je refis une petite tétée. Mais ce ne fut pas long, on était crevé Maman et moi. Elle n’avait pas énormément de lait et moi pas la force de persévérer… Je refis une bonne tétée un peu plus tard dans la matinée, ça allait un peu mieux. Je me rendormis au sein, épuisé mais rassasié et serein. 

Dans la suite de la journée, Maman profita d’être à la maison pour me proposer régulièrement de téter, mais, à chaque fois, j’avais du mal. Le lait ne venait pas assez vite, j’étais fatigué et pas bien. Maman se dit qu’elle n’avait pas assez de lait, du fait de la fatigue, et Papa finit par me faire un bibi dans l’après-midi. Ce rhume m’anéantissait littéralement… Il m’épuisait, me rendait grognon, ronchon, ce qui était tout à fait contraire à mon tempérament. Je toussais très souvent, ce qui me faisait énormément régurgiter. Mes parents étaient inquiets…. 

Dans la matinée, Maman profita de la douceur de cette fin de mois de mai pour m’amener au jardin. On a cueilli des fraises ensemble, des dizaines de petites fruits rouges qui poussaient au milieu des feuillages verts. Maman me dit que l’année prochaine je pourrais les ramasser et les manger tout seul ! 

Dans l’après-midi, pour se changer les idées et continuer à profiter du beau temps, avec Papa et Maman, on est retourné voir Duende. Maman le montait et Papa me baladait dans la poussette. C’était cool de retrouver mon pote Dudu ! J’en oubliais presque ma vilaine toux.

Mais le soir, rebelote, j’ai tété très peu et Papa m’a fait un bibi… Par la suite, impossible de dormir, jusqu’à minuit. J’ai finis par tomber, enfin, dans un profond sommeil pour ne me réveiller qu’au petit matin !!! J’avais besoin de récupérer. Papa et Maman aussi !

J’ai oublié de vous préciser qu’aujourd’hui, c’était la fête des mères… Je lui en fait une sacrée fête, moi, à ma maman ! Mais ce n’était pas volontaire. La preuve, c’est qu’avec Nanou, on lui avait préparé un joli cadeau, son premier cadeau de fête des mères à ma maman d’amour <3. Un cadre, en forme de cœur, avec des photos de moi qui lui souriait de mon sourire angélique ;-). Cela lui fit super plaisir. Nanou avait marqué sous les photos « Je t’aime, Maman »… Ce que Maman ne savait pas, c’est qu’au départ, Nanou avait prévu que je mette mes empreintes de mains sur le tableau. Mais j’étais un peu trop dissipé pour ça ! Et j’avoue aussi que le contact de la peinture gluante sur ma peau ne m’enchanta pas des masses ! Du coup, Nanou avait dû modifier son projet initial. Mais le principal, c’était que mon cadeau plaise à Maman et lui fasse chaud au cœur ; un peu de lumière dans cette terne journée…

Semaine du 28 mai au 3 juin

Lundi 28 mai

Journée terrible pour moi… Ce matin, j’ai totalement refusé de téter. J’avais envie d’un gros bibi, pas d’un peu de lait difficile à gagner. Maman se plia à mon désir, désespérée..

L’après midi, chez Nanou, je fut aussi mal que la veille. Mal, mal, mal… Ronchon, yeux rouges, je pleurais beaucoup. Je n’étais vraiment pas dans mon état normal. Du coup, Nanou fut très inquiète, à son tour. Maman n’avait pas du tout envie de revoir mon ancienne pédiatre ; elle en appela d’autres pour essayer d’avoir un rendez-vous. Mais aucun ne prenait de nouveau patient… Finalement Maman contacta son docteur habituel. Il n’avait pas de place avant jeudi…

Le soir, alors que Papa était déjà venu me chercher chez Nanou, Maman rentra de chez Koko qu’elle avait eu le temps d’aller voir après ses cours. Elle était zen, il était tôt par rapport à l’heure où elle rentrait d’habitude. Du coup, elle tenta de me donner le sein. Mais non ! non ! non, je n’en voulais pas !!! Pourtant, ils s’y mirent tous les deux avec Papa et essayèrent toutes les positions possibles et imaginables, pensant que je finirais peut-être par changer d’avis ! Peine perdue…

La nuit, j’aimais bien téter, c’était notre moment à nous. Ça coulait doucement… Je m’endormais à moitié. J’étais presque dans un autre monde… Mais La journée, je ne voulais plus être ce nourrisson. J’avais très faim. Je voulais manger assis, que ça coule vite, beaucoup, fort, sans que j’aie à forcer.

Et puis, je ne comprenais pas pourquoi Maman mettais du lait de côté pour d’autres bébés…

Mardi 29 mai

Réveillé à 5h, j’ai bien tété, car, pour moi, c’était encore la nuit. Mais à 9h, il faisait jour, hors de question ! 

Ce matin, Maman m’amena dans un nouvel endroit, médical aussi, comme chez la pédiatre, chez le médecin, chez les kinés, etc. Il y avait la salle où on attendait notre tour en arrivant, puis la salle de « consultation-manipulation », où le professionnel s’occupait personnellement de nous.

Cécile, la dentiste, était une amie de Maman. Elle avait un cadeau pour moi, trop mignon ! Un ours en peluche avec des ailes blanches… Parce que je m’appelle Angelo.

C’était marrant dans son cabinet, tout était rose, du plancher au plafond ! Même le clavier de son ordinateur et le siège pour le patient ! Une vraie fille, jusqu’au bout des ongles !

Ensuite, Maman m’amena chez Nanou. Lorsqu’elle lui parla de la soirée d’hier et de mon refus de téter, Nanou lui demanda si elle m’avait expliqué pourquoi elle tirait du lait pour d’autres bébés… Nanou, elle me connaissait presque mieux que Maman maintenant. Elle avait senti que cela me perturbait. Je ressentais tellement de choses… 

Maman fut d’abord un peu sidérée par cette proposition. Mais en y réfléchissant, elle la trouva tout à fait pertinente. Kolina avait, elle aussi, été très perturbée lorsque Maman avait eu Duende, sans qu’elle le sache. Bien qu’elle ne lui en ait pas parlé au début, Kolina avait senti ce qui se passait. Elle devait partager sa Maman, qui n’était plus comme avant. Et lorsque Maman était partie en vacances sans lui dire, elle s’était sentie abandonnée au point de somatiser et de se rendre malade, forçant Papa et Maman à rentrer au plus vite… ! Et bien sûr, lorsque j’étais dans son ventre, les chevaux avaient sentis que Maman avait changé et ils avaient, dans les premiers temps, été très stressés. Puis, lorsqu’elle avait pris le temps de leur expliquer, ils avaient, l’un comme l’autre, changé du tout au tout ! Des agneaux, doux et respectueux comme jamais auparavant, avec Maman…et donc avec moi <3<3.

Mercredi 30 mai

Cette nuit, pendant la tétée de 5h, Maman m’expliqua enfin pourquoi elle donnait du lait à d’autres bébés…

« Tu sais Angelo, j’ai bien réfléchi à ce que m’a dit Nanou. Il faut que je t’explique explicitement pourquoi je tire mon lait aussi pour le donner au lactarium. En fait, mes seins produisent beaucoup de lait, même si tu as parfois l’impression qu’il ne t’en donnent pas assez et surtout pas assez vite. Il y en a largement assez pour toi. Or, depuis que nous sommes allés à l’hôpital après ta naissance, j’ai pris conscience qu’il existait de nombreux petits bébés fragiles qui en avaient besoin pour survivre… »

Je l’écoutais attentivement, me rappelant ces longues et pénibles journées et nuits passées dans le service pédiatrie…

« Certains bébés naissent trop tôt que prévu, parce que leurs maman n’arrivent pas à les garder dans leur ventre jusqu’au bout, alors qu’ils en auraient besoin… Parfois, elles ont des problèmes de santé, parfois ce sont eux. Les causes sont multiples, imprévisibles… En tout cas, il manque souvent un mois à ces petits loulous, parfois plus… Ils doivent soudain se nourrir de lait, alors que dans le ventre ils auraient été alimentés tranquillement par le cordon et le sang de leur maman… Il arrive malheureusement que leur maman n’aient pas du tout de lait, pour tout un tas de raisons, physiques, psychologiques… Or le seul lait qui ne fait pas mal au ventre, à ces petits bébés fragiles, et leur permet de grandir et d’être en bonne santé, c’est du lait de mamans… S’ils ne peuvent pas avoir celui de leur maman, il faut que d’autres mamans, comme moi, leur en donnent. Tu comprends mon Titounet ? Je ne te cache rien. Je souhaite juste aider d’autres bébés qui ont moins de chance que toi… »

D’un coup, ce fut comme si un grand rideau, derrière lequel je percevais des ombres et des bruits inquiétants depuis plus d’une semaine, s’ouvrait et me dévoilait un spectacle magnifique. Car voilà exactement mon ressenti : ce que Maman faisait n’était pas un complot contre moi, mais un magnifique action pour l’humanité… Je sentis un poids quitter ma petite poitrine de bébé et mon cœur se remplir d’amour et de réconfort.

« Je te promets que je continuerai à leur en donner qu’à la seule et unique condition que j’en aie toujours encore assez pour toi. Et que si jamais, un jour où l’autre, je n’en avais plus assez, j’arrêterais mon don… Mon sein et mon lait sont à toi, en priorité. »

En fait, plus ou moins consciemment, j’avais perçu chez Maman une certaine culpabilité, de me cacher ce qu’elle faisait, et un stress de ne peut-être plus avoir assez de lait pour moi… Elle conclus son doux discours :

« Et justement, mon Titou, en parlant de lait fait pour toi. Je voudrais que tu comprennes et prennes bien conscience que le lait qui sort directement de mon sein est bien meilleur pour toi que celui qui vient du biberon. Il est produit directement en réponse à tes besoins du moment. Alors que dans le bibi, on met du lait que mes seins ont produits au minimum un mois plus tôt. Ce qu’il contient correspond en réalité à tes besoins des semaines passées… C’est donc dommage que tu ne profites pas, quand je suis là en journée, de ce lait « frais », fait tout exprès pour toi… 

Je me promis d’y réfléchir… Cela faisait beaucoup d’infos en même temps. Je commençait à m’endormir, le bon goût du lait chaud plein la bouche.

Le soir, à son retour du travail, j’ai tété comme un bienheureux. C’était ma façon de lui exprimer le fait que j’avais compris tout ce qu’elle m’avait dit !

Jeudi 31 mai.

Ce matin, comme il faisait très beau, Maman m’essaya la nouvelle salopette offerte par Oma. Ma première salopette ! Je ne mettais que des pyjamas, courts ou longs, depuis ma naissance. Elle m’allait super bien, un vrai baroudeur :-). 

Comme je toussais et régurgitais beaucoup, Papa m’amena chez le médecin pour le troisième fois (c’était, souvenez-vous, le rendez-vous que Maman avait pris en début de semaine). Monsieur le Docteur ne savait pas trop quoi faire contre ma toux, qui persistait malgré les nettoyages de nez dont j’avait une sainte horreur !

Heureusement, le lendemain Maman avait aussi rendez-vous avec Laure, sa sage-femme, qu’elle aimait beaucoup et qui était spécialisée en allaitement. Elle souhaitait surtout la rencontrer pour tenter de trouver des solutions à ce qu’elle appelait ma « grève du sein ».

Ce soir, pour la première fois depuis l’instauration du rituel au retour de l’hôpital, mes parents ne me firent pas dormir dans mon couffin, mais me pausèrent dans mon lit de grand… Il était temps ! Je commençais à me sentir à l’étroit dans le couffin. Je tapais sur les bords avec mes mains et au fond avec les pieds ! A l’époque, Maman savait que j’avais besoin de me sentir entouré pour être rassuré. Mais avec les semaines, j’avais grandi en taille et en indépendance. Je rêvais désormais d’étirer mes bras et mes jambes à l’infini ! Je n’avais plus peur du vide autour de moi lorsque je m’endormais.

Je me sentis, à vrai dire, tout de suite super bien dans mon grand lit. Comme le couffin se trouvait déjà dans le même lit, mes repères restèrent inchangés. J’avais le même point de vue, je percevais les mêmes odeurs, bruits et lumières. Je m’y sentis tellement à mon aise que je dormis presque toute la nuit d’un trait !

J’ai oublié de vous préciser que Maman avait fait des essais préliminaires les deux jours passés. Elle m’avait mis dans le grand lit pour les siestes, plutôt que de me laisser dans mon transat ou dans mon coin cocooning avec le coussin d’allaitement. Je n’avais pas vu la différence ! Elle avait mis le coussin d’allaitement et toutes mes peluches dedans, j’étais comme un pacha !

Vendredi 1er juin

Rendez-vous, donc, avec Laure. Maman lui expliqua les dernières semaines compliquées pour nous tous. Moi qui toussait, qui régurgitait, qui me réveillait beaucoup la nuit, qui avait mal au ventre, qui ne voulait plus téter le jour… Elle qui était fatiguée, qui ne savait pas comment calmer ma toux, ni pourquoi je ne tétais plus que la nuit… Elle trouva très vite le nœud du problème et, du coup, la solution que Maman mit en application le jour même.

Dès que l’entrevue avec Laure fut terminée, Maman me déposa chez Nanou, car elle devait partir travailler. Au moment de mon biberon de 16h, je connus une grosse désillusion ! Le lait ne coulait pas comme avant, je devais forcer plus, pour en avoir moins ! Nanou avait fait un truc pas gentil. Le bibi ressemblait au sein de Maman que, justement, je refusais car il me m’énervait ! Trop fatiguant et trop long pour me remplir l’estomac ! Je me mis à hurler, pour lui faire comprendre que je n’étais pas du tout d’accord avec le changement qu’elle voulait m’imposer ! Nanou, elle me comprenait presque aussi bien que Maman et Papa. Face à ma colère, elle m’expliqua le pourquoi du comment !

« Je sais, Angelo, tu n’es pas content car on a remis une tétine avec un trou plus petit. Moi aussi, cela m’énerverait et me mettrait très en colère si j’étais à ta place. Mais si Maman et moi avons décidé cela, ce n’est pas pour t’embêter… C’est au contraire pour que tu ailles mieux… »

Je l’écoutais avec attention, en la fixant droit dans les yeux, avec mon regard bleu intense. Elle poursuivit :

« Il faut que tu arrêtes de tousser et de régurgiter le lait que tu bois. Comme le trou du biberon était plus gros que celui du téton de Maman, quand tu tirais fort, le lait venait très vite et tu buvais très, très vite ! Tu te remplissait trop l’estomac, du coup, et ça ressortait tout seul. Tout ce lait qui remontait, en sens inverse, te faisait alors bobo à la gorge !Après, tu avais la gorge qui piquait et ça te faisait tousser. »

Peut-être qu’elle avait raison Nanou, finalement… Elle n’avait jamais rien fait de méchant envers moi, au contraire. J’avais confiance en elle, je croyais sincèrement que, même si c’était extrêmement frustrant pour moi, elle le faisait pour mon bien. Je me calmais. Mes soubresauts de sanglots s’arrêtèrent, eux aussi. Nanou réessaya le biberon. Je le pris et tirai sur cette maudite tétine, non sans maugréer, entre mes gencives édentées ! Je ne suis pas un mec facile, moi ! Elle me félicita.

« C’est bien, mon petit Angelo 🙂 Je suis fière de toi ! Tu va voir, très vite tu vas te sentir mieux. Tu digèreras mieux, tu ne vomiras et ne tousseras plus. Tu dormiras bien la nuit. »

Elle fit une pause, je cessai de bougonner

« Et puis, tu pourras téter plus facilement le lait de Maman. Cela te paraîtra moins fatiguant. Le lait directement du sein de maman, c’est bien meilleur, quand même, pour toi, tu sais ! »

Je lui souris, elle avait gagné. Trop forte cette Nanou !

Samedi 2 juin

Ce matin, branle-bas-de-combat. Maman m’embarqua pour une longue route, juste après la tétée. Car oui, ce matin j’ai tété, bien qu’il fasse déjà jour :-). Nanou avait raison, c’était comme le bibi, pas plus difficile, désormais. 

Nous sommes arrivés dans une grande salle, dans laquelle Maman m’installa, ainsi que tout mon barda et ses livres. Nous étions au salon du livre d’Amélie-les-bains. Je fus très admiré et peut-être ai-je suscité bien plus d’intérêt auprès du public, comme d’ailleurs des exposants, que tous les livres réunis, ceux de Maman compris ! Mais n’étais-je pas son plus bel ouvrage ??? Y a pas photo !

Au cours de cette journée, je pris deux repas en bibi. Maman savait que la foule risquait de me perturber pour une reprise optimale de la tétée en journée. D’autre part, elle n’avait peut-être pas envie de me donner le sein, avec cette foule… En rentrant, épuisés tous les deux, nous sommes allés directement au dodo, l’un comme l’autre…

Dimanche 3 juin

Je me suis réveillé, affamé, à minuit passé. J’avais sauté mon dîner ! J’ai tété, très heureux. Et toute la journée du dimanche, j’ai tété à tous les repas ! Finalement, c’était bien. J’avais la proximité et la douceur de Maman, pour le même flux de lait qu’au biberon… Et il s’avéra que je vomis moins de lait après le repas, car mon estomac ne devint pas aussi plein, aussi rapidement qu’avant. Je me sentais mieux. Mais je redemandais plus souvent à manger, du coup. 

Maman, heureuse de retrouver cette harmonie entre nous, s’éclipsa quand même un moment pour aller voir Koko. Il ne faisait pas très beau, elles firent tout de même une jolie balade, un peu raccourcie par la pluie…

A 21h, après un gros dodo, j’ai réclamé à manger, Maman me donna le sein, dans ma chambre, dans le calme et l’obscurité. J’ai tété un bon quart d’heure, me décrochant par moment, un instant, pour la regarder :

« Es-tu contente, Maman ? Est-ce que c’est mieux aussi pour toi ? Tu vois, je t’ai compris, je ne veux pas te fâcherou te stresser. J’avais seulement besoin que tu m’expliques…

– Oui mon bébé d’amour, c’est beaucoup mieux ainsi, je suis heureuse. Continue, mon petit cœur. Je voulais te dire qu’aujourd’hui, j’ai recommencé à donner le lait au lactarium. Mais j’ai décidé de ne le faire qu’un jour sur deux désormais, et non plus tous les jours comme au début. Voilà, comme ça je ne te cache rien. Tu peux être en paix…»

Semaine du 4 au 10 juin

Je tétais à chaque fois que j’étais avec Maman et je ne toussais quasiment plus. Laure était une véritable magicienne !

Lundi 4 juin

Top tétée le matin avec Maman. Puis top journée au top chez Nanou ! Je suis de nouveau devenu le bébé heureux et souriant que j’ai toujours été :-).

Mardi 5 juin

Hier soir, après la tétée, j’avais encore faim. Pourtant, j’avais bien tété. Je devais refaire un pic de croissance ou peut-être mon corps essayait-il de rattraper ce dont il avait manqué pendant mes semaines de toux et de régurgitation ! Je me mis à hurler ! Papa et Maman crurent d’abord que j’avais mal au ventre et me bercèrent à tour de rôle. Ils allèrent même me balader en poussette. Cela m’a distrait un moment et je me suis calmé un peu. Mais j’avais toujours faim ! Maman finit par comprendre… Ils durent me faire un second bibi après le premier, tellement j’étais affamé ! Après m’être enfin rempli le bidou, j’ai de nouveau passer la nuit complète sans me réveiller, même s’il me fallut du temps pour m’endormir…

Ce matin, en m’amenant chez Nanou, Maman a fait une petit séance photo, pour fêter ma « renaissance » qui faisait plaisir à tout le monde. J’étais fier de poser, pour une fois, avec ma 2ème Maman, Laëticia, et ma chérie, Maëlys ! On a fait une super balade tous les trois ensuite, pour profiter du beau temps. Tenue de « plagiste » de rigueur : body, chapeau, lunettes de star !

Ensuite, Maman et Loreena sont allées voir Duende. Elles ont surtout fait du travail à pied, puis un peu de travail monté. Maman trouva Loreena super douée. Elle avait tout de suite compris comment utiliser son énergie pour faire accélérer ou ralentir Duende ou pour le faire s’approcher ou s’éloigner. Elle était vraiment connectée et éveillée… Sa grande sensibilité fonctionnait aussi avec les chevaux <3 Maman était super heureuse d’avoir trouvé quelqu’un avec qui partager sa magnifique relation équine…

Ce soir, j’ai fais un gros gros bibi avec Papa, en deux fois. Je me suis endormis dessus, rassasié. D’habitude, je ne m’endormais qu’au sein… Je commençais à confondre les deux, quand je fermais les yeux !

Mercredi 6 juin

Je dormis de nouveau d’un trait, jusqu’au lendemain, quand il faisait déjà jour. Papa et Maman me félicitèrent de commencer à faire mes nuits. A presque 5 mois, je crus comprendre qu’il leur tardait un peu ! Mais, du coup, je n’avais pas vu Maman pendant presque 24h ! Je crois que je lui en ai un peu voulu… Du coup, j’ai refusé de téter, le matin ! Je lui fis une méga crise de nerf ! Comme elle devait impérativement vider ses seins, elle me donna un bibi pendant qu’elle tirait son lait. Papa était déjà parti travailler. Maman m’installa dans les coussins et me mit les mains sur le biberon. Pour bien le caler, elle ajouta mon gros Duendinou ! Le biberon était suffisamment incliné et maintenu pour que je puisse le boire entièrement seul, mes deux mains ne servant qu’à le stabiliser un peu !

Le reste de la journée, je pris deux biberons avec Nanou, un avec Papa, le soir. Je dormais quand Maman revint du travail… Elle rentra dans ma chambre et me fit une caresse sur la tête pour me signaler qu’elle était revenue.Je bougeais dans mon sommeil pour lui signifier que je l’avais comprise…

Jeudi 7 juin

Nous sommes allés voir parrain, tous les deux, avec Maman. Il s’occupa d’abord de moi. Maintenant je le connaissais mieux, je n’avais plus peur quand il me malaxait comme de la pâte à pain ! Je le laissais faire sans me défendre, du coup ça me faisait moins mal et ça me gênait même presque plus. Ensuite, il manipula Maman. Elle en avait besoin. L’allaitement, l’obligeait à rester un peu courbée en avant, immobile, pendant presqu’une heure, à chaque tétée. Et comme, très souvent, je ne voulais pas rester tranquille dans mon transat pendant qu’elle s’affairait à d’autres tâches, je pleurais ou chouinais si elle me prenais pas dans ses bras. Du coup, elle me portait, très fréquemment, d’un bras, tout en continuant à avancer dans sa besogne, avec l’autre main ! Son dos n’appréciait pas ces tours de force à répétition et la menaçait à tout moment d’un vilain tour de rein ! Un véritable sac de nœud. Dur, dur, d’être Maman !

L’après-midi, ce ne fut pas comme d’habitude. Je suis resté avec Papa, car Nanou était en formation. Je n’ai pas réussi à dormir comme chez elle et le soir arrivant, j’étais à bout de nerf. Je déchargeais, déchargeais… Quand Maman rentra, elle prit le relai. Papa n’en pouvait plus… Je finis par tomber dans un sommeil de plomb vers 22h, rassuré par le retour des rituels bien connus, avec Maman.

Vendredi 8 juin.

Ce matin Maman m’a de nouveau amené dans un cabinet médical que je ne connaissais pas. Depuis ma conception, elle passait, malgré elle, une (trop) grande partie de sa vie dans l’univers médical ! Il lui tardait que ça se calme, car ce n’était pas les lieux qu’elle préférait. Et moins non plus, d’ailleurs ! Au départ, on était seul dans la salle d’attente. Pour attendre, on a attendu… Comme souvent, comme chez la pédiatre, notamment. 

Mais j’aimais bien cette pièce. C’était calme. Par la fenêtre, qui allait du sol au plafond, on voyait la place Méditerranée, à nos pieds, et les gens qui la traversaient, sous ce beau soleil de début juin. Nous étions comme sur un doux nuage, au dessus de la Terre. Au bout d’un moment, cependant, ma tétée du petit déjeuner commença à être lointaine et je sentis la faim venir me tirailler ! 

Maman me parla d’un ton à la fois doux et ferme, dans lequel je sentis une détermination sans faille. 

« Mon Titounet, je n’ai pas amené de biberon. Si tu as faim, il n’y a que le sein. Ici, c’est bien plus tranquille qu’au salon du livre, tu n’auras aucune d’excuse. Cela fait une semaine que tu tètes comme un petit chef quand tu es avec moi, même en journée, du coup j’ai décidé que le biberon resterait à la maison. »

C’était, clair, net et précis. Je n’avais rien à redire. Elle s’installa par terre, jambes croisées, dans un coin de la pièce, un peu en retrait et me prit, assis, sur ses genoux. Pas du tout comme la nuit ou le matin. Plutôt comme Papa ou Nanou. Moi, ça m’allait :-). Je tétai comme un bien-heureux, un long moment. Nous étions seuls tous les deux, tranquilles… Je me remplis la panse lentement, mais sûrement. 

Maman m’expliqua pourquoi elle avait tenu à prendre rendez-vous chez une homéopathe pour moi. 

« Tu sais, mon amour, Maman a beaucoup souffert, dès son plus jeune âge, d’exéma, puis, plus tard, d’asthme. Ces deux pathologies ne m’ont jamais quittée depuis ma naissance. J’ai vécu avec, de nombreuses années, et j’ai petit à petit compris d’où elles venaient, ce qui les provoquait. Bref, je les ai apprivoisées… Mais elles reviennent me faire coucou dès que je ne respecte pas les besoins de mon corps. Quand j’ai trop de stress notamment, quand je tire sur la corde… Depuis ta naissance, j’ai de nouveau un exéma purulent et chronique aux mains. Mon corps me dit de lâcher prise, au sens propre, comme au sens figuré. Mais moi, maintenant, je passe en second. Ce qui m’importe, c’est de faire tout mon possible pour t’éviter de pareilles souffrances… Je souhaite que ton système immunitaire soit le plus équilibré et le plus « raisonnable » possible. Qu’il s’attaque aux vilaines maladies, mais qu’il ne déclenche pas de réactions inflammatoires à tout bout de champ, comme il fait chez moi depuis ma naissance. Si je tiens absolument à ce que tu boive mon lait le plus longtemps possible, c’est surtout pour cette raison. Je sais qu’il te protège d’un dérèglement immunitaire, pour lequel tu as peut-être quelques prédispositions génétiques. Sache que je suis désolée, si tel était le cas, de te léguer cet héritage… »

– Mais non, Maman, ne sois pas désolée, avais-je envie de lui répondre… Tu fais des miracles pour moi. Je t’en remercie du plus profond de mon cœur. La plus belle récompense que je puisse te donner, c’est de rayonner de santé ! »

Je savais qu’elle m’avait compris… Elle me sourit avant de poursuivre.

« Et puis, il faudra bien que j’accepte de te faire vacciner, un de ces jours… Je vais demander à l’homéopathe un traitement pour limiter les effets secondaires nocifs des vaccins et pour aider ton corps à ne pas être trop déboussolé par ces intrusions toxiques… » 

Voici ce qu’elle expliqua à l’homéopathe, lorsqu’elle nous reçut enfin. A force de blablas entre Maman et la médecin, je finis par m’ennuyer et avoir sommeil. Je me manifestais en chouinant, de plus en plus. Finalement, heureusement, on est parti…

Il faisait grand soleil, Maman m’avait mis la casquette et les lunettes de soleil. J’avais la classe ! Les passants se retournaient sur moi, dans la rue ! Avant de retourner à la voiture, on s’est arrêté 5 minutes faire un coucou à marraine Graziella, qui travaillait justement dans le quartier. Elle fut toute contente de me voir ! »

De retour à la maison, je fus adorable. J’entendais raisonner dans ma tête la pensée dominante qui habitait celle de Maman : « Le biberon n’existe pas ! » Je la regardais, en tétant. Comme elle me félicitait en souriant, je lui souriais aussi. J’étais tellement heureux qu’elle soit heureuse, que j’ai même, à un moment, lâché le sein pour lui péter un énorme sourire. Et, l’instant d’après, je fus même pris d’un énorme fou-rire ! Maman éclata de rire à son tour :-). J’ai tété comme ça une demi-heure, de super bonne humeur. Maman me parlait, je comprenais parfaitement à quel point elle était heureuse et fière de moi. Elle radotait un peu, me réexpliquant bien que son lait était super bon pour moi, tout frais, tout chaud, fait sur mesure pour mes besoins du jour…

Lorsque Maman raconta, par SMS, à Nanou notre super début de journée, cette dernière lui donna son point de vue. Elle était persuadée que le fait que Maman soit si décidée à ne pas céder m’avait aidé à reprendre « la route du sein » ! Nanou était super fière que je me sois remis à téter comme cela <3

L’après-midi et le soir, biberons avec Papa. Laëticia était encore formation, comme la veille. Je fus adorable avec Papa, car j’étais prêt, ce coup-ci. Après la sieste, on a fait une super belle balade à la plage, tous les deux, pour profiter de ce merveilleux temps estival avant l’heure. Comme quoi, les jours se succédaient mais ne se ressemblaient jamais !

Samedi 9 juin

J’ai de nouveau « fait ma nuit », comme ils disent ! C’était de plus en plus fréquent, depuis que j’étais dans mon lit, mon grand lit, même si je me réveillais souvent plusieurs fois dans la nuit, en maugréant. Maman ou Papa venaient alors, tels de petites fées, ou des anges gardiens, me redonner mon doudou et, si besoin, ma suçu. Et c’était reparti ! Je me rendormais instantanément. Ce n’étaient pas du tout les mêmes réveils que lorsque j’avais faim. Dans ces derniers cas, impossible de me rendormir. Je finissais en pleurs, si on ne venait pas me sortir du lit, puis me nourrir…

Cette nuit, j’ai super bien écouté Maman ! Elle m’avait dit la veille au soir : 

« Demain, on se lève plus tard, à 8h moins le quart ! » 

Eh ben, croyez moi ou pas, je n’ai commencé à pleurer qu’à 7h44 (précise !) alors que je babillais dans mon lit depuis 6h, me rendormant par intermittence. 

Je veux montrer à Maman que non seulement je comprends tout ce qu’elle me dit, mais qu’en plus je veux l’écouter et lui faire plaisir <3. Hier midi, avant son départ, elle m’avait dit, en me mettant au lit : 

« Mon petit ange, maintenant que Maman part travailler, tu vas faire un gros dodo, pour te reposer et être de bonne humeur, ensuite. Et pour laisser Papa se reposer ! » Lorsqu’elle quitta la maison, à 14 heures, je venais de m’endormir. Je sus, néanmoins, dans mon sommeil, qu’elle dit à Papa : 

« Tu vas voir, il va dormir jusqu’à 16h30. Chez Nanou, il dort souvent 2-3 heures en début d’après-midi. » 

Je me suis réveillé à 16h25, pile ! Et Papa a pu faire une méga sieste récupératrice, avant de me faire prendre l’air sur la terrasse, tous les deux. Il me félicita :

« Tu est trop, trop top, mon petit ! <3 »

Ce samedi matin, Maman me prit dans le lit de ma chambre et me fit téter à moitié assis. Grosse tétée de plus de 30 minutes, j’ai pris ma dose ! Le sein de Maman passa de la forme « obus » à la forme « gant de toilette » ! Mais il y en avait encore, comme elle put le constater, en tirant son lait, une heure plus tard. Biberon avec Papa à midi, car Maman travaillait. Re-grosse tétée au goûter, qui dura presqu’une heure et au cours de laquelle nous nous endormîmes tous les deux ! Re-bibi le soir avec Papa, car Maman alla faire une belle balade avec Kolina. Quand elle rentra à 21h30, je dormais déjà.

Dimanche 10 juin

J’aifait ma nuit et j’ai super bien tété le matin, le midi, au goûter et le soir ! Trop chouette une journée entière avec Papa et Maman ensemble… J’ai cependant eu besoin d’un petit complément le soir (bibi avec Papa) car Maman n’avait pas assez de lait pour que j’aie mon compte pour la nuit. Comme elle tirait après chaque tétée, parfois ses seins n’avaient pas le temps de « recharger » assez avant mon repas suivant. En plus, en fin de journée, elle était plus fatiguée et produisait moins de lat. Alors que, de mon côté, le goûter et le dîner étaient assez rapprochés et j’avais besoin de faire le plein pour tenir, si possible, toute la nuit…

Le matin, on est allé sur la terrasse avec Maman, profiter encore un peu du soleil. Elle m’a coupé les ongles… J’aime pas trop ça, ce truc froid sur ma peau toute douce et sensible, ça me donne plein de frissons dans le dos ! Maman n’a pas l’air de comprendre que c’est désagréable pour moi, elle récidive chaque semaine !

L’après-midi, belle balade en poussette à la mer avec Papa et Maman. Petit à petit je me familiarisais avec nos deux balades les plus fréquentes. Duende (et Kolina, mais moins souvent) avec Maman, et parfois Papa quand il pouvait nous accompagner, ou alors avec des amis de Maman. La mer, au Barcarès, avec Papa, et Maman quand elle était là. Finalement, dans ma tête, balade avec Maman rimait avec chevaux et balade avec Papa avec mer. Ils avaient chacun leur domaine, leur passion.

J’ai oublié de vous préciser que, depuis l’arrivée des beaux jours, Papa me baladait souvent en poussette jusqu’à la mer, après m’avoir récupéré chez Nanou. C’était un bon moment à nous deux. Après, on rentrait, je mangeais et souvent je m’endormais avant l’arrivée de Maman.

Du coup, ce dimanche clôtura une semaine de rêve ! Je dormais toute la nuit, tétais super bien le matin au réveil. Puis dans journée, quand Maman était là. J’étais de super humeur et en top forme ! « Un amour de bébé…allaité ! <3 », comme dirait Maman !

Lundi 11 juin

Super journée chez Nanou. RAS… Ah si ! Mes princesses m’ont fait de la lecture, j’adore ça <3 ! Et ce soir, j’aurai 5 mois… 

Compétences

Posté le

12 mai 2019

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