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ANGELO ME DONNE UNE SECONDE ENFANCE (OU ME REPLONGE EN ENFANCE ?)

(commencé le 24 novembre 2018,  terminée le 22 juillet 2019, corrigé le 26 décembre 2019)

Introduction

Mon enfance est loin… et je l’ai quittée plus vite que la moyenne, en plus… Il me semble qu’à 10 ans, déjà, par certains côtés, j’étais adulte et plus du tout enfant.

Je l’explique désormais par le fait que je suis une « vieille âme », c’est-à-dire que des enfances, j’en ai déjà eu plusieurs, et j’ai du mal à m’y attarder, à profiter de l’innocence et du « carpe diem » qu’elle procure. 

Il y a peut-être aussi mon éducation qui m’a fait grandir vite ? Je ne sais pas. J’avais des parents très portés sur le sens du devoir, la charge mentale. Ça, ça éloigne aussi très, très vite de « l’intuitivité » des enfants, de leur spontanéité, de l’écoute de leurs envies….

Bref, je ne veux jeter la pierre à personne et, ici, le but n’est pas de chercher pourquoi il me semble avoir eu une enfance tronquée. C’est un fait, en tout cas, dans ma mémoire et mes ressentis.

Maintenant, venons-en à Angelo et à ce qu’il a changé dans ce domaine.

I. L’enfance, c’est d’abord le jeu

Avec lui, je redécouvre le jeu et tout ce qu’il implique comme spontanéité, créativité et apprentissage.

1. Spontanéité

Le jeu, c’est d’abord passer du temps à faire quelque chose qui, a priori, est inutile. En tout cas qui n’est pas marqué sur la « TO DO LIST » ! C’est donc une activité spontanée, non planifiée.

2. Créativité

C’est ensuite un espace de créativité immense. Je me suis vue inventer des histoires avec des cuillères qui faisaient de la musique, des louches et des fouets qui allaient faire dodo dans des gants de cuisine, des pinces à linges qui devenaient des crocodiles et qui allaient mordre toutes les parties de l’anatomie de mon cher chérubin, des macaronis qu’on enfilait sur les petites pailles, des escargots trouvés dehors qui formaient toute une famille (du « bébé cargot », au « papa cargot », en passant par « maman cargot », « tata cargot », « tonton cargot », « mamie cargot », « oma cargot »..), des tortues en plastiques plus vraies que nature qui rappelaient celles qu’Angelo voyait chez mamie et arrosait avec son arrosoir l’été pour qu’elle n’aies pas trop chaud… 

Je ne peux vous dresser une liste exhaustive de tout ce qui a pu sortir de mon imagination en quelques mois ! Je ne pensais pas pouvoir imaginer tant d’histoires et de jeux totalement inédits en utilisant des objets si banaux du quotidien… Ni surtout de m’éclater à ce point ! Laissant mon imagination débordante enfin s’exprimer sans aucune forme de censure ! Au contraire, elle pouvait se lâcher ! On lui en redemandait encore et encore !

Cela se passait surtout aux horaires des repas. Car je n’arrivais pas toujours à le faire manger facilement. Il avait besoin de jouer et surtout qu’on joue avec lui pour avoir envie de manger. Il était comme moi, il avait besoin de faire quelque chose de ludique en mangeant ! Sinon, juste manger l’ennuyait considérablement, dotant qu’on remettait le couvert (c’est le cas de le dire) tellement souvent !

En dehors des repas, c’était pareil. Angelo trouvait toujours de nouvelles choses à faire, en détournant souvent les objets mis à disposition de leur utilisation première. Un crocodile devenait un téléphone, une boîte un micro, un lion à roulettes un trotteur (en lui mettant la tête en bas, les roues en l’air). Et j’en oublie d’innombrables autres !

3. Apprentissage

Le jeu était aussi une occasion incroyable et totalement naturelle d’apprentissage. On est fait pour apprendre par le jeu. Ou plutôt, le jeu est fait pour qu’on apprenne les « vraies » choses, dans challenge, sans pression, sans obligation de résultats, sans être confronté au principe de réalité.

On fait, refait, on répète encore, car c’est drôle, plaisant. Et surtout parce que, petit à petit, on y arrive mieux, de mieux en mieux. Et ça, c’est très important pour l’estime de soi d’un enfant. Se voir progresser, avancer, parvenir à faire ce qu’on n’arrivait pas encore à faire la veille.

A ce sujet, je viens de découvrir un « enfant-adulte » qui a tout appris par le jeu. Il se nomme André Stern et son histoire m’a tout de suite passionnée. J’ai commandé son livre pour Noël ! Il s’intitule « … et je ne suis jamais allé à l’école, histoire d’une enfance heureuse »André a tout appris par le jeu et par cet enthousiasme immense et intarissable qu’ont les enfants pour le monde qui les entoure. Cet esprit ludique qui permet, dans la joie et le plaisir, des apprentissages dans de multitude de domaines. L’enthousiasme juvénile amène bien souvent même à une véritable expertise dans des domaines très pointus. Lorsque la passion est au rendez-vous, elle décuple les facultés ! 

La quatrième de couverture de son livre donne un bel aperçu du personnage et de son expérience extrêmement positive.

« Ce livre, qui raconte l’histoire d’une enfance heureuse, comble une lacune : jusqu’ici, personne ne savait ce qu’il advient d’un enfant qui, profondément enraciné dans notre société et sa modernité, grandit loin de toute scolarisation, sans stress, sans compétition, sans programme préétabli ni référence à une quelconque moyenne.

Combler cette lacune permet de tordre le cou à certaines idées reçues. Vivre loin de l’école ne conduit pas à devenir un sauvage analphabète, asocial et incompétent ; les moyens d’accéder au savoir et à la réussite sont nombreux et inattendus ; le cas d’André Stern n’est pas l’apanage d’une famille aisée.

Combler cette lacune donne la liberté de faire un choix personnel, en toute connaissance de cause, en toute conscience de la largeur du spectre des possibles.
Cet ouvrage ne vante pas une méthode de plus, ne propose pas de recette miracle. Il n’est ni un manuel d’anticonformisme, ni une critique de l’école. Il est un témoignage, une source d’inspiration, un appel à la liberté, à la diversité et à la confiance.

André Stern, né en 1971, grandit dans le respect de la disposition spontanée de l’humain, caractéristique de l’oeuvre de son père, le chercheur et pédagogue Arno Stern. Marié, père d’un petit garçon, André Stern est musicien, compositeur, luthier, auteur et journaliste. Il codirige le Théâtre de la Tortue à Toulouse avec Giancarlo Ciarapica depuis 2004. Son livre, … et je ne suis jamais allé à l’école, a été traduit et publié en 2009 en Allemagne, où il a connu un grand retentissement. Beaucoup d’éducateurs y trouvent l’énergie d’inventer des voies nouvelles dans leur quotidien professionnel. André Stern a été nommé directeur de l’Initiative « Des hommes pour demain » de la Fondation Sinn-Stiftung par le Prof. Dr. Gerald Hüther, chercheur en neurobiologie avancée.

Le travail d’André Stern dans les médias, ses activités de conférencier dans les universités, auprès des professionnels de l’éducation et du grand public répondent à un intérêt croissant de la part de tous ceux qui, de près ou de loin, vivent et travaillent avec les enfants. »

4. Le jeu devrait durer toute la vie…

Avec le jeu, on comprend mieux aussi pourquoi l’humain, petit comme grand, ne peut se satisfaire d’une routine, des mêmes objets, des mêmes activités. C’est sur ces leviers, très humains et à la base de la vie, que s’est érigée en maître notre « merveilleuse » société de consommation. Le cerveau, pour être bien, vivant, développé harmonieusement et au maximum de son épanouissement, a besoin de spontanéité, de créativité et d’apprentissage.

– Spontanéité

Notre cerveau, et du coup, nous même, avons besoin de nouvelles occasions d’être dans le présent, sans projection dans le futur, par le mental. D’où le succès, quand on est plus âgés (grand enfants, ados, adultes, séniors) des activités où l’on est passif (dans une certaine forme de consommation) : les films par exemple. Ou alors simplement dans l’action présente : activités physiques et sportives, mais également manuelles comme la cuisine ou encore le tricot (qui revient à la mode ! Si, si !)

– Créativité

Nous avons aussi, à tout âge, besoin de créer, au lieu de répéter des choses toutes faites, monotones et imposées. Ce peut être en cuisine (qu’on appelle d’ailleurs « arts culinaires »), par le dessin ou la peinture (les « arts plastiques » en général), l’écriture, la photo, la vidéo, le jardinage, la couture ou le tricot (j’y reviens !) et de multiples autres activités qui sont très prisées, même si paraissent, a priori, « inutiles » d’un point de vue purement factuel et matériel.

– Apprentissage

Nous avons également besoin d’apprendre de nouvelles choses tout au long de notre vie pour être heureux et épanouis. On sait très bien, et maintenant plus encore qu’avant, qu’on n’apprend pas seulement à l’école et lors de ses études. On ne termine pas sa scolarité en ayant acquis tout son capital « connaissances » pour la vie. Cela n’a jamais marché comme cela. Et depuis internet, encore mois. Désormais, tout le monde à accès à toutes les connaissances qu’il souhaite, à l’instant t ! (enfin à peu près, encore faut-il avoir des bases pour en comprendre certaines en profondeur. Et assez d’esprit critique pour discerner l’info de l’intox ! Mais ceci n’est pas le thème de ce papier).

Conclusion (de cette première partie)

Angelo, je te remercie de m’avoir permise de renouer avec l’enfance à travers le jeu <3 ! 🙂 !

II. L’enfance, c’est aussi vivre à un autre rythme

L’enfance n’est pas qu’une période de jeu, c’est aussi une période où l’être humain peut vivre à son rythme, au rythme physiologique, en écoutant ses besoins et en y répondant.

Angelo mange, dort, joue, se repose, court, etc…selon ses besoins. Seule exception : les jours où j’ai des horaires à respecter qui m’obligent à le réveiller pour aller chez la nounou car ensuite j’ai des cours à des heures fixes. Mais j’évite de le faire le plus souvent que cela m’est possible.

Du coup, je fais beaucoup comme lui, je suis son rythme, je me mets à son rythme ! Il joue, je joue avec lui. Il mange, je mange avec lui, si j’ai faim, bien sûr. Il dort, j’en profite pour dormir ou au moins pour me (re)poser et écrire, en général semi-allongée.

C’est un autre rythme qu’avant son arrivée. Avec des phases plus ou moins courtes. Pas de gros blocs d’une demi journée ou même des journées entières comme avant. C’est répétitif, certes, très répétitif, mais finalement très varié aussi sur une journée de 24h ! Mes journées sont plus riches en activités diverses que lorsque je vivais sans enfant. 

Je faisais alors une activité à fond jusqu’à ce que le but que je m’étais fixé soit atteint. Il pouvait s’agir de rédaction de cours, d’écriture de courriers ou de romans, de rangement, de ménage, de bricolage, de sport, etc. Et ce, même si mon corps me demandait une pause. Je n’écoutais ni ma faim, ni ma fatigue. 

Maintenant, comme les enfants, je m’écoute plus. Je suis moins soumise au diktat de la vie des adultes, à leurs règles sociales, morales, de bienséance, etc. Je vis au maximum comme une enfant avec des responsabilités d’adulte. Et ça me fait beaucoup de bien. Surtout maintenant que c’est plus simple car Angelo fait ses nuits (quand tout va bien !) et que je suis moins fatiguées dans la journée (oui, bon, tout est relatif, je suis quand même plus fatiguée qu’avant d’être maman !). J’ai appris à vivre à son rythme pour tenir le coup, m’économiser, afin d’être opérationnelle quand il en a besoin.

Conclusion

Ainsi, à travers lui, je revis bien un peu mon enfance. Une enfance faite de jeux, de rythmes courts (repas, activité, dodo). Cela ne va pas durer des années, je le sais, alors j’en profite autant que possible. Merci mon bébé d’amour, mon ange :-). 

Compétences

Posté le

1 février 2020

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