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Extraits Aliséa

Extrait 1 : Le coup de foudre initial

«Parfois, quand elle caressait le nez velouté d’un de ses meilleurs amis, elle se rappelait son enfance, période au cours de laquelle avait jailli en elle cette merveilleuse et poignante dévotion équine…. Aliséa se souviendrait toute sa vie du jour de ses huit ans, où son cœur s’enflamma à jamais. Elle était en train de se promener avec ses parents dans le village quand, soudain, elle LE vit ! C’était un poney noir, pas plus grand qu’elle ! Et là, elle comprit que lui, ainsi que tous les représentants de son espèce, seraient désormais son feu à elle. Cela avait été aussi brusque et définitif que lorsqu’on est touché par une maladie incurable. Elle avait attrapé le virus, son cœur serait esclave du dieu Cheval jusqu’à la fin de ses jours…»

Extrait 2 : Sa relation avec Hombre, son premier amour

«Entre eux existait une osmose totale. Il suffisait qu’elle veuille quelque chose
pour qu’il l’exécute, à l’écoute de sa moindre demande. Lorsqu’elle était sur son dos, Aliséa entendait résonner dans sa tête une phrase du Capitaine Beudant : « Soyez patient, c’est un immense bonheur qui se mérite.» Et Dieu sait qu’elle l’avait attendu, ce moment magique, où cheval et cavalier ne forment plus qu’un ; lorsque l’humain se prolonge dans ces quatre jambes aériennes et cette bouche souple et docile… Aliséa se sentait plus «cheval» que jamais. Lorsqu’au détour d’un chemin, Hombre rencontrait certains de ses congénères et se mettait à piaffer d’orgueil, elle sentait la force de l’entier l’envahir et la faire frémir de tout son être. Lorsqu’il galopait tranquillement, dans cette allure confortable et chaloupée, il lui semblait que ses propres pieds frappaient le sol, à chaque foulée, dans un mélange de puissance et de légèreté.»

Extrait 3 : Renaissance après la perte de son alter ego, Cardona.

«Il mit une ration dans chacun des box, dont il laissa les portes ouvertes, puis il siffla, la langue collée au palais. Dans la seconde qui suivit, Aliséa entendit comme un tremblement de terre et, soudain, déboulant des quatre coins du mas au galop, lui apparurent de magnifiques juments espagnoles grises, toutes plus chatoyantes et ronflantes les unes que les autres. Une vision hors du temps et du réel… Chacune se précipita dans un box – son box ! –, non sans avoir jeté un coup d’oeil rapide et étonné à la jeune inconnue. «Qu’est-ce qu’elles sont belles !…», murmura la jeune fille. Ce qu’elle ressentit, à ce moment-là, fut comme une explosion ! Le feu qui s’était éteint en elle, depuis de longues semaines, renaissait de ses cendres, sous le coup d’une bourrasque brutale, et devint un brasier. Tel le phénix, son cœur engourdi venait d’être réanimé par ces beautés sauvages ! Les juments respiraient le bonheur, un bonheur originel, non altéré par leur contact avec l’homme.»

Extrait 4 : Le principe de l’équithérapie.

«Le chercheur reconnaît que les chevaux arrivent à établir un lien plus rapidement avec le patient que n’importe quel thérapeute.. Le langage des chevaux renvoie l’humain à ses premières relations affectives. L’analyse de la communication entre l’homme et le cheval permet de retrouver tous les grands axes de la recherche sur le développement psychique du nourrisson : intersubjectivité, mentalisation, processus d’attachement, régulation de l’affect. Même chez l’adulte, le corps exprime les émotions bien plus clairement que les mots. Les chevaux recherchent naturellement le contact et perçoivent ces signaux, notamment les signes de tension, et savent y répondre directement, en utilisant tout leur corps (la queue, l’encolure, la tête) et d’infimes contractions musculaires, ainsi que leur respiration. C’est une communication très subtile, qui déclenche, chez le patient, quelque chose d’archaïque, qui n’a rien à voir avec le dressage. Chacun réagit à l’autre dans une langue comprise par tous les deux.»
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